Lou Barlow

License to confuse

» Interview

le 06.11.2005 à 06:00 · par Eric F.

Interview dans les loges de l'Olympic puis au restaurant avec le chaleureux Lou Barlow qui revient sans détours sur Sebadoh, Folk Implosion, Dinosaur Jr et sa (longue) carrière solo.

Qu'est ce qui t'as fait enregistrer à Nashville avec Mark Nevers ?

J'ai beaucoup aimé le son de Master & Everyone de Bonnie Prince Billy. Un jour, Laurence Bell (le patron de Domino) est passé me voir pour parler de mon prochain disque et c'est lui qui m'a suggéré de le faire avec Mark Nevers. Ca m'a semblé être une bonne idée et puis j'ai aussi un bon ami qui habite Nashville, c'était une bonne raison pour sortir un peu de chez moi. Le studio de Mark se trouve chez lui, c'était assez cosy.

Emoh est beaucoup plus basé sur les instruments que Master & Everyone cependant.

Oui; si certains sons se ressemblent, je pense que ce sont quand même deux disques très différents.

Irais tu jusqu'à dire qu'il y a une touche Mark Nevers ?

Je ne sais pas trop, j'aime beaucoup le son du disque tout comme j'aime les autres disques qu'il a produit, même s'ils ne se ressemblent pas tous. En tout cas, j'ai été très content de travailler avec lui.

Tu as mis dans la pochette que ce disque est le deuxième volume de Sentridoh. Pourquoi l'as tu sorti sous ton propre nom ?

Je crois que c'est ce que tout le monde voulait que je fasse. Par "tout le monde", j'entends ma femme, ma mère, les gens qui sortent mes disques... J'ai décidé de les écouter (rires).

C'est un grand changement pour toi ?

Oui, en effet. Je n'aime pas trop utiliser mon propre nom, mais comme ça a l'air de marcher...

Ca fait quand même longtemps que tu joues seul en parallèle de tes différents groupes...

C'est vrai, j'ai commencé à faire des tournées en solo en l'an 2000 quand John Davies et moi avons terminé One Part Lullabye en tant que Folk Implosion. John a quitté l'aventure à la minute où le disque a été mis en vente (rires). Comme on avait pas mal de concerts de prévus, j'ai fini par les faire tout seul. Après, il y a eu quelques trucs avec Sebadoh et The New Folk Implosion, mais j'ai continué à faire des tournées en solo. C'était vraiment étrange quand j'ai commencé à le faire, mais maintenant ça va mieux. Je suis plus à l'aise.

Ca fait longtemps que tu utilises des boucles sur ces concerts ?

Je le fais de temps en temps, je l'avais fait pour cette pseudo tournée de Folk Implosion. Ca marche plutôt bien mais je ne suis pas très fan de ça, même si c'est vrai que Jason et moi avons utilisé une boîte à rythmes pour la tournée de Sebadoh l'été dernier. J'ai quelques gadgets sur cette tournée mais que je contrôle chaque soir, rien n'est figé. Je me sers de choses qui peuvent changer d'un soir à l'autre, plutôt que d'avoir à suivre un rythme strict, ce qui me rend dingue.

Tu aimes changer ta setlist tous les soirs ?

Oui, je le fais très souvent. Il y a des morceaux du dernier album avec lesquels je suis très à l'aise donc je les joue tous les soirs. Après trois ou quatre morceaux, je fais le reste du set au pif, en dépendant aussi de ce que les gens veulent entendre. S'ils ont le courage de me demander des morceaux (rires).

Ca ne te gêne pas de jouer des vieux morceaux ?

Non, pas du tout, j'adore ça.

Ca n'est donc pas que pour faire plaisir au public ?

Non, ça me plaît aussi à moi. C'est rare que je joue des morceaux que je n'apprécie pas (rires). Si je n'aime pas un morceau, je ne vais pas me souvenir de comment le jouer, c'est ma façon de fonctionner. Il y a des morceaux qu'on ne peut pas me forcer à jouer puisque je ne sais plus jouer ceux que je n'aime pas !

