Acetate Zero

Civilize the Satanists

» Interview

le 15.03.2006 à 06:00 · par Eric F.

Pour leur première interview au complet, Acetate Zero aura répondu à toutes nos questions, bravant courageusement les "tensions" internes, les vannes et les éclats de rires.

Comment a commencé Acetate Zero ?

Elsa : Au début, c'était Stéphane et Fabrice tous les deux, ils étaient très bons amis, d'ailleurs, ils le sont toujours...

Stéphane : Un peu moins quand même (rires). En 1997, Fabrice bidouillait sur quatre pistes et puis on s'est lancé sur des trucs inécoutables, mais on était contents.

Elsa : Il y avait des trucs très très chouettes, déjà. Stéphane jouait sur deux cordes à l'époque.

Fabrice : Par contre, maintenant, on est riches et on a plein de pédales !

Stéphane : Il y a toujours eu une complémentarité entre Fabrice et moi, on a toujours réussi à entrecroiser nos guitares, on s'est toujours suffi à nous-mêmes, je ne sais pas pourquoi ! Suite à ça, j'ai une petite copine, Elsa, qui faisait de la musique avec le groupe Clair et très naturellement on s'est mis à faire de la musique à trois. Un premier 45 tours et le premier album...

Fabrice : Après ils se sont mariés, j'ai été témoin et puis...

Stéphane : Ta gueule ! Ca, tu ne le mets pas (rires) ! Bon, suite à ça, tu as Joël qui est venu mais uniquement pour les concerts, et puis il est devenu membre permanent. Suite à une défection de Joël au Mofo, Laurent nous a rejoint et comme ça marchait très bien, on l'a gardé lui aussi.

Fabrice : Et il a un nom fascinant, il s'appelle Laurent Box. On pensait qu'il était d'origine anglaise alors que c'est d'origine...

Laurent : Espagnole.

Stéphane : Ca, je ne sais pas s'il faut le mettre (rires). Il y a une complémentarité, on allait dans le même sens. Il est arrivé quand Crestfallen était aux trois-quarts fait, mais il a quand même apporté un morceau. Ca fonctionne pas mal.

Vous dites que vous vous retrouvez au niveau influences musicales, mais j'ai l'impression qu'elles sont quand même très éclectiques ?

Stéphane : Oui, forcément. Tout le monde compose donc ça apporte des choses différentes. Avec Fabrice, on a une approche et une sensibilité liées à la fascination que l'on peut avoir pour la scène néo-zélandaise de la fin des années 80, début 90s, tout ce son... et après on a My Bloody Valentine en commun, des groupes à guitares, mais avec un son assez crade, lo-fi qui donne un côté assez pervers (rires). Une chose à dire, c'est que l'on nous a prêté une influence première, c'est à dire Hood. Mais quand on a commencé, pour nous, Hood c'était déjà "passé" dans le sens où on a décroché quand on a commencé. C'était à l'époque du premier sur Domino. Je m'étais retrouvé sur le premier album qui était très lo-fi et fortement influencé par la scène néo-zélandaise, c'était pas vraiment des accords qui exprimaient une mélancolie dingue. Ils sont devenus des amis très proches mais maintenant on trouve leurs concerts très fébriles et stériles.

Comment vous positionnez-vous par rapport aux groupes auxquels on vous compare tout le temps, genre Mogwai et compagnie ?

Stéphane : Finalement, on en écoute pas tant que ça. Je ne sais pas si on fait du "post rock", on a des éléments très Windy & Carl mais je crois que ça s'arrête là. En tant que groupe, quand chacun y met du sien... Je ne sais pas. Tortoise, il y a un album que tout le monde adore dans le groupe, Millions Living Now Will Never Die...

Je suppose que la comparaison est surtout faite à cause de la structure des morceaux ?

Stéphane : On a la moitié des morceaux instrumentaux et si l'on n'a pas d'approche vocale, c'est que l'on considère que le morceau se suffit à lui-même.

Elsa : C'est surtout qu'ils ne veulent pas trop chanter, eux, donc je suis la seule à le faire et ça ne sert à rien la plupart du temps parce qu'on ne m'entend pas. C'est surtout parce que nous ne sommes pas de bons chanteurs.

Stéphane : Ca dépend...

Elsa : On en met surtout sur les morceaux calmes.

