Shipping News

Le voyage est leur maison

» Interview

le 25.09.2004 à 06:00 · par Ana C.

Ce concert au Rhâââ est votre seule date européenne pour le moment : comment vous êtes vous retrouvés perdus en plein milieu de la campagne belge ?

Michael (l’organisateur du festival) nous a écrit il y a deux mois pour nous demander si on voulait venir jouer, on a d’abord pensé que ça ne serait pas possible. On pensait faire d’autres shows autour, mais l’idée de ce festival nous a séduit dès le début. On s’est mis à en parler et même si ça paraissait toujours peu probable, Jeff était super motivé à l’idée de venir. Quand Jeff dit des trucs comme ça, je suis d’accord en général (rires). Du coup on a décidé de prendre une semaine, que moi et ma copine puissions nous promener un peu en Europe. La plupart des fois où nous tournons ici on n’a jamais le temps de voir les villes où nous passons. Ca se résume souvent à jouer live. Passer plusieurs jours dans la même ville sera donc agréable. On va aller à Londres ensuite on ira voir des amis à Bologne qui jouent dans Three Second Kiss. Jeff de son côté ira voir des amis à lui qui sont à Lyon. Kyle ira sûrement en France aussi. Todd doit rentrer travailler, pas de chance pour lui (rires).

Comment se fait-il que Shipping News joue si peu en Europe ?

On avait une tournée prévue l’année dernière mais on a du l’annuler à cause d’ennuis de santé. On fera une longue tournée ici probablement début 2005, il y aura sûrement un nouvel album en même temps. Ce n’est pas que nous faisons des concerts uniquement pour la sortie de nos albums, mais ça ne sera pas plus mal de l’avoir avec nous.

Vous devez sans doute apprécier les autres groupes programmés (NDLR: Migala, Explosions In The Sky, Berg Sans Nipple, Souvaris, Arca, Tom Sweetlove, Raymondo)…

Oui, très fort ! J’essaye de regarder le plus possible de concerts et tout ce que j’ai vu pour l’instant a été vraiment très bon. Ca représente bien mes goûts musicaux, aucun doute là-dessus.

Est-ce l’occasion pour vous d’avoir une certaine forme d’interaction avec les autres groupes ?

Oui, bien sûr. On n’est pas allé assez loin pour parler de collaborations mais on a passé la soirée d’hier avec Explosions In The Sky et Migala, à parler devant un dîner et on s’est rendu compte qu’on connaissait beaucoup de personnes en commun. C’est vraiment une expérience agréable. Il y a des groupes d’un peu partout, je trouve ça très important.

Tu apprécies les groupes européens ?

J’en écoute beaucoup ! J’aime bien Lisabo, My Own même si ils n’existent plus je crois. Bien sûr, j’apprécie également beaucoup de groupes anglais. Il y a aussi la plupart des groupes avec qui nous avons joué comme Three Second Kiss ou Uzeda, un de mes groupes favoris.

Comment arrives-tu à faire partie d’autant de groupes ? (Jason Noble a joué dans Rodan avant d’être dans Shipping News. Il joue également dans Rachel’s)

(rires) Des fois je ne le sais même pas ! Je me dis que je suis un peu cinglé parfois. La plupart du temps on passe quelques mois sur chaque projet, et tous les autres membres du groupe ont d’autres choses qui les occupent, c’est assez étrange. J’ai beaucoup voyagé avec Shipping News. Là on a enregistré Three Four, puis sommes partis en tournée aux Etats-Unis, à peine revenus on réenregistre un nouveau disque. Juste après Rachel’s répétera pendant une ou deux semaines avant de partir en tournée. On essaye de tout planifier au maximum que ça puisse marcher pour tout le monde.

Shipping News est tout de même ta priorité ?

Oui, je divise mon temps en deux au niveau des choses que je fais, être une personne avec une vie privée mis à part, c'est-à-dire Shipping News et Rachel’s. Tout le reste est moins important parce que j’essaie que tout se passe bien pour ces deux projets. Tous les membres de Rachel’s sont assez dispersés, ça nous prend beaucoup de temps pour travailler ensemble. Chaque groupe vit tous les jours dans un sens, que ce soit par la musique, les concerts, créer l’artwork, etc.

Comment composez vous vos morceaux ?

Avec Shipping News ?

Les deux !

Il y a trois principaux compositeurs dans Rachel’s, je suis l’un d’eux avec Rachel et Christian, il y a aussi Eve Miller et Edward Grimes qui ont une participation importante à tous les niveaux et d’autres gens avec qui nous composons. Dans Shipping News, chacun apporte ses compositions pour les répétitions, ça peut être un morceau qui a déjà une structure et des textes, mais il nous arrive aussi de passer beaucoup de temps à développer une idée. Le disque que nous venons de faire est celui qui a la plus grande égalité au niveau des contributions de chaque membre sur chaque titre. L’album précédent était composé de morceaux où chacun jouait tout sur ses compositions. On a fait ça un peu comme un test parce qu’on voulait enlever les toiles d’araignées dans nos têtes et essayer de nouvelles choses. Ca ne nous a pas empêché de répéter en groupe pendant ce temps, mais ce projet nous a semblé assez amusant.

