The Artificial Sea

City Island

( Travelling Music ) - 2006

» Chronique

le 08.11.2006 à 06:00 · par Eric F.

City Island est une formidable preuve qu'il ne faut pas se fier aux apparences et qu'un artiste peut souvent révéler plusieurs facettes. d'Alina Simone on se souvenait surtout de cet ep magistral, nous ramenant aux heures de gloire de Cat Power : même envie d'en découdre avec le monde entier depuis sa chambre, même beauté fièrement rèche. L'idée d'entendre The Artificial Sea, son projet avec Kevin Smith (aucun lien avec le réalisateur de Clerks) était donc forcément alléchante. Pour être franc, la déception fût grande aux premières écoutes, puisqu'à la place de chansons à la colère contenue, on y entend plutôt une sorte de Bjork en goguette, perdue dans une grande ville.

La fuite, voilà justement un excellent moyen pour finir par rentrer dans ce disque, beaucoup plus organique qu'on pourrait le penser de prime abord. Comme si on pouvait le découper en deux, on se dit que la meilleure façon de découvrir ce City Island serait de prendre sa voiture et de la lancer dans une direction inconnue. Et là première partie du disque. Ensuite, une fois débarqué(e) dans cette location nouvelle, apprendre à l'apprivoiser. D'où la seconde partie (imaginaire, rappelons le) du disque.

Les chansons sont en effet assez abstraites pour devoir nécessiter plusieurs écoutes avant de pouvoir mener à bien leur mission de séduction. Comme bien souvent la plongée totale dans l'inconnu pour l'auditeur semble un peu abrupte avant de révéler ses charmes, le faisant au compte-goutte, presque avec un plaisir pervers.

Ca n'est donc pas un hasard si c'est sur la dernière partie du disque qu'Alina Simone décide de finir par se (dé)livrer un peu plus, agrippant sa guitare comme on peut s'accaparer quelques bribes d'optimisme, même dans les situations les plus compromises. Evitant avec soin de faire exploser ses notes, la charmante américaine se montre alors sous son meilleur profil pour broder des douces toiles, portées par une voix enjoleuse et parfaite d'un bout à l'autre du disque. On pourra ainsi voir différement le début du disque, qui comme un parcours initiatique, finit par mener à la beauté sensible et etherée du folk d'Alina Simone. Qu'on a donc de plus en plus envie de retrouver au plus vite.

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