Stéphane : On en met aussi quand ça nous parait évident. Mais il y a des morceaux qui ne fonctionnent pas avec de la voix. Quant aux instrumentaux, ce n'est pas forcément une montée avec un gros "booom" après. Mogwai, c'est l'orage et ça pète, nous c'est que dalle - tsunami (rires). On a des morceaux assez pop. Rothko est plus un groupe post rock, même s'ils ont une recherche expérimentale. Nous aussi, on peut avoir une telle approche, on aborde les choses naturellement avant de les triturer parfois...

Laurent : C'est vrai que quand on enregistre, on est pas mal limités par ce que l'on a.

Elsa : C'est aussi parce qu'on enregistre chez nous, pas en studio.

Stéphane : Plus maintenant ! On a une trentaine de pédales. Je voudrais pas claquer un kopeck sur un producteur lambda sur le dernier EP par exemple. Après, on a envie de passer à autre chose. Justement, on aimerait apporter d'autres instruments que l'on ne peut pas mettre avec le huit pistes, qu'on puisse évoluer vers de nouvelles choses. Par exemple, tu prends Late Night Session, on en fait en pagaille des morceaux comme ça. On veut garder une trame mélodique.

Un truc qui m'a paru assez paradoxal, c'est que sur la pochette du premier album, chacun avait son son de guitare bien défini alors qu'en même temps vous échangiez pas mal les instruments.

Stéphane : Tu t'en souviens toi ?

Fabrice : Ouais, moi j'ai "Satan Guitar".

Stéphane : Ben ouais, voilà, c'est un sataniste, Elsa avec sa voix d'ange, ça fait un milieu. Entre les deux...

Elsa : C'était une façon de décrire la façon de jouer de chacun. Moi je joue beaucoup en arpèges, je ne fais pas beaucoup de bruit. Stéphane, c'est un peu la guitare qui part en live.

Stéphane : Je suis un peu l'élément perturbateur.

Elsa : Et Fabrice...

Stéphane : C'est le rock. On a chacun notre son.

Fabrice : La Nouvelle-Zélande près de chez vous (rires).

Stéphane : Oui Fabrice a un son très rond, Elsa plus léché, plus carré.

Fabrice : Et puis, Laurent c'est la rigueur.

Elsa : Laurent, c'est la technique.

Stéphane : C'est vrai que techniquement, Laurent et Elsa sont au dessus. Fabrice et moi, on est peut-être un peu derrière le truc et ça ne changera jamais.

Laurent : Il n'y a pas de compétition non plus.

Stéphane : Non, mais je ne sais pas ce qu'est un sol et je ne saurai sans doute jamais.

Laurent : Tu as vu ? Tu ne fais pas une interview mais un débat (rires). Tiens, voilà Joël...

Ayant assisté à votre balance, j'ai trouvé assez frappant que c'est justement chaque touche personnelle combinée aux autres qui apporte l'identité du groupe.

Stéphane : On se tire un peu la bourre avec Fabrice niveau puissance de feu (rires) mais c'est vrai, chacun a sa patte. Même quand Laurent prend la batterie, sur Sure to Vanish par exemple, si elle n'est pas là, ça n'a plus rien à voir. Chaque élément est prépondérant. On discute à chaque fois. C'est le morceau qui décide quoi.

Justement ça se passe comment pour les morceaux que vous jouez avec des samples en live ?

Laurent : En fait, c'est très récent.

Elsa : On en utilise depuis la période où Joël ne pouvait pas jouer avec nous. On remplace ses parties par des samples quand on peut.

Stéphane : Ceci dit, il y a plein de morceaux que l'on pourrait refaire, mais on préfère utiliser de nouvelles idées.

Elsa : Moi, ça me plairait de l'utiliser plus mais après, est-ce que l'on peut trouver la place pour le faire ? Quand on joue en concert, c'est très bruyant, ça n'a pas grand chose à voir avec les disques. J'aimerais bien que nos concerts ressemblent un peu plus à nos disques.

Fabrice : Oui, mais ça, c'est difficile.

Il faudra mettre la guitare un peu moins fort...

Stéphane : A cause du grand con, là (son regard se dirige sur l'ingé son du groupe) ! Ca, tu le mets en gras.

C'est vrai que c'est souvent la mélancolie qui domine sur les albums !

fabrice : C'est la Nouvelle-Zélande !

Stéphane : Et les accords mineurs. Pas majeurs.

