Eric Chenaux

Dull Lights

( Constellation / Southern ) - 2006

» Chronique

le 20.10.2006 à 06:00 · par Janf R.

Il est des pochettes d’album qui traduisent à merveille le travail musical de l’artiste. Le ballon de Dull Lights est de celles-ci. Impressionniste. Composé d’une multitude de petites flèches fragiles et tordues, mais formant un ensemble cohérent, soudé. La musique d’Eric Chenaux a ces mêmes airs de fragilité. Construction de mots plus que de phrases, improvisation et voix pointilliste. Pour un tableau d’une subtile cohérence et d’une humilité touchante.

Eric Chenaux est un guitariste de l’âme, plongé au cœur des racines du folk, de la country et du blues. Proche des Bonnie ‘Prince’ Billy, Devendra Banhart et autres James Toth (Wooden Wand). Une voix fragile, à la limite de la plainte, posée sur des constructions de guitares et de banjo. Lentes. Aériennes.

Un air de grand frais parfois, comme dans ce Worm And Gear, qu’on jurerait hérité du folklore écossais. Etonnant contre-pied, le nez dans les rhododendrons du Glen Affric. Contre-pied. Car rien n’est écrit. Rien n’est fluide. Evitant l’écueil du classicisme, Dull Lights surprend, garde en éveil. Ici les balais d’une batterie (I Can See It Now), là un banjo en terre country fatiguée (Weather The Wind). Ailleurs, une berceuse sur la pointe des pieds (White Dwarf White Sea).

Constellation, depuis déjà de récentes sorties (Glissandro 70, Polmo Polpo) s’éloigne peu à peu de l’emphase de son credo post-rock et s’essaie à la subtilité. A la maturité, peut-être. Dull Lights est de cette veine. Sobre. Humble. Touchante.

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Pochette Disque Dull Lights

» Tracklisting

  1. Skullsplitter
  2. Worm And Gear
  3. I Can See It Now
  4. Weather The Wind
  5. Dull Lights
  6. Memories Are No Treasure
  7. White Dwarf White Sea
  8. Ronnie-May
  9. However Wildly We Dream

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