Hood

Toujours vivants

» Interview

le 02.04.2005 à 06:00 · par Ana C.

Lors de sa visite parisienne et juste avant son concert au Café de la Danse le 28 janvier 2005, l’opportunité s'est présentée de s'entretenir longuement avec Richard Adams, qui forme avec son frère Chris, le noyau principal de Hood. Après une attente pendant laquelle ce dernier a témoigné d'une certaine susceptibilité durant la balance, Richard nous a consacré 45 longues minutes de conversation, et ce, malgré les nombreux obstacles qui se sont interposés (les téléphones, le heavy-métal en guise de fond sonore...).

En écoutant Outside Closer, on a l’impression qu’il y a un saut par rapport à l'EP, The Lost You. Il semble plutôt s'inscrire dans la continuité naturelle de Cold House que de The Lost You. Pourquoi ce retour en arrière ? Est-il volontaire ?

Oui, c'est vrai. Ca rend peut-être les chansons de l'album plus difficiles. En fait, quand on a fait The Lost You, on l'a enregistré en même temps que Outside Closer. Nous faisons des chansons, après elles deviennent un album et dans ce cas précis, nous avons mis les choses les plus évidentes dans The Lost You et les moins évidentes dans l'album. Tu sais, un album c'est voué à rester pour toujours et même si au départ ça peut être difficile, heureusement avec les écoutes successives, au calme, les gens s'y habituent.

Vous avez collaboré avec Matt Elliott de The Third Eye Foundation. Comment cela s'est t'il passé ? Que vous a t'il apporté ?

Oh, Matt. Oui, nous avons travaillé avec lui sur deux albums : Rustic Houses, Forlorn Valleys et The Cycle of Days and Seasons. Il nous a poussé vers l’endroit où nous étions prédestinés à aller. Il nous a apporté divers éléments, les samples et d'autres choses comme ça que nous avions besoin d’utiliser. Nous avons fait deux albums avec lui et c’était bien, mais après nous ne pouvions continuer avec lui.

Vous vouliez changer?

Oui, on ne peut pas faire plus de deux albums avec la même personne. Tu restes à faire les mêmes choses, tu n’évolues plus si tu travailles toujours avec les mêmes gens, donc on a fait deux albums avec lui et après, on a décidé d’arrêter. Mais notre relation avec lui est super, et d’ailleurs Matt est ici ce soir, il s'occupe du son pour nous. On se connaît très bien, mais il travaille dans son projet personnel maintenant. C'était une très bonne expérience de travailler avec lui, c’était génial de collaborer ensemble sur deux albums mais après on ne pouvait pas continuer.

Donc on peut dire que c’était une expérience plutôt positive ?

Oui, absolument. Lui, il est brillant. C’était une super expérience, tout spécialement pendant le premier album (Rustic Houses, Forlorn Valleys). Tu sais, je te disais tout à l’heure, nous on fait des chansons, plein de chansons, et après elles deviennent un album, et dans ce cas là, on a tout fait en une semaine, l’album entier. C’était vraiment intense, tout l’album en seulement une semaine.

C’est vrai ? J’adore cet album, c’est d'ailleurs celui avec lequel je vous ai découverts.

Oui, c’est un de mes préférés aussi. Le fait qu'il ait été enregistré aussi vite lui a donné quelque chose, ça lui a apporté un truc spécial.

Il y a un contraste entre certains titres "modernes" comme The Lost You et d'autres qui traduisent une volonté de revenir vers des choses plus "oldschool", comme sur Winter 72. Tu peux nous parler de ça ?

En fait, il n'y a que trois titres qui sonnent vraiment “nouveaux” : l’introduction, The Negatives et Any Hopeful Thoughts Arrive. Quand on s’est mis à faire le reste de l’album, on a pensé qu’on devrait aussi retourner vers des vieux éléments. L’album est un mix, où l'on a essayé de faire cohabiter de vieux et de nouveaux sons et on pourrait dire que c’est à moitié intentionnel.

Quelques-uns de vos fans regrettent souvent que vous ayiez renoncé à vos origines "noisy". Est-ce que vous pensez donner à nouveau une place prédominante aux guitares dans vos futurs travaux ? Quoique, après vous avoir vus pendant la balance, j'ai l'impression que vous le faites déjà sur scène.