En parlant de ça, y a-t-il une chance pour que tu joues Spoiled ce soir ?

C'est marrant, j'y ai pensé cet après midi ! Ca fait pas mal de temps que je ne l'ai pas jouée mais ça serait une bonne idée que je m'y remette. Je suis obligé de la jouer avec un accordage très particulier, ce qui fait que j'en ai souvent livré des versions atroces, mais il y a des chances pour que tu l'entendes ce soir (rires).

Ta musique semble très instinctive, est ce que tu composes facilement ?

Si par facilement tu entends rapidement, alors non. C'est facile pour moi parce que je laisse les morceaux venir et ça prend en général beaucoup de temps. Certains morceaux sur Emoh ont plus de cinq ans ! Il y a très souvent des périodes où j'écris beaucoup de morceaux mais la maturation est souvent longue. Il y a une chanson sur laquelle j'ai passé un an rien que pour en écrire un couplet ! Il y a aussi le cas de morceaux que je pense terminés et trois ans après je lui trouve une partie supplémentaire ! Je pourrais m'asseoir et me forcer à finir mes morceaux mais j'ai déjà fait ça quand j'étais plus jeune. Tu as la satisfaction immédiate d'avoir fini quelque chose, mais j'ai passé ce cap. Comme je le disais, pour chanter des chansons et m'en rappeler, il faut que je crois en elles. Avec l'âge, je ne fais plus trop confiance aux réactions immédiates. Je dois me préparer un plan de survie plutôt que de réagir en étant triste, il me faut une philosophie pour me mener à travers tout ça. Les chansons doivent correspondre avec cette philosophie. J'écris un peu ces chansons comme des prières pour moi-même (rires). Il me faut donc beaucoup de temps pour écrire des chansons, mais ça me semble être une façon naturelle de faire pour moi.

Et Mary, c'est aussi une prière ?

Oh, oui (rires). C'est une sorte de prière en réponse au fait d'avoir été élevé comme un catholique.

Caterpilar Girl a déjà été publiée sur un single de Folk Implosion et tu as déclaré sur ton site que tu voulais lui donner une autre chance. Penses tu que ta musique soit en général mal comprise ?

Je ne sais pas si elle est incomprise, je crois surtout qu'on l'ignore (rires). Je ne sais pas trop... Je crois juste que les gens s'en foutent. J'ai beaucoup changé d'orientation dans ma carrière et je ne pense pas avoir gardé beaucoup de fans. Il y a beaucoup de gens qui m'aiment dans Sebadoh et qui ne connaissent absolument pas Folk Implosion. D'autres gens qui savent que j'ai été le bassiste de Dinosaur Jr mais qui ignorent que je viens de sortir un album sous mon propre nom. Beaucoup d'artistes ont des idées sur l'intégrité artistique comme "je ne sortirai jamais de disque avec un tel son de batterie", ils érigent toutes ces règles, moi je préfère fonctionner sans. Mon intégrité se fonde entièrement sur mes chansons. Mais il n'y a absolument aucune règle pour ce qui est de leur accompagnement. C'est intéressant mais le côté négatif, c'est que les fans de rock indé semblent être très concernés par ces histoires d'intégrité et de consistance. J'ai essayé de l'éviter en changeant souvent de nom. C'est ce que Will Oldham fait souvent aussi mais il restera toujours Will Oldham, on peut toujours s'attendre à une certaine texture sur ses disques.

Tu trouves ? Je ne pense pas que Master & Everyone et le Palace Greatest Hits soient si proches ?

Mais ce sont tous les deux des disques de country ! Ils sont tous les deux ancrés dans un style similaire. Je pense que son style est assez consistent, ce qui n'est pas mon cas. C'est assez intéressant car c'est comme si je détruisais ma crédibilité auprès de mes fans.

Tu penses ?

Oui, avec beaucoup d'entre eux (rires). C'est mon expérience, les disques ne se vendent pas super bien. Si tu compares avec Will Oldham qui a commencé un petit peu après moi, il a réussi a garder son pic de notoriété, ce qui n'est pas mon cas. La consistance de sa vision artistique lui a permis de grimper progressivement. Moi, je suis presque rendu au point auquel j'étais quand j'ai commencé ma carrière.