Elsa : C'est vraiment ce que l'on a envie d'exprimer.

Stéphane : Les disques qui nous ont marqués sont tous comme ça.

Elsa : Il faut dire aussi que l'on a essayé de faire des morceaux gais, mais ça ne marche pas. Donc on reste dans ce créneau.

Stéphane : On a fait deux reprises, une des Becketts et on a fait More Than Ever de Bedhead, ce ne sont pas des monuments de gaieté ! Je pense que c'est la musique qui reste beaucoup plus. Je veux bien prendre du skatecore, mais moi en bicross, j'ai jamais été bon, ça m'a toujours cassé les couilles. De la musique sombre dans le sens où au niveau mélodique, ça transparaît dans une atmosphère beaucoup plus... Bon, je ne vais pas faire un éloge sur ma saison préférée, mais c'est l'automne. C'est cliché... Ben ouais, fallait que je le dise, ça non plus, tu n'es pas obligé de le mettre mais du 15 septembre au 10 novembre je suis en état de grâce, je me sens un peu... C'est symptomatique d'un certain état d'esprit.

Comment expliquer le fait que vos disques sortent sur beaucoup de labels différents ?

En fait, on n'a jamais chercher à contacter les labels, envoyer des démos. D'une part, il y avait mon label, Orgasm, donc je m'en suis donné à coeur joie. Après, ce sont deux proches amis, Cyril de Arbouse, un label qui se démerde comme il peut et Dieu sait que c'est pas facile. Cyril est un seigneur ! Et puis il y a Fred de Intercontinental, il y a juste Softcore Paradise que le mec de Summerland voulait sortir mais ça c'est mal goupillé puisqu'il a fermé son label. Ce qui est marrant, c'est le label américain Drumkid Records qui a réédité Softcore Paradise. Le type est français, il a bougé là-bas et m'a contacté. En fait, on se connaissait mais il ne le savait pas encore quand il m'a proposé de le ressortir.

Elsa : Oh ?

Stéphane : Vous saviez pas ça ? Le type, il s'appelle John, il m'écrit en anglais, je pensais pas que c'était lui ! C'est bien plus tard que je l'ai appris. On n'a jamais cherché, comme pour Claire Records, il nous l'a proposé, une semaine après, on avait quatre morceaux. C'est aussi un label américain assez shoegazing. Pour ce projet, ils veulent sortir une série de 12" limités à trois exemplaires, seulement en vinyle. Pour nous, le vinyle est beaucoup plus sacré qu'un CD. Pour le prochain truc, il y a Arbouse sur les rangs. Cyril est un de mes meilleurs amis et ça se passe très très bien. On est biens avec lui.

Je me rappelle de l'époque où vous aviez sorti Softcore Paradise sur votre propre label et le disque avait bien fait parler de lui. Vu que l'album est sorti en très petite quantité (200 exemplaires), pensez vous que certains gens ont découvert Acetate Zero avec cette réédition ?

Stéphane : Oui, beaucoup.

Elsa : Surtout aux Etats-Unis.

Stépahne : On a du en vendre 600/700 sur un pressage de 1000.

Elsa : Bon, ça reste très modeste.

Stéphane : Oui, c'est microscopique, mais le CD a voyagé de façon internationale. Aux Etats-Unis... on peut le trouver au Japon... Crestfallen aussi d'ailleurs. On a une audience un peu plus ouverte par rapport à ça.

Justement, ça se passe comment à l'étranger pour la diffusion ?

Fabrice : On a des gros fans à Hong Kong.

Stéphane : C'était il y a deux ans, on nous a proposé un concert à Hong Kong.

Elsa : Non, à Taiwan.

Stéphane : Taiwan ! Par contre, il fallait les visas et tout le merdier... On n'a pas eu assez de temps et d'argent.

Elsa : A mon avis, c'était une grosse blague.

Stéphane : Non, ça n'était pas une blague. Cinq billets d'avions pour Taiwan...

Elsa : Pour la diffusion, ça marche beaucoup par relations, comme Stéphane avait son label Orgasm, il connaissait des distributeurs. Pour Softcore Paradise, tu avais des contacts en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis...

Stéphane : On est passés par pas mal de mail-orders aussi, ça reste dans un circuit assez fermé, on va dire. Déjà, à la fin des années 90, le vinyle ça n'intéressait plus grand monde. Cargo en avait pris, mais de manière détournée puisque c'était par les mecs de Hood.

