L'Altra

L'autre Chicago

» Interview

le 05.05.2003 à 12:00 · par Eric F.

Comment avez vous commence a jouer ensemble ?

Joe Costa : Nous avons commence L'Altra il y à quatre ans. Ca fait 12 ans que je connais Lindsay, nous sommes partis ensemble sur Chicago pour jouer de la musique. C'est la que nous avons rencontre le reste du groupe, c'est à dire Eben et Ken. Ken était notre bassiste, il a quitté le groupe cet été pour se consacrer exclusivement à Aesthetics.

D'où vient votre nom ?

JC : C'est une question difficile…

Eben English : On nous la pose très souvent…

JC : Je suis d'origine italienne, c'est de la que vient le nom L'Altra (l'altra signifie l'autre en italien). J'ai trouvé que ça sonnait bien et que ca collait au groupe. Le nom a pris de plus en plus de signification au fur et à mesure que le groupe a avancé. C'est amusant aussi d'entendre les gens l'écorcher, la façon dont c'est écrit dans les journaux. On a joué dans un club un fois où L'Altra était écrit avec huit lettres !

Quels groupes vous ont donné envie de faire de la musique ?

EE : Ca fait longtemps qu'on joue dans des groupes. Il n'y a pas vraiment de groupe en particulier qui nous ait donné envie de nous lancer.

JC : Quand j'étais au lycée, écouter The Cure ou The Smiths a été très important pour moi. Maintenant j'écoute beaucoup de groupes différents, je ne pourrais pas te donner de noms en particulier, mais la new wave a été importante durant mon adolescence. Eben était fan du Grateful Dead (rires).

EE : Ca n'était qu'à la fac ca, ça faisait déjà quelques temps que je jouais.

Quand on vous écoute, les liens avec la scène de Chicago semblent inévitables. Etes-vous à l'aise avec ça ?

JC : Je suppose que c'est inévitable puisque nous sommes un groupe de Chicago.

EE : Je ne pense pas qu'être de Chicago impliques que tu joues un certain type de musique. Il y a une assez bonne réputation mais je ne pense pas qu'elle touche un certain genre uniquement.

JC : C'est agréable de s'y trouver avec tous ces gens, ce qui nous donne souvent l'occasion de jouer avec plein de musiciens et de groupes différents. Ceci dit, je pense qu'on se démarque par la formation classique de Lindsay, ce qui influence énormément sur la façon dont nous composons.

A propos des invités sur votre dernier album, est ce que des gens comme Todd Mattei (Joan Of Arc) et Joe Grimm (33.3) vous aident à élargir votre vision sur la musique en tant que groupe ?

JC : Les chansons commencent toujours avec Eben, Lindsay et moi. L'ajout de musiciens en studio sert plus à élargir cette base. Nous construisons toujours une fondation au début. Todd Mattei est un ami d'enfance, nous avons rencontré les autres à Chicago. Lorsque nous enregistrons, nous aimons pouvoir faire tout ce qui nous passe par la tète.

Vous avez donc une conception différente de la musique en studio et celle jouée live ?

EE : Oui, c'est totalement différent.

JC : C'est important de séparer les deux. Je ne suis pas un puriste, je ne pense pas qu'un album doit être rejoué note pour note sur scène.

EE : C'est génial d'avoir un disque avec des parties en plus, avec des gens qui jouent très bien d'instruments dont on ne sait pas se servir, mais c'est important d'être un groupe et de donner des concerts.

JC : L'essence du morceau vient du live.

EE : Ca ne change pas vraiment notre façon d'écrire.

Avez vous justement un moyen d'écriture spécifique ?

JC: Il n'y a pas vraiment de règle. Des fois, Lindsay ou moi arrivons avec un titre complet pour l'apprendre aux autre ou alors on compose ensemble avant de rajouter les paroles. Il n'y a pas de formule particulière, mais nous accordons beaucoup d'importance aux paroles, nous passons beaucoup de temps dessus.

Quelle est votre relation entre la musique et l'artwork ? Je vous ai découvert en achetant Music Of A Sinking Occasion parce que la pochette me plaisait beaucoup…

JC : Il m'arrive d'acheter des disques comme ça. Nous nous occupons de l'artwork nous même ainsi que du site web. Je pense que sortir un album représente un tout et que chaque composant doit être en rapport l'un avec l'autre. Les chansons, la pochette… on considère tout ça comme un dîner complet (rires).