Tu penses que tu payes le prix de ta liberté ?

Oui, je pense. Mais cela ne veut pas dire que les gens qui ont des règles ne sont pas libres. Ma conception de liberté est de ne pas être lié à un seul style même s'il me semble que tout ce que je fais sonne pareil (rires).

Tu dis ne pas faire des ventes terribles, mais il y a des morceaux que tu as écrit qui ont une importance capitale dans la vie de certaines personnes.

Ca m'est souvent arrivé qu'on me dise ça, surtout avec les morceaux de Sebadoh. J'en ai aussi fait l'expérience en tant qu'auditeur, il va y avoir un moment où un artiste aura une importance capitale à mes yeux et cela aura tellement de significations pour moi que je vais avoir du mal à me remettre au boulot. C'est très dur de recapturer le genre d'émotions qu'une chanson donnée peut t'avoir procuré. Quand tu écoutes une certaine chanson qui est très importante et que tu entends la suite... Dans le meilleur des mondes on devrait voir ça comme de la continuité, mais c'est rare. Et tout ça à cause des émotions que l'on a pu ressentir. En tant qu'auditeur, je pense que nous n'aimons pas les changements d'un artiste à qui l'on faisait confiance (rires).

Mais c'est normal d'évoluer !

Oui, c'est l'évolution. Ca peut avoir des bons côtés. Je trouve qu'il y a certains titres sur le dernier album où je sonne plus vieux. Je me rends compte qu'il y a des gens qui écoutent Emoh après avoir abandonné ma musique il y a des années : "Qu'est ce que tu as fait depuis tout ce temps ?" (rires). "J'ai jamais entendu parler de Folk Implosion, mais qu'est ce que j'aime Bakesale !" (rires). Je peux peut-être faire revenir certains vieux fans. Rameuter des gens de tous les différents coins. C'est ce que j'espère en tout cas et c'est aussi pour ça que j'ai utilisé mon propre nom sur le disque. Je crois que j'ai peut être rendu les choses un peu trop confuses.

En parlant d'évolution, on parlait de l'importance des chansons de Sebadoh qui parlaient beaucoup d'amours perdues ou impossibles. J'ai l'impression que ça se retrouve moins dans tes paroles désormais ?

Je ne sais pas... J'en vois quelques unes sur le disque pourtant, comme Home, Imagined Life. Ce sont des chansons qui parlent de peines de coeur, mais pas des miennes (rires). Je suppose que l'angle est différent. Je ne sais pas trop, en fait je crois que... tu as tort (rires). Par exemple Puzzle, non ? Je suis en train de me demander si tu n'as pas raison finalement...

Pour moi il y a une grosse différence avec un morceau comme Think par exemple où tu t'exposes beaucoup plus.

Oui ? Même pas Imagined Life ou Legendary Tragedy ? Je les trouve plutôt directes ! C'est assez intéressant que tu penses ça. Là où tu as certainement raison, c'est qu'une chanson comme Think évoque le début ou la fin d'une relation amoureuse alors que mes chansons englobent désormais un tout beaucoup plus large. J'essaie désormais de caser l'histoire entière dans chaque morceau (rires) plutôt que de traiter d'un seul moment. Bon, ça va, tu as peut-être raison alors.

Ouf !

Ceci dit je pense toujours que les chansons sont toujours directes mais peut-être un petit peu différentes. A mon avis, If I Could est une requête pour avoir du sexe, ça me parait plutôt direct (rires). Ca n'est pas Think, mais sur ce que je te disais tout à l'heure, tu peux écouter Think et te dire "Oh, ça c'est direct !" et ça te serait difficile de l'entendre sur d'autres chansons, mais je comprends. Il faut que j'aille manger, on peut continuer au restaurant si vous voulez.

J'ai entendu dire que la tournée de réunion de Sebadoh était destinée à lever des fonds pour pouvoir faire Emoh ?

Oui, c'est exact.

Et ça c'est bien passé ?