Oui, le live est plus dans cet esprit là. Ce que je veux dire, c'est qu'on en a marre des guitares noisy sur les disques. On trouve que ça sonne daté. Tu sais, c’est génial quand tu sors, qu'il est minuit et que quelqu’un passe Pavement... c’est tout simplement très bien, mais si tu essaies de continuer à faire la même chose aujourd’hui... disons qu'on a l’impression que cela aurait dû être fait dix ans auparavant.

Vous préférez vous approcher du hip-hop ou de sons plus pop?

Oui, pop, hip-hop, drum & bass et blues. On essaie d’utiliser les guitares de différentes façons que ce que propose ce style indie-noise rock à base de guitares, tu vois de quoi je parle ?

Oui, on en a tous marre de ça…

Oui, c’est pour ça que l’on ne le fait plus. Ca nous ennuie, ces guitares façon indie-rock sur album. Les gens s'en plaignent souvent et nous demandent pourquoi on ne fait plus de disques comme nous en faisions à une autre époque, mais nous répondons: nous les avons déjà faits, ils sont là ! En fait, l’année dernière, on a fait deux chansons comme ça, mais… le son de ces titres ne fonctionne pas vraiment.

Donc, pour l'instant, vous préférez continuer à expérimenter, introduire de nouveaux éléments.

Clairement, oui: apporter de nouvelles choses. C’est l'unique manière pour nous de conserver notre intérêt pour la musique et aussi de garder les gens intéressés.

Vous avez développé vos travaux sur différents labels. Qu’est ce qui vous a fait migrer de Slumberland vers Domino? Etait-ce une question économique? En quoi le changement vous a t'il aidés?

Au moment de faire Rustic Houses, Forlorn Valleys, nous avons rencontré la personne (NDLR: Richard King) qui s'occupait de Planet Records et qui avait sorti des disques de Third Eye Foundation et Movietone, puis il est allé chez Domino et il nous a “emmené” avec lui. C'est lui qui nous a présenté aux gens de Domino et nous avons eu vraiment de la chance en signant chez eux.

Votre son, a-t'il été directement affecté par le changement de label ?

Non, pas vraiment, peut-être un peu... La seule chose, c’est que… je ne veux pas l’admettre, mais nous ne pouvons pas faire des albums trop compliqués, des trucs un peu trop barrés, rien dont l’accès reste vraiment impossible. Tu sais, ils sont une grosse structure...

Qu’est ce que vous n’auriez pas pu faire, par exemple ?

On aurait pas pu faire un album avec une seule chanson de 40 minutes.

Aimeriez-vous le faire ?

Je crois qu’on va le faire ! Regarde nos deux derniers albums: parfois, des gens nous disent que notre musique est difficile. Mais nous ne voulons pas la faire difficile, nous voulons que les gens entrent dedans, sans non plus faire des choses trop évidentes. En fait, c’est facile de savoir ce que les gens ont envie d’écouter, mais nous voulons que le truc reste intéressant. On ne travaille pas nécessairement en se disant "ok, tel groupe est orienté indie-rock et on va jouer comme ça, ou tel groupe sonne post-rock et on va faire comme ça". Pourquoi ne peut-on pas être tout simplement un groupe qui joue toutes ces choses là et qui fait de temps en temps des choses plus inexplicables ? Je veux que les gens réfléchissent sur notre musique, pas qu’ils se limitent à la passer et tentent de la ranger dans une catégorie concrète.

C’est une bonne attitude...

Exactement, c’est une question d’attitude.

Que peux-tu nous dire sur Aesthetics ? C’est Kenneth James Dyber qui vous a contacté pour vous proposer de signer aux Etats-Unis ?

Oui, c’était lui. Il avait bien aimé The Cycle of Days and Seasons, ça l'embêtait que ce ne soit pas sorti aux Etats-Unis et donc initialement, il voulait nous sortir là bas. Mais finalement ça n'a pas continué parce que maintenant avec Domino, on peut être distribué partout dans le monde. Donc, du coup, on n’avait plus besoin d’eux.

OK, donc il n’y pas eu d'incident particulier entre vous…

Non, non, du tout. J’espère que Ken n'est pas trop triste à ce sujet là, c’est quelqu'un de très bien. Si l’on devrait être sur un label aux Etats-Unis, ce serait Aesthetics, sans aucun doute. Mais, il faut comprendre que pour nous c’était plus simple de rester chez Domino. Ca a été un peu dur de lui dire non, car il avait beaucoup travaillé pour nous.

