Vetiver

To Find Me Gone

( Fat Cat ) - 2006

» Chronique

le 25.08.2006 à 06:00 · par Ana C.

Vetiver est un groupe de folk (ajoutez free ou psyché et ça sera également valide) californien, plus connu dernièrement par la présence en son sein de Devendra Banhart. Les vétivers sont des plantes graminées qui poussent dans des zones tropicales. Bien que le look hippie des premiers soit propice pour faire des liens faciles, détrompez-vous : les vétivers ne se fument pas et n’ont aucun effet hallucinogène ou stimulant. Par contre, leurs qualités permettent d’une part une utilisation extensive dans la lutte contre l’érosion et d’autre part leur usage dans la parfumerie de par leur arôme exquis. Une plante "cool", en somme. Retenons donc cela, car, à son image, le collectif de San Francisco ne fait que du bien et sa pop-folk tiède nous transporte à un royaume de sérénité imprégnée d’une douce essence.

Deux ans après leur naissance avec un premier album éponyme et un EP (Dicristina Stairbuilders, 2004 et 2005), Vetiver présente son deuxième effort, cette fois chez Fat Cat Records. La bande créée autour du compositeur Andy Cabic fait un bon travail et montre un souhait d’évolution particulièrement réussi, qui les éloigne du minimalisme des morceaux précédents. Dans cette optique, l’introduction d’autres instruments, des arrangements de cordes et des couches sonores enrichissent l’ensemble sans en enlever un brin de fragilité et de sensibilité.

Been So Long ouvre l’album. Volontairement différent, ce morceau hypnotique dégage une forte atmosphère psychédélique : fond sonore indien, percussions inquiétantes et chœurs, marquent l’esprit de l’album, aussi seventies qu’actuel. Parfaitement enchaîné avec son prédécesseur on retrouve You May Be Blue. A l’aide de percussions répétitives, une intrusion périodique de notes de xylophone, et la voix de Cabic, douce et agréable de bout en bout et pourtant pleine d'expressivité, le morceau constitue une authentique spirale cassée occasionnellement par des riffs de guitare très opportuns.

Par la suite, le noyau folk à guitare et voix douce prend son tour pour continuer doucement, très doucement. Car cet album est en quelque sorte un album taillé pour la route, d’allers et de retours, où on parle de rentrer chez soi, de dire au-revoir, ou juste de partir, comme ça. Un pur album de folk californien donc, enraciné dans la tradition mais regardant aussi vers le futur : I Know no Pardon ou Maureen doivent autant à Neil Young qu’elles se reflètent dans des compositeurs actuels tels que Neil Halstead, Red House Painters ou Iron and Wine.

C’est au neuvième titre, Red Lantern Girls, que le disque trouve un deuxième virage, lorsqu’on se retrouve confronté à ce… tube ? Après quelques minutes de nostalgie immense où la guitare et la voix de Cabic s’amusent à nous bercer en même temps qu'elles nous déchirent, l’irruption des percussions galopantes nous prend à l’improviste. Ainsi toute l’agressivité rock de Vetiver cachée jusque là se lâche pour nous emporter dans une envolée électrique magistrale.

On redescend tranquillement avec Won't Be Me et surtout Down At El Río (où la participation de Banhart se fait évidente) qui servent à achever Been so Long. Un album riche en motifs et instants que seules les écoutes successives permettent de découvrir. De la pure aromathérapie contre le stress.

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Pochette Disque To Find Me Gone

» Tracklisting

  1. Been So Long
  2. You May Be Blue
  3. No One Word
  4. Idle Ties
  5. I Know No Pardon
  6. Maureen
  7. The Porter
  8. Double
  9. Red Lantern Girls
  10. Won't Be Me
  11. Down At El Rio

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