Très bien, enfin dans le sens où c'était vraiment très amusant à faire, mais j'ai fini par dépenser beaucoup plus d'argent qu'on m'en a donné (rires).

J'ai entendu quelques concerts de cette tournée et tu avais l'air de bien t'amuser.

A vrai dire, je l'ai plus fait histoire de rejouer avec Jason plutôt que pour faire de l'argent.

Le plus drôle, c'est que tu as déclaré ne pas avoir prévu d'enregistrer à nouveau en tant que Sebadoh.

J'ai dit ça moi ?

C'est en tout cas ce que j'ai lu.

Oh ? Les choses peuvent changer alors (rires). Il n'y a absolument aucun plan, ne t'excite pas trop vite, mais il se pourrait que l'on fasse d'autres disques.

C'est un secret ?

Ca n'a rien d'un secret puisque je n'arrive jamais à les garder pour moi (rires). Si ça en était un, je vous le dirai sûrement.

Ca ne te manque pas un peu l'alchimie que Sebadoh avait entre tes morceaux et ceux beaucoup plus durs de Jason Lowenstein ?

Un petit peu oui, mais comme il va bientôt y avoir la reformation de Dinosaur Jr je vais être servi ! Il y a des fois où j'ai vraiment envie de faire du bruit, de hurler et de jouer très fort.

Tu n'auras sûrement pas l'occasion de jouer des morceaux très doux.

Je pense que les morceaux de Dinosaur Jr le sont à la base mais la livraison l'est moins.

Comme si Neil Young faisait du hardcore ?

Oui, ça peut être comme ça des fois !

Comment en êtes vous arrivés à vous reformer ?

Jay Mascis et moi avons tous les deux A.J. ici présent comme manager. Nous avions plusieurs liens, comme ma mère ou A.J. Jay a une agence de management très agressive, ils ont décidé que Dinosaur Jr allait se reformer et voilà, ils l'ont eu ! C'est un peu incroyable.

D'un autre côté j'imagine mal Jay Mascis réagir...

Jay ? Oh, sûrement pas (rires). Moi non plus ceci dit, ce sont vraiment des forces extérieures qui nous ont réunis.

Vos relations se sont améliorées ?

Oui. Il semblerait qu'il me respecte désormais (rires).

Il ne t'en a voulu d'avoir écrit The Freed Pig ? (NDLR : Lou Barlow écrivit ce morceau juste après s'être fait virer de Dinosaur Jr par Jay Mascis. Lequel se mange une volée de bois vert dans ledit morceau)

Pour être tout à fait franc, je crois que Jay n'a jamais rien écouté de Sebadoh, ça ne m'étonnerait pas qu'il n'ait jamais entendu parler de ce morceau (rires).

Vous avez prévu de sortir un nouvel album ?

Je crois qu'il serait ridicule à ce point d'y penser : il va déjà falloir que l'on voit si l'on est capables de rejouer les vieux morceaux ensemble. C'est assez bizarre, cette incarnation de Dinosaur Jr est très intense. On s'entend bien, ce qui a toujours été le cas dans un certain sens (rires). Il y a parfois des complications...

Je vous ai vu jouer The Lung pour votre première apparition télé à un talkshow américain. Il parait clair que tu as beaucoup mieux vieilli que J Mascis...

Merci beaucoup (rires) !

C'est beaucoup plus dur de l'interviewer, lui...

Tu sais, c'est vraiment sa façon d'être, ce n'est absolument pas une pose.

Trop de beuh ?

Oh, non !

J'ai quand même lu plus d'une fois que c'était un gros fumeur.

Ca n'a duré qu'une courte période. Il m'a dit il n'y a pas très longtemps qu'il avait pris une grosse cuite, j'y croyais à peine : "Tu t'es saoulé avec quoi Jay ?" (rires). Il est vraiment comme ça naturellement, je crois qu'il n'y en a qu'un comme lui.

Est ce vrai qu'il a formé Dinosaur Jr après s'être pris un râteau avec Uma Turman ?