Tu considères quand même Three Four comme un disque de Shipping News à part entière ?

Oui, on a pensé que c’était important d’essayer quelque chose de plus expérimental, même si les chansons ne me semblent pas si expérimentales que ça. On s’est surtout servi de nos premières impressions, enregistrer les morceaux quasiment en même temps que tu les écris, ce qui est très sain pour ton esprit. Il n’y a presque pas d’overdubs sur le nouvel album, on voulait juste enregistrer le groupe jouant ensemble dans la même pièce. Il y a des cordes sur la plupart de nos disques, un élément assez orchestral dans le processus d’enregistrement tandis que cette fois ci, c’était beaucoup plus direct.

Three Four est du coup l’album le plus diversifié que vous ayez sorti…

On s’est demandé si ça allait marcher comme ça, si ça n’était pas trop bordélique. Ca l’est sûrement pour certaines personnes, mais je suis très fier que nous ayons au moins essayé, même si on a gardé des titres que je n’aime pas forcément. Three Four a terminé cette conversation en solo et on s’est remis à enregistrer comme si on jouait un concert. Le nouvel album sera très cru, je pense que c’est une bonne chose pour nous de pouvoir changer de cap et c’est sûrement une bonne chose pour les gens qui nous écoutent également. Du moins, je l’espère.

Vos albums sont assez différents les uns des autres. Est-ce très important pour vous de ne pas vous répéter ?

Je pense que ça reflète qui nous sommes en tant que personnes. Nous ne sommes pas très bons pour nous répéter, on n’en est pas capable. Ca fait plus longtemps qu’on est ensemble, sept ans de Shipping News et l’arrivée de Todd a changé beaucoup de choses. C’est très excitant de se retrouver dans cette situation.

Qu’est ce que ça apporte de nouveau au groupe ?

C’est différent pour moi car je peux plus jouer de la guitare maintenant qu’il y à Todd à la basse, ce qui n’était pas vraiment le cas avant. C’est un beau défi pour moi, de garder notre musique simple, ainsi que de chanter plus souvent, il y a plus de place. Je n’arrive pas vraiment à l’expliquer mais ça nous permet de ne pas avoir à jouer constamment, on peut plus laisser respirer notre musique. La personnalité de Todd est très positive, ça nous donne envie de travailler. On n’a pas décidé de changer le groupe d’un coup, on a juste proposé à Todd de répéter une fois et ça c’est tellement bien passé qu’on lui a demandé de nous rejoindre. Ca faisait longtemps qu’on admirait son jeu et c’est un vieil ami, ce qui a sans doute joué aussi. Ca apporte comme une nouvelle discussion. J’aime penser que le plus important pour nous quand nous faisons de la musique est de prendre compte de l’avis des autres. J’ai la forte opinion que la démocratie est primordiale dans la musique. Je ne dis pas que c’est comme ça que ça devrait être pour tout le monde, mais c’est incontestablement une clé pour Shipping News. J’essaye de penser à ce que font les autres quand on est sur scène, suis-je trop fort ? trop agressif ? trop calme ? J’essaye toujours de faire une balance entre tout ça.

Quelles sont les différences entre Shipping News sur disque et sur scène ?

On espère qu’il y aura de moins en moins de différences entre les deux, car il y a beaucoup d’énergie dans nos concerts avec l’adrénaline et le fait que tu réagisses aux gens qui sont face à toi. C’est très difficile de rendre sur disque l’expérience qu’est de jouer live et je ne suis pas sûr qu’on ait réussi à faire ça. C’est assez effrayant d’enregistrer parce qu’on sent qu’on doit faire la version parfaite de la chanson, ce qui n’est pas une bonne façon de faire. L’enregistrement doit plutôt exposer la façon dont tu vois les morceaux à un moment donné. Jouer nos anciens morceaux avec Todd les a totalement transformés, ça apporte de nouvelles perspectives. Si on joue une chanson écrite il y a cinq ans, on doit la jouer sur scène différemment que sur le disque, ne serait ce parce que nous avons évolué en tant que musiciens entre temps. On essaye de faire au plus simple, même si on aime expérimenter. Three Four est assez difficile à reproduire sur scène, et les versions des morceaux qu’on joue sonnent totalement différentes, car il ne s’agit plus d’une seule personne bizarre dans sa chambre (rires).