Et concernant vos collaborations avec des artistes d’Aesthetics ? Vous avez remixé Pulseprogramming

Oui, nous avons fait un remix d'un titre à eux qui va sortir cette année. C’est marrant parce que c’est un mix bizarre. Parce que leurs morceaux sont vraiment très électroniques et nous les avons tous simplement convertis en des chansons pop à base de guitares. Nous avons juste enlevé toute l’électronique et nous avons fait un équivalent sous la forme de guitares. On a vraiment juste fait ça et les mecs étaient asses surpris, du genre "uh, ce n’est pas très bizarre, non ?" et nous avons dû leur expliquer que parfois on aime ça aussi, adapter des titres "différents" vers des formules plus "normales". Ca va sortir cette année, je crois…

Et pourquoi pas d’autres collaborations avec des gens de Rocket Racer, par exemple ? Ou des gens comme Buck 65 ou Lali Puna…

Oh, Buck 65 est vraiment fort, j’aime bien ce qu’il fait… Ca pourrait être marrant, mais en réalité on ne pense pas trop aux collaborations. Beaucoup le font, collaborer avec d'autres groupes... nous, on n’aime pas tellement. On est plutôt timides !

Je ne crois pas tant que ça mais je ne n'insiste pas plus... Vous avez enregistré avec plusieurs artistes hip-hop, comme Themselves et cLOUDDEAD. On sait, grâce à votre site, que ce sont eux qui vous ont contacté en premier. Comment s’est passée la composition des titres dans ce cas là ? Et, pourquoi ne collaborez vous jamais avec des artistes issus du hip-hop britannique ?

Nous l’avons fait. On a essayé, du moins, avec un mec de Leeds, on a fait un peu de hip-hop, mais ce n’était pas bien. Nous ne trouvons jamais le bon MC. Nous avons tenté, mais c’est difficile de trouver les bonnes personnes. Parce qu’il nous faut trouver les gens qui veulent travailler comme nous. C’était différent quand cLOUDDEAD nous a contacté parce qu'ils nous connaissaient et ils voulaient travailler à notre façon. Tu sais, collaborer peut être bien, mais souvent ça ne marche pas. Parce que d’un côté les mecs ne captent pas ce que tu veux et d’un autre côté tu veux rester cool avec eux et… c’est difficile. Et nous, tu sais, on est un peu… enfin, on veut toujours faire tout à notre façon. (rires)

Vous êtes un peu autoritaires, donc ?

Oui, et Chris, lui, il est assez individualiste…

Toi et ton ton frère, vous êtes le noyau inaltéré du groupe depuis des années: êtes vous les seuls responsables du son de Hood? Comment se déroule votre processus d'écriture ?

Ca varie d’un album à un autre. Mais c’est principalement Chris qui arrive avec des idées.

Et quel est le point de départ: un sample, une mélodie?

Ca dépend, il commence normalement avec un sample ou une guitare, ou avec les deux, il y a toujours quelque chose du genre comme idée originale. Mais, on travaille de différentes façons. Pour The Lost You, on a samplé Robert Wyatt (NDLR: Gharbzadegi sur Old Rottenhat) et pour d'autres chansons on peut commencer avec un sample d'une bande que l'on va remixer après et ensuite, quand on a quelque chose de convaincant, on ajoute la rythmique. Nous nous efforçons d'emprunter différentes directions. Mais, c’est Chris qui commence, on peut dire que huit fois sur dix, il joue quelque chose pour moi, il me demande mon opinion et après on travaille dessus. C’est seulement après que l’on fait intervenir le reste des membres pour développer.

Et comment cela influence-t-il l’incorporation ou la disparition de membres temporaires du groupe ?

Nous choisissons soigneusement les gens de façon à ce qu’ils s’adaptent sans problèmes. Ils peuvent apporter quelque chose, mais il leur faut accepter le groupe et le fait qu’ils ne peuvent pas commencer à changer des trucs.

Oui, vous sonnez toujours Hood malgré votre évolution constante…

Voilà, nous essayons de garder ça. Mais le dernier album, c’est presque un album de groupe, Chris et Steve ont beaucoup travaillé ensemble.

Pardon, Steve ?

Le batteur. Il est avec nous depuis quatre ou cinq ans. Et je crois que le prochain album sera plus un album de groupe. Parce que nous ne l’avons jamais fait, sauf pour Rustic Houses, Forlorn Valleys où tout le monde a contribué à l’album.

Que peux-tu nous dire sur le fait de garder les paroles "top-secret" ?