Qu'est ce que c'est que cette histoire (rires) ? Je n'en ai jamais entendu parler. Ceci dit, ça n'est pas impossible puisqu' Uma allait à la fac avec nous. Son père enseignait là-bas, tout comme celui de Murph. Maintenant que tu m'en parles, ça ne me parait pas impossible du tout (rires). Je n'ai pas pu trop suivre cette histoire, j'ai vite arrêté la fac. Mes parents, qui n'avaient pas trop de moyens, ont plutôt décidé de miser sur ma soeur (rires). Je ne peux pas te confirmer cette légende sur la formation de Dinosaur Jr mais il se peut qu'elle soit vraie. Sinon, Chloe Sevigny nous suivait partout quand elle était jeune, elle a vraiment été une fan hardcore. Je ne savais pas qu'on était un groupe glamour (rires).

Vous avez prévu de jouer en France sur cette tournée ?

Je ne sais pas. Je crois qu'on n'a jamais joué en France quand j'étais dans Dinosaur Jr, j'ai l'impression qu'il n'y avait aucun intérêt dans le groupe. Personne ne nous aimait. On a joué en Angleterre, en Allemagne, en Hollande... Je suis sûr que Jay a une théorie foireuse sur la France (rires). C'est le cas de beaucoup d'américains de toute façon.

A cause de l'opposition sur la politique américaine ?

Oui, mais même en général. Les gens ont cette attitude assez belliqueuse envers la France aux Etats-Unis. Ils trouvent les français arrogants. Je ne comprends pas pourquoi.

Moi, si.

Oui, mais je ne pense pas que les américains soient en position de donner des leçons. Ce que je déteste vraiment, c'est leur ignorance. En France, au moins vous faites semblant de savoir dans le pire des cas (rires). Il semblerait au moins qu'on accepte la nature humaine par ici.

Est ce que tu te sens concerné par ça musicalement ? Par exemple, on parlait tout à l'heure de Mary que tu as écrit en réaction à la façon dont tu as grandi.

Ce n'est pas vraiment pour aller à l'encontre de qui que ce soit.

Le morceau a du choquer pas mal de monde aux Etats-Unis, non ?

Je ne pense pas, vu que personne n'achète mon disque (rires).

Le fait que tu racontes avoir eu un bébé avec la vierge...

C'est juste ma façon d'essayer d'éclairer la vérité (rires). C'est juste une version alternative de l'histoire, je n'essaie pas vraiment de jouer le rebelle. Pour moi cette histoire est plausible, elle ne m'a pas l'air si radicale.

Je suppose que les rednecks pourraient le prendre comme ça.

Tu crois ? je suis assez peu en contact avec eux je dois t'avouer (rires).

En ce qui concerne Folk Implosion, tu as gardé le contact avec John Davies ?

Non, il ne m'a jamais recontacté après avoir quitté le groupe. Je crois qu'il a perdu beaucoup d'illusions avec le business de la musique. En plus, il avait des problèmes personnels très intenses, donc je ne le prends pas vraiment personnellement. Il était très très sensible et il n'a pas réussi à continuer. Je connais beaucoup de gens très sensibles, mais jamais à son niveau !

Qu'est ce qui t'as fait garder le nom de Folk Implosion pour The New Folk Implosion ?

Ma stupidité. C'est sûrement l'une des choses les plus stupides que j'ai jamais faite ! On jouait des morceaux de Folk Implosion, mais je voulais changer le nom. Et puis on a fini par m'en dissuader, je l'ai fait pour faire plaisir aux autres. Je l'ai aussi fait pour garder le même contrat de publication. En somme, je l'ai fait uniquement pour des mauvaises raisons. Ca a été un désastre même si j'aime bien l'album.

Il n'a pas grand chose à voir avec ceux que tu sortais avec John Davies.

C'était tout à fait différent ! Il y a peut-être quelques similitudes mais ma collaboration avec John Davies était si particulière que je n'aurai jamais du garder le nom de Folk Implosion. Je savais au plus profond de moi-même que c'était une erreur.

Ca a peut-être eu le mérite d'amener plus de gens à Folk Implosion ?

Non, même pas. One Part Lullabye n'a pas eu un énorme succès.

