Chokebore

Le 28 octobre 2011

» Interview

le 29.11.2011 à 06:00 · par Mathieu M.

Groupe majeur de la scène rock indé américaine dans les années 90, Chokebore a tout donné pour sa musique et a su rester fidèle à sa personnalité hors du commun. Quittes à ne pas occuper les devants de la scène, le groupe a toujours préféré honnêteté et sincérité dans leur musique et leurs rapports. Après huit années de pause et divers projets personnels, le groupe s'est reformé l'année dernière pour une série de concerts. Aujourd'hui, au cœur de leur tournée d'automne qui suit la sortie de leur nouvel EP "Falls best", Chokebore s'arrête à Vendôme pour le festival Rockomotives. Aussitôt après les balances et dans un emploi du temps surchargé, le bassiste James Kroll répond à nos questions sur le Chokebore de 2011.

Votre nouvel EP vient de sortir sur le label français Vicious Circle et depuis l'année dernière on vous a beaucoup vu tourner en France et en Allemagne. Chokebore ressemble désormais à un groupe Européen...

JK : Oui, en effet, on peut voir les choses comme cela. Moi et mon frère (Jonathan Kroll, guitariste) vivons à Berlin désormais, Troy vit aussi en Europe et tout est beaucoup plus simple pour nous ici. Nous avons maintenant notre réseau et notre public, alors tourner en Europe nous semble maintenant naturel.

Depuis votre grand retour l'année dernière après huit années de pause, avez vous rejoué au État Unis ?

JK : Et non c'est vrai, pas depuis bien longtemps. Évidemment nous aimerions refaire des concerts à la maison mais... désormais tout est bien plus compliqué pour nous d'organiser une tournée US et demanderait une grosse organisation. Les Etats-Unis sont un si grand pays...

Justement, avez vous gardé des contacts et un réseau las-bas ? Pensez vous que le public répondrait présent ?

JK : Un réseau musical ? Hum.. pas tellement. Nous avons un peu déconnecté c'est vrai. Bien sûr, on nous a proposé de refaire des concerts ici ou là mais encore une fois, tout serait trop difficile à organiser vu la situation actuelle et nos modes de vie respectifs. Quand au public, oui nous avons gardé des fans mais... non, pas de concerts aux États-Unis pour l'instant.

Suivez vous encore la scène rock indé en général ? Gardez vous un œil et une oreille sur ce qui continue de s'inventer ?

JK : Moi, non. Christian notre batteur, lui vit encore à Los Angeles et reste très impliqué dans le monde de la musique là-bas. Personnellement à Berlin, je travaille dans un bar et profite bien-sûr de ce que peuvent jouer les DJ's mais ça s'arrête là. Je vis en Europe depuis 8 ans maintenant et je ne suis plus du tout l'actualité musicale américaine ou en général. Ou occasionnellement. Je reste passionné de musique et j'en écoute encore chez moi mais plus autour de groupes des années 70. Je ne cherche plus comme avant à me plonger dans cet univers ni à suivre l'actualité des groupes de maintenant. J'ai aussi beaucoup d'autres centres d'intérêt et deux enfants qui m'occupent une bonne partie du temps alors...

Et pour Chokebore, pour composer et rester créatif, avez-vous besoin de vous nourrir de l'extérieur et de vous inspirer du panel musical actuel ou fonctionnez vous plutôt en circuit fermé, imperméable et uniquement concentré sur votre musique ?

JK : En effet, nous n'écoutons pas beaucoup de musique qui pourrait interférer avec le processus de composition. De plus, nous avons tous des goûts bien différents et bien différents également de la musique de Chokebore. Si des groupes devaient m'influencer, ce serait à coup sûr des choses radicalement opposées à la scène rock en général.

Aujourd'hui en 2011, qu'en est il de Chokebore ? Voulez vous garder le groupe comme une récréation ou espérez-vous revenir à une situation plus "professionnelle" ?

JK : Je dirais un peu des deux. Cette année nous nous sommes concentrés sur ce nouvel EP et cela n'a pas été facile vu que nous vivons très éloignés les uns des autres. C'est difficile pour nous de dégager du temps ensemble. Tout le monde est très motivé pour jouer mais nous devons nous retrouver à Berlin pour pouvoir travailler ensemble et cela n'arrive pas si souvent. Nous avons pris beaucoup de plaisir en composant ce nouvel EP et nous allons continuer de prendre les choses comme elles viennent et prendre le plaisir là où il est, comme sur cette tournée. Autrefois nous consacrions toute notre vie à Chokebore mais cette période est révolue. Nous sommes tous passés à autre chose maintenant et le temps nous manquerait pour se remettre dans une vie de groupe bien plus active. Mais malgré tout, je serais ravi si le groupe pouvait encore continuer pendant des années, à son rythme.

Et Troy, au micro de Radio Campus résume toute la situation en quelques phrases : "en effet, notre attachement pour la France est assez fort, nous y avons beaucoup tourné et je pense que le public français nous comprend plus qu'un autre. C'est ici que l'esprit de nos chansons résonne le plus. Pour le nouvel EP qui vient de sortir nous travaillons avec Vicious Circle parce que nous pensons de la même manière que ce label nous comprend, comprend le son Chokebore. Tout simplement. Concernant notre reformation, je pense que Chokebore nous manquait à tous et que cela s'est fait naturellement. Maintenant concernant l'avenir, tout cela peut durer à nouveau 15 ans ou... 15 jours. Nous ne faisons aucun plan."

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