Oui, les gens se plaignent souvent sur le site. Mais, disons que d'un point de vue basique, je trouve que si tu mets à disposition tes paroles, c’est comme regarder un film avec le script en face. Je crois que ça enlève tout et je veux que les gens essaient de deviner ce que ça pourrait bien signifier. Ce qu'une chanson signifie pour quelqu’un, c’est ce que la chanson signifie vraiment...

Finalement, vos chansons gardent elles une relation avec leurs titres ? Personnellement, j'étais impressionnée par The Leaves Grow Old, Die and Fall sur Rustic Houses, Forlorn Valleys. J’avais trouvé cela précieux comme titre et après avoir écouté le morceau et bien que je ne comprenais pas la plupart de ce que vous disiez, je pouvais associer la musique au titre isolé. Souhaitez vous que les gens réagissent de la sorte ou y êtes vous indifférents ?

Je ne veux pas être trop évident. Je ne peux pas dire de quoi traite un morceau. Ca revient sur ce que l’on disait tout à l’heure sur la signification personnelle d’une chanson.

Alors, ont-elles quelque chose à voir avec les titres ?

On met les titres à la fin (rires)

Ok, j’ai compris. Je vois comment ça marche. Vous tournez très peu? Vous ne vous sentez pas à l’aise sur scène ?

Le live, c'est chouette. Mais tourner signifie aussi voyager et être loin de chez soi. C’est une impression personnelle. Je me sens bien sur scène, mais c’est dur. Voyager, être loin de ta famille et de tes amis. Tout particulièrement pour moi... pour le reste du groupe c’est plus facile. Et je pense aussi que quand tu joues trop les chansons, ça devient un job.

Elles s'usent, ça devient routinier en quelque sorte ?

Oui et je ne veux pas penser que Hood, c’est un job. Parce que c’est quelque chose que j’aime et dont j’ai longtemps profité, et je ne veux pas arriver au point de le détester. Je ne veux pas le faire comme une activité à plein temps.

D’ailleurs, tu fais quoi comme travail ?

Je travaille dans un magasin de disques. Je crois que c’est important de garder les pieds sur terre. Parce que sinon, tu risques de rester confiné dans ce monde là. Quand on est allés aux Etats-Unis où tu te retrouves au milieu du monde de l’indie, du "rock and roll world" alors tu commences à te poser des questions et c’est important de rester en marge. En fin de compte, c’est juste de la musique…

Juste de la musique… Ca fait beaucoup !

Oui, je sais mais je m’éclate tout simplement en faisant cela et je ne peux y penser en terme de carrière à plein temps. C’est dur de prendre certaines décisions, des initiatives comme "il faut tourner, aller vendre notre musique aux gens", etc.

Vous n’êtes pas du tout obsédés par les ventes ?

Non, je n'en suis pas capable. Nous essayons de vendre le mieux possible. On veut que les gens achètent nos albums, mais tout ce boulot de marketing avec des slogans, je ne peux pas aller vers les gens avec des phrases "cet album, c’est la quintessence, etc". Nous essayons de vendre notre truc, sans plus.

Vous jouez prochainement au Rhâââ Lovely Festival, en Belgique. Est ce que c'est un festival qui vous attire ?

En fait, Michael nous demande d’y aller jouer tous les ans et on ne peut jamais. Ca fait maintenant trois éditions qu’il essaie de nous inviter et à chaque fois, ce n’était pas possible. Toutes les années, on se retrouvait contraints de dire non et finalement ce coup ci, on y va. On est très contents.

C'est surprenant de constater que vous avez fait de gros efforts concernant les arrangements et le son, et que parallèlement, vos clips continuent à garder ce côté lo-fi, "fait à la maison"... Est-ce un clin d’œil volontaire à vos origines ou est-ce arrivé juste comme ça, par hasard ?

Oui, c’est fait exprès. Nous aimions faire la musique à la maison et maintenant on ne peut plus. Donc, d’une certaine façon, on essaie de conserver cet esprit original dans les clips.

A propos de vos projets parallèles, vous teniez une sorte de salle de concerts-night club, non ?

Nous ne le faisons plus. A l’origine, c’était censé être un endroit où les gens pouvaient aller boire et jouer, et nous aussi. Mais cela nous ennuyait à la fin. Sinon, je donne un coup de main à un label, Misplaced Music. En fait, Hood prend beaucoup de temps... parce que nous faisons presque tout nous-mêmes.

Pourtant, vous êtes chez Domino… ça devrait être leur boulot à eux !