Votre pic a été avec la B.O. de Kids ?

Je dirai plutôt que c'était avec Dare To Be Surprised. C'est intéressant je trouve, il n'y avait aucun label sur le disque que j'ai le plus vendu. Si tu es fidèle envers le public indé, ils te seront fidèles. Si tu te mets à signer sur un gros label et que tu sors un disque super produit, les gens te diront d'aller te faire foutre.

En parlant de ça, que penses tu de Sub Pop ?

Je trouve qu'ils sortent d'excellents disques, mais ils se sont totalement lavés les mains sur Sebadoh. Je m'imagine mal qu'ils veuillent un jour sortir un nouveau disque de Sebadoh. Celle qui dirige Sub Pop désormais était une excellente ami, elle était très proche de Jay aussi. Elle partait souvent en tournée avec nous, elle faisait le roadie pour nous.

Sonic Youth a pourtant réussi à passer le cap en signant avec Geffen !

A vrai dire, je n'aime pas vraiment Sonic Youth (rires). Tout ce qu'ils font depuis, disons 1985 est instantanément chéri par la critique, les gens adorent ce groupe. Ils ont un bon nom, cette sorte de prétention expérimentale à mon avis... Ca fait des années que je n'écoute même plus leurs disques. Mais je les ai vus récemment en concert, c'était beaucoup mieux. Je les ai vus faire des concerts complètement foireux. J'aime beaucoup leurs deux premiers disques, mais pas du tout le reste. Ecoute Confusion Is Sex et Dirty, ce n'est pas le même groupe ! Confusion Is Sex sera cependant dans mon top 10 de tous les temps !

Tu mettrais quoi d'autre dedans ?

Oh non (rires)...

Je reformule, qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?

J'adore Animal Collective. Chez moi, j'écoute beaucoup de musique qui gardent mon bébé calme.

Tu écoutes des berceuses ?

Tu rigoles ? Même si elle est toute petite, elle est très attentive quand je passe du Black Sabbath (rires). Elle adore les Kings of Leon aussi.

C'est pour ça que tu as repris Ratt sur ton dernier album ?

Oui, en effet. Et j'aime bien la chanson à la base aussi.

Idem pour ta reprise de Shania Twain ?

Là, c'était plus pour m'amuser (rires). Sa musique est fondamentalement parfaite. Ses chansons sont absolument professionnelles.

Attention ton public indé s'en va encore un peu plus là !

(rires) C'est vraiment ce que je pense, sérieusement !

Tu as déclaré avoir le projet de faire un album de reprises de morceaux dance ?

J'y ai beaucoup pensé à une certaine période...

Ces chansons ont souvent une base très pop.

Bien sûr et c'est en général très bien fait. Je pense que c'est plus facile à faire avec des morceaux de heavy metal parce que les gens sont vraiment repoussés par le son et la furie. Moi aussi dans un sens.

Tu es toujours en connexion avec tous les musiciens de Louisville ?

A vrai dire, je ne les connais pas si bien que ça. J'ai toujours été un fan inconditionnel de Slint, mais Will Oldham et son frère Paul étaient beaucoup plus proches d'eux que je ne l'étais. Tu as déjà entendu la version originale de Riding où il a Slint comme backing band ?

Non, je ne savais même pas que ça existait !

J'ai assisté à l'enregistrement, cette version est purement incroyable !

Tu apprécies les groupes descendants de Slint ?

A vrai dire, je n'aime absolument pas tout ce que l'on appelle post-rock, je trouve ça extrêmement ennuyeux. Un groupe comme Mogwai par exemple, quel est l'intérêt ? On fait monter la sauce et on explose ? Ca ne me parle pas beaucoup...

Merci beaucoup pour ton temps. Y a-t-il quelque chose que tu souhaites rajouter ?

J'ai réfléchi sur ce que tu me disais tout à l'heure à propos des textes et je pense que finalement tu avais plutôt raison (rires).

(Entretien réalisé avec l'aide et le soutien d'Anthony D.)

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Lou Barlow (photo : Philipp Koenig)

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