Very Soon And In Pleasant Company a été enregistré dans beaucoup d’endroits différents si je ne me trompe pas ?

On a travaillé dessus près de Philadelphie, on l’a enregistré à Louisville et on l’a mixé à Boston. Tout ça en partie parce que Jeff habitait à Philadelphie et était pote avec un groupe nommé The Secessionist Movement qui nous ont laissé utiliser leur studio. On l’a enregistré à Louisville avec notre amie Christina Files qui habite à Boston. Comme elle avait fait le déplacement à Louisville pour l’enregistrement, on s’est dit que c’était normal qu’on aille le mixer chez elle à Boston. C’est comme ça que ça marche pour nous, on essaye de voyager le plus possible. Je pense que c’est toujours positif de garder l’esprit ouvert en allant dans des endroits que tu ne connais pas. Le nouveau disque a été enregistré en partie à Atlanta dans un studio où on n’avait jamais joué. C’est ce qu’on recherchait. C’est génial d’être chez soi, mais c’est important de changer d’atmosphère.

L’endroit où vous vous trouvez influence votre écriture ?

Oui, je pense. Cet endroit à Atlanta était un vieil immeuble qui dégageait un certain charme. Il était tout proche d’une voie ferrée avec tous ces trains, c’était cool le matin en buvant le café de regarder ça par la fenêtre. Toutes ces nouvelles expériences, sensations et aussi les conversations qu’on peut avoir avec nos amis et les gens qu’on rencontre. On est extrêmement reconnaissant du fait que tout ça vienne de la musique, c’est dur à faire, on n’est pas très riches. La nuit dernière rien qu’à se promener on s’est dit que sans la musique on n’aurait jamais eu l’occasion de le faire. Même le fait d’être ici à cette minute même.

Le livret de l’album répertorie beaucoup de villes, dont deux en France (Rennes et Lyon)…

Ca vient de Jeff qui a mis les noms des villes où il a voyagé à cette époque. On arrive à voir aujourd’hui des gens qu’on avait pas vu depuis bien longtemps, des amis français par exemple et ça a une valeur très spéciale pour nous, c’est génial !

Peux tu nous dire dans quelle direction ira le prochain album de Shipping News ?

Si on veut puisqu’il est presque fini. J’ai l’impression qu’il est plus simplifié et ressemble plus à un dialogue entre les différents instruments. C’est un peu plus rock and roll que certains autres disques, même si je ne sais pas trop ce que ça veut dire à part que c’est plus électrique ! Plus lourd aussi…

Plus proche de Save Everything donc ?

Je pense oui. Un peu différent de ça aussi. On va jouer la plus grande partie du disque ce soir, si vous aimez ce que vous allez entendre, c’est que l’album risque de vous plaire aussi. On apprend toujours à quoi ressemblent les morceaux.

La sortie est prévue pour quand ?

(Jason répond à côté, problème de compréhension) . Oh, désolé je devrais faire cette interview dans votre langue !

Il faudrait que tu parles français et espagnol du coup !

Ca serait dur (rires) ! Je pense que l’album sortira à l’automne ou vers janvier, dans ces eaux là. On a presque fini, mais on risque de passer du temps sur l’artwork et le reste… Il ne nous reste plus qu’une chanson à terminer. Notre but est de tourner en Europe au début l’année prochaine. On aime bien jouer dans des petits endroits, c’est tout à fait notre style… J’aimerais bien aller à Madrid. J’ai tellement d’espoirs…

Il est assez frappant de constater que les projets indépendants les plus intéressants viennent pour la plupart des Etats-Unis qui est un des pays les plus capitalistes du monde. Quel est ton sentiment sur la question ?