Oui, mais ils nous adressent vingt mails par jour, il faut tout organiser, jouer… Sarah –de Misplaced Music– nous aide un peu.

Depuis quelques années, tout le monde vous associe à une "scène post-rock britannique", incluant des groupes tels que Mogwai, mais il me semble que vous avez réussi à vous débarrasser de toute étiquette. On peut toujours parler selon toi d’une scène post-rock ? La trouves tu intéressante ?

On n’a jamais essayé d'appartenir concrètement à une scène. Parce que ces choses vont et viennent, et quand les étiquettes meurent, les groupes meurent avec. Tandis que nous, nous pouvons continuer. On n’a jamais dit qu'on était un groupe de de post-rock, donc, maintenant que cette catégorie semble avoir disparu, nous pouvons passer à autre chose et continuer.

Vous êtes Hood tout simplement.

Voilà, pour moi, l’exemple parfait, c’est un de mes groupes favoris, The Fall. Ils ont commencé en tant que groupe de punk il y a 25 ans, mais ils sont beaucoup plus que cela, ils sont géniaux et tout simplement The Fall: ils ne font pas un style spécifique de musique. Il est impossible de les classer quelque part et ils ne seront jamais démodés. Tu sais, nous, on est vraiment influencés par eux.

Plein de gens ont à présent l’impression que rien de nouveau ne sort des îles, je veux dire, que les groupes britanniques, normalement réputés pour avoir un son bien singulier, font la même chose depuis quelques années, comme s'ils étaient entrés dans un cercle vicieux. Qu’est-ce que tu en penses ? Quels groupes vont marquer une évolution du son britannique d’après toi ?

Pas mal de groupes actuels m'ennuient. On n’arrive pas à trouver des groupes que l’on aime vraiment... J’écoute Prefuse 73, Boards of Canada, Aphex Twin... XTC, Raincoats, des groupes de la fin des années 70. J‘aime les groupes qui essaient de sonner "différent".

Sont ils tous nécessairement liés à l'électronique?

Non. En fait, les gens pensent souvent que la musique électronique est toujours futuriste, mais elle ne l’est pas du tout. Certains artistes ont fait de l'électronique dès les années 60, donc ce n'est pas futuriste du tout. Nous, on essaie de trouver quelque chose qui sonne "différent", mais c’est difficile de trouver des groupes qui se conduisent de cette façon. Je n’aime pas la façon dont les choses se déroulent actuellement en Angleterre, parce que les gens ne vont plus vers l'avant-garde, les choses différentes... ils se fichent de tout ce qui n’est pas "The next big thing".

Vous avez récemment joué à l’ATP Festival. Si vous pouviez programmer une édition, qui inviteriez vous ?

Oh, mon Dieu ! Question difficile, je n’y avais jamais pensé. The Slits, Robert Wyatt, Disco Inferno, XTC, Bark Psychosis, Talk Talk… laisse-moi réfléchir, qui est encore vivant? Oh, merde, ils sont tous morts ! The Raincoats, Young Marble Giants... Pylon (ils viennent des Etats-Unis, ils sont originaires de la Géorgie, comme REM).

Deux questions encore à propos de votre label. Domino n’était pas intéressé pour sortir votre compilation de singles ?

Nous voulions le faire nous mêmes. Nous leur en avons parlé et ils ont été d’accord. Nous n’avions pas envie d’avoir à répondre des tonnes des questions sur des choses que l’on a fait il y a très longtemps, donc nous préférions le faire nous-mêmes. Et je ne sais pas s’ils étaient vraiment intéressés pour le sortir. Nous leur avons juste demandé de nous laisser le faire en dehors de Domino et ils ont dit "ok".

Alors, apparemment vos relations sont très bonnes. Vous êtes libres ?

Complètement. Nous pouvons enregistrer des albums, des EPs, des singles pour différents labels. La seule chose que l'on n’a pas le droit de faire, c’est de donner tout un nouvel album à un autre label. A chaque fois qu'on leur à demandé de faire un truc ailleurs, ils ont été d’accord et ils nous ont même poussé à le faire. C’est génial, vraiment cool.

Dernière question à propos de l’artwork ? Vous vous en occupez ?

Oui, nous nous en chargeons, personnellement. Nous faisons les photos et je crois qu’elles fonctionnent très bien, beaucoup de gens nous en parlent.

Merci bien pour ton temps et bon concert.

C’était un plaisir ! Merci.

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Hood... et Jandek (en photo sur la guitare)

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