EE : Nous y accordons beaucoup d'importance. Avant même que les morceaux soient écrits, on peut déjà avoir le nom de l'album. On a trouvé le nom du prochain d'ailleurs… Ca ne change pas vraiment la façon dont nous composons. Pour quelle raison que ce soit, nous cadrons toujours les morceaux dans un certain état d'esprit, on sait toujours dans quelle direction on veut aller.

In The Afternoon s'ouvre par Soft Connection et se clôt par Goodbye Music, est ce qu'on peut considérer ce disque comme une sorte de lente progression dans votre univers ?

JC : Une progression ? Oui, toutes les chansons vont ensemble, nous avons beaucoup pensé à l'ordre des titres. J'espère que les gens écoutent cet album comme un tout plutôt que morceau par morceau.

EE : Nous faisons cela uniquement en pensant à la musique, sans essayer d'y apporter d'autre signification. Nous plaçons les chansons de façon à ce qu'elles s'enchaînent le plus naturellement possible. si quelqu'un les écoute et se dit que ça parle de telle chose, je suis pour. Que quelqu'un se fasse sa propre opinion a cet ensemble ne nous gêne pas du tout. C'est totalement ouvert à l'appréciation de chacun.

JC : Toutes les paroles fonctionnent comme un ensemble. Certains mots se retrouvent dans plusieurs morceaux.

Vous n'iriez tout de même pas jusqu'à le considérer comme un concept album ?

EE : Il y a un concept derrière tout cela, mais ça n'est pas Operation Mind Crime de Queensryche non plus (rires).

JC : C'est sur qu'on n'a pas fait Tommy… Il y a juste un thème que l'on retrouve dans toute notre musique.

EE : il s'agit plus d'un feeling implicite que d'un fil conducteur précis.

A l'écoute du dernier album, on sent plus de maturité, la musique est beaucoup plus immédiate. Avez vous ressenti une évolution entre les deux derniers disques ?

JC : Tout à fait. L'enregistrement d' In The Afternoon nous a confronté à des titres plus récents. Ca n'était pas comme si on savait exactement ce qu'on allait faire des chansons, certaines ont évoluées, on a continué d'écrire en studio. Je pense que Lindsay et moi avons beaucoup progressé en tant que chanteurs depuis l'album précédent.

EE : Nous étions plus à l'aise pour l'enregistrement d' In The Afternoon, nous avons eu beaucoup moins de mal à réaliser les idées que nous avions. Ca a également joué…

Le nouveau disque semble également plus optimiste…

JC : Oui, Music Of A Sinking Occasion a été plus dur à faire, il a été enregistré à une période agitée de nos vies, d'ailleurs on le considère comme un document de cette époque.

Lindsay et moi avons décidé que pour In The Afternoon on ajouterait un petit peu d'espoir, mais pas trop non plus… Je pense qu'on y est parvenu.

J'avais une dernière question concernant Ken, à savoir comment il réussissait à s'occuper d'Aesthetics et être membre du groupe.

EE : Ca nous a énormément aidé. Ken ne fait plus partie du groupe et il nous manque, sans lui on n'en serait sûrement pas là. Il a réalisé un travail incroyable et il le fait avec chaque groupe signé sur le label.

JC : Je l'ai rencontré et nous avons monté le groupe. Ce n'est qu'après qu'il m'a dit qu'il s'occupait d'un label. C'était un coup de chance que de commencer un groupe et d'aussitôt avoir quelqu'un prêt à sortir nos disques.

EE : J'ai travaillé pour des maisons de disques et je sais que c'est très dur de se présenter à quelqu'un dont on ne s'est jamais soucié auparavant et tenter de lui faire apprécier sa musique.

JC : Il adore la musique et son label grandit… J'espère que ça va bien marcher.

D'après vous, que faut il pour qu'il signe un groupe ?

JC : Que ça plaise à Ken.

EE :Il faut que la musique lui plaise.

JC : Si ça lui plait, il va le sortir. Je sais qu'il reçoit des tonnes de démos. Mais ça lui arrive de signer des groupes.

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