Je vais essayer de ne pas être trop long (perdu !). J’ai eu une très longue discussion avec quelqu’un aujourd’hui à propos du "combat" entre les labels indépendants et les majors. J’ai une idée très arrêtée sur la façon dont il faut que nous gérions notre "commerce" avec le groupe et la façon dont nous devons survivre. On fonctionne en dehors du monde financier normal de notre pays. Je sais que parce que nous venons de ce pays nous avons certaines opportunités et certains choix, ainsi que des libertés, même si la liberté de distribution commerciale aux Etats-Unis est très peu existante. Il y a un tel écart entre ceux qui ont de l’argent et ceux qui n’ont rien. C’est incroyablement frustrant pour moi, j’ai d’ailleurs très honte de beaucoup de choses que le gouvernement a pu faire, car c’est une façon de dire au reste du monde : "Notre seul intérêt est notre propre avancement" mais je pense que l’erreur de notre gouvernement est d’exclure les Nations Unies et le reste de l’opinion mondiale, fermer le dialogue avec le monde est loin d’être une bonne idée. Je pense que les Etats-Unis n’ont plus beaucoup de temps à fonctionner de cette façon et je ne pense pas que ça soit lié à l’idée du terrorisme. Ca n’est pas le seul danger : on va droit vers une société qui est beaucoup moins diversifiée qui perd ses capacités de création, qui est moins éduquée etc. Vous dites que c’est de là que viennent les projets les plus intéressants mais nous sommes tellement inspirés par la musique européenne, mais aussi le cinéma européen. Je suis aussi très influencé par la musique asiatique, africaine, la musique classique. Le plus étrange au niveau des Etats-Unis est la façon dont certaines cultures rentrent en collision de façon assez maladroite. C’est assez ironique car il y a beaucoup de cultures différentes qui se côtoient en Europe alors qu’aux Etats-Unis il y a une sorte de collage. Ca me rend heureux de vous entendre dire ça, car je me demande souvent ce que l’art essaye de dire. Avec la façon dont le gouvernement donne une image assez mauvaise de notre pays, je trouve que c’est important pour nous de pouvoir nous exprimer là-dessus. J’ai de plus en plus le besoin de m’impliquer dans les aspects politiques de mon pays parce que je pense que nous avons une responsabilité. Le groupe a des centres d’intérêts assez limités dans les sujets de ses chansons. La plupart du temps ça a à voir avec une conversation ou quelqu’un qui pense à faire quelque chose d’agréable pour quelqu’un d’autre, ou quand quelqu’un perd quelque chose, se retrouve frustré. Bien sûr, tout ça est sur une petite échelle mais c’est important de se rappeler de tous les petits gens de ce grand pays qui ne suivent pas tous aveuglement tout ce qu’on leur dit. Une de mes plus grandes peurs est que l’on devienne trop conduit par l’entertainment, il y a tant de choses que les gens considèrent comme normal. Je veux dire, 40% de la population n’a pas de sécurité sociale ! Ca n’est pas acceptable ! Il y a tant de gens dont on ne s’occupe pas et quelques personnes dont on s’occupe beaucoup trop. Les classes moyennes se trouvent un peu entre les deux, ça peut aller de gens pauvres à des gens aisés. Ils sont un peu coincés entre ces deux mondes. J’arrive presque à vivre de notre musique mais il me faut quand même travailler à côté. Certaines années sont meilleures que d’autres et j’essaye vraiment de garder une attitude positive face à l’argent, car ça sera toujours plus ou moins un problème par rapport à ce qu’on fait.

En parlant de tes sentiments sur la situation actuelle aux Etats-Unis, penses tu que ça transparaisse d’une façon ou d’une autre dans les nouvelles chansons de Shipping News ?

Je trouve, oui. Je fais toujours attention à ne pas donner de leçons à qui que ce soit car on n’est pas en position de le faire. Mais certains sujets des nouveaux morceaux posent plus de questions qu’avant sur ce qu’on fait aux autres et qui sont nos ennemis et à quel point c’est néfaste de considérer tout le monde comme ton ennemi. Tu ne peux pas être ennemi avec toute personne qui ne t’aime pas, c’est ridicule ! On essaye de garder de l’espoir grâce à la musique. J’espère que nos chansons peuvent en donner à ceux qui l’écoutent. C’est en partie pourquoi on n’aime pas trop imposer nos points de vue sur ce que signifient nos morceaux. Ca me fait un peu peur à vrai dire. C’est dur de vivre aux Etats-Unis et de pouvoir se poser des questions sans avoir les boules. Ca devient même pire que ça. Il est vraiment grand temps qu’on remette en question notre pays, mais aussi aller plus loin que ça. Essayer de vivre d’une façon qui peut être positive pour plus de gens que juste moi.

Tu rends sûrement la vie de certains gens plus acceptable grâce à Shipping News.

On l’espère ! Il faut se rappeler de ça certains jours, ne pas être frustré, ne pas être déçu si on rencontre des difficultés. Mes journées ont aussi leurs moments de frustration comme tout le monde, mais j’essaie de penser à ce que peuvent endurer d’autres personnes. C’est très étrange pour moi de penser à combien il peut être dur de vivre pour certains gens. On essaye de vivre d’une façon dont on fait plus de choses positives que des choses négatives. Mais je suis convaincu que faire de la musique est un excellent moyen de montrer à quel point certaines choses te tiennent à cœur plutôt que de dire "on est super beaux". Le seul résultat qui compte est ce qui arrive au cœur des gens. J’apprécie cette discussion parce qu’on est ici grâce à la musique et aussi une culture qui rassemble des gens un peu en marge et c’est important d’avoir de telles discussions dans ce lieu qui est un super point de rencontre. Tout ça est très encourageant pour moi, que la musique soit liée au fait qu’on se soit rencontrés, c’est cool. Etre à Louisville il y a deux jours et maintenant en Belgique, c’est incroyable !

Interview réalisée par Ana et Eric.

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