J'ai un peu l'impression qu'il n'y a pas beaucoup de groupes qui vous ressemblent en France.

Stéphane : Avec un barbu comme ça (il regarde Fabrice), pour en trouver d'autres, il faut aller au musée (rires). Sun Plexus, sauf que pour les photos de presse, on ne va pas aussi loin, et puis on en a des plus grosses (rires). Je ne sais pas si tu es allé voir leur site, c'est assez...

Elsa : Enfin, niveau musical, ça n'a rien à voir...

Stéphane : J'avais sorti leur premier album sur Orgasm, à l'époque. On a peut-être le projet de faire un concert commun à Paris, mais ça, je n'en ai pas encore parlé au reste du groupe. On jouerait ensemble avec une performance théâtrale en même temps. Je me sens proche de Mils aussi... j'en oublie sûrement. Mais sinon, au niveau son, il n'y a pas vraiment cette approche.

Fabrice : Il y a Wintercamp (ndlr : le groupe de l'ingénieur du son d'Acetate Zero)

Stéphane : Ca, c'est plutôt pour mettre la main dans des culottes au coin du feu (rires). Nous, c'est plutôt des rasoirs dans le slip (rires)... Au niveau esprit, on aime bien les mecs d'Herman Düne qui ont une carrière émérite.

Elsa : En ancien groupe français, Carmine...

Stéphane : C'était un peu froid.

Fabrice : Et Clair (rires) ?

Stéphane : Berg Sans Nipple, aussi. J'étais assez proche d'eux, ils devaient remixer un morceau de Crestfallen mais ça ne s'est pas fait, ce qui à la rigueur n'est pas plus mal. Au niveau son, j'ai du mal à trouver...

Vous avez des projets après le Somehow About Perfection que vous venez de sortir ?

Fabrice : Tu vas nous le proposer ?

Elsa : On aimerait bien sortir un nouvel album.

Stéphane : On a plein de morceaux, la création n'est pas un problème pour nous, on est capables de faire plein de morceaux, après il faut que ça contente tout le monde. On doit déjà avoir quatre-vingts morceaux et quelques depuis le départ. On en a jeté pas mal aussi. Il y a des morceaux qui ont des distances discographiques aussi... Definition of Fall a été enregistré très vite pour une compilation, moi je serais pour la réenregistrer. J'ai mis cinq ans pour trouver la bonne partie de guitare. La version que l'on fait maintenant d'Infra Blast n'a rien à voir par rapport à celle du départ.

Justement, Infra Blast... c'est un clin d'oeil au Xmas Steps de Mogwai ?

Ca, on nous en parle tout le temps ! Ce morceau, j'ai dû le lancer en 96 ou 97 et je gratouillais ça et je trouvais que ça faisait très hispanique au départ. Lors de la première répétition où je l'ai joué, Fabrice est parti dessus, Elsa a trouvé des trucs, on s'est regardé... "Waow !". Mais en fait, non, pas du tout. Après, que ça ressemble, oui, mais c'est purement involontaire. Je l'ai peut-être écrit avant. Ou alors, ça m'a peut-être influencé sans que je le veuille. Dans mon esprit c'était un morceau hispanisant.

Elsa : Je pense que l'on a beaucoup de morceaux qui ressemblent à d'autres sans que l'on s'en rende compte, en fait. Ce n'est pas toujours évident de se renouveler et parfois ça peut poser des problèmes. Déjà, le groupe n'est pas la priorité dans notre vie, on a tous un boulot, c'est un loisir que l'on pratique à côté sans être assez assidus.

Et les tournées ne vous gênent pas trop à ce niveau là ?

Elsa : Là, c'est notre première vraie tournée donc on est super contents de partir. On verra en revenant si c'était une bonne idée ou pas...

Stéphane : Cette tournée, pour nous, c'est un peu des vacances. Ce n'est pas que l'on attend rien, mais très honnêtement, on ne va pas jouer devant pléthore de gens, on s'attend juste à se faire plaisir et à avoir un BON SON (regard vers l'ingé son), monsieur-Wintercamp-la-main-dans-la-culotte (rires). Sinon, il y a pas mal de fonctionnaires dans le groupe, ça ne change rien mais...

Fabrice : Hey ho, toi, tu bosses pas !

