Toboggan

Prêts pour le grand plongeon.

» Interview

le 10.10.2006 à 06:00 · par Gaëtan S.

Trois semaines après leur passage au festival Millefeuille, retrouvailles en forme de discussion avec Valérie