Sonic Youth

Rather Ripped

( Geffen ) - 2006

» Chronique

le 19.06.2006 à 06:00 · par Eric F.

Cool. Un mot à la fois in et vide de tout sens. Surtout suite à l'avènement de la génération MTV. "Tout est désormais cool aux Etats-Unis : je suis cool, tu es cool, même Bill Clinton est cool" dixit Stephen Malkmus en 1994. Ce qualificatif va quand même comme un gant à Thurston Moore & co. Les voici qui livrent leur quatorzième album l'air de rien. On peut maintenant le concéder, on a eu un peu peur pour eux avec l'enchainement NYC Ghosts & Flowers - Murray Street qui fleurait un peu la panne sèche sans forcément être mauvais. Mais Sonic Nurse est depuis passé par là et Rather Ripped suit d'ailleurs cette voie, mais en plus pop. Ca faisait bien longtemps qu'on n'avait pas entendu autant de soleil californien dans un disque de Sonic Youth. Ils la jouent tellement cool, nos amis, qu'ils sont même allés jusqu'à nous caser quelques guitares acoustiques discrètement dans le mix (Rats ou Lights Out par exemple).

On trouve même ce qui pourrait ressembler de loin à un solo conventionnel en ouverture du rêveur Turquoise Boy. Rajoutez à cela des titres à l'efficacité totalement imparable (explosif Incinerate, le posé Lights Out ou encore le tarabiscoté Pink Steam) tous portés par un Thurston Moore en très grande forme. Kim Gordon, elle, chante très posément et ressemble de plus en plus à Nico, prouvant qu'elle peut captiver sans avoir à brailler. Lee Ranaldo hérite malheureusement pour lui d'un des titres les plus faibles du disque (Rats) qu'il sauve par un texte pseudo-beat dont il a le secret. Steve Shelley se contente lui de faire ce qu'il fait le mieux, c'est à dire être le meilleur batteur rock du monde (si ça ne saute pas forcément aux yeux, il a dû sauver les concerts du groupe plus d'une fois lors de soirées de fatigue).

Parfois noisy sans avoir l'air d'y toucher (le groupe mélangeant bruit et mélodie avec une déconcertante facilité), Rather Ripped démontre l'incroyable aisance du groupe à jouer de textures sonores qui devraient désormais presque faire figure de clichés chez eux. On retrouve par exemple beaucoup de ces harmoniques chères à Thurston Moore sur les intros sans que l'on ne puisse crier à la redite. Comme de grands sages, les quatre new-yorkais (le départ de Jim O'Rourke a semble-t-il recréé une union sacrée) gèrent leur capital sereinement et nous emmènent une nouvelle fois vers des contrées enchantées où bruit et beauté se confondent en un gigantesque et sexy magma sonore.

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Pochette Disque Rather Ripped

» Tracklisting

  1. Reena
  2. Incinerate
  3. Do You Believe In Rapture ?
  4. Sleepin' Around
  5. What A Waste
  6. Jams Run Free
  7. Rats
  8. Turquoise Boy
  9. Lights Out
  10. The Neutral
  11. Pink Steam
  12. Or

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