Stéphane : Oui, mais monsieur l'instituteur, faire une tournée hors vacances scolaires, hein, c'est un peu difficile... On voulait voir ce que ça fait de jouer un soir, et le lendemain... bon, c'est annulé (rires), et le surlendemain, alors tu rempiles et encore... Il y a toujours une frustration après un concert. Garder une certaine énergie et puis comme on s'entend très bien... parfois (rires), ça vaut peut-être le coup. On a assez de matériel pour tout faire, on a pas mal investi par rapport à ça. On est plus précis. C'est assez marrant quand on voit "Acetate Zero, groupe vraiment indépendant" : si c'était le cas, on ne ferait plus que des CD-Rs et les tournées, on en aurait rien à foutre.

Parce que pour toi, on ne peut pas être indépendant et partir en tournée ?

Stéphane : Si, si, tu peux, mais je prends aussi ça comme le fait de rester en vase clos. On a toujours fait les concerts que l'on nous a proposés, pas l'inverse, sauf cette fois-ci où l'on a un petit peu suppléé Cyril qui faisait le booking.

(La discussion part ensuite quelque peu en vrille, certains en accusant d'autres d'être des bobos, les loyers des membres du groupe sont évoqués, avant de dériver sur le catalogue Habitat).

Bon, on n'est pas sur ragot.fr ! Dernière question, tu parlais tout à l'heure d'un projet lié au théâtre, ça ne vous est jamais venu à l'idée de signer une bande originale de film ?

Stéphane : Ils ne sont même pas au courant (rires). Non, c'est un truc avec Sun Plexus qui jouent avec ce genre de choses, c'est une soirée où tout peut arriver (rires).

Et au niveau des films ?

Stéphane : Ecoute, non. On a deux projets qui pourraient répondre. Il y a un DVD de ballets de danse classique qui va sortir à Tahiti (rires).

Le rapport étant ?

Stéphane : Le rapport étant qu'ils vont utiliser trente minutes de Crestfallen dedans. Tant que c'est pas pour promouvoir l'UMP, pourquoi pas...

Laurent : Attends, on est au courant de rien, c'est quoi ces histoires ?

Stéphane : Mais si, je vous en ai parlé, et puis peu importe ! J'ai demandé cinq DVDs (rires). C'est Cyril qui a eu cette proposition.

Fabrice : C'est quoi ? Un documentaire sur Tahiti ?

Stéphane : Des ballets.

Fabrice : Et il y a trente minutes ?

Stéphane : Pfff, il y a trente secondes, j'en sais rien ! Sinon, on voudrait tourner un petit film et mettre de la musique dessus, juste pour nous et pour les internautes sur notre site. Ca nous plaît bien ce genre de trucs.

Il faudrait tenter avec les ballets en Nouvelle-Zélande !

Stéphane : Oui (rires). On a quand même des projets où l'on est instigateurs, on ne filera pas notre musique pour n'importe quoi. Là, pour les ballets, c'est trente secondes, le label qui a besoin de thunes récupère un petit chèque, tant que le projet reste sain, ça va. Il y a un truc dans ta chronique de Somehow About Perfection où tu dis que l'on a l'impression qu'un morceau naît en même temps que l'on l'enregistre et c'est exactement ça, on improvise pas mal. Je ne sais pas si tu connais Paloma, mais Laurent reste beaucoup bloqué sur le mysticisme païen, il croit beaucoup à la vingtième prise, moi à la première, donc il y a des débats. Pour lui, par la fatigue, tu as une sorte de grâce... Avec Fabrice, on est un peu foutoir... "Ah tiens, ça colle, ouais c'est bon". On peut aller très vite sur quelque chose et avoir une grâce que l'on n'aura plus du tout après. D'où l'incapacité parfois de recréer certains morceaux sur scène.

Vous voulez rajouter quelque chose ?

Stéphane : Je ne vais pas rajouter pour tout le groupe parce que j'ai beaucoup parlé, Fabrice aurait sûrement plein de petits trucs à dire, à mon avis, il y aurait pas mal de décollage à faire mais ça ne serait pas moins intéressant. Sinon, on veut vraiment continuer notre route parce que l'on croit en ce que l'on fait et voilà quoi... On n'a pas dit notre dernier mot à notre sens.

Merci pour votre temps et votre bonne humeur en tout cas.

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Acetate Zero (photo: H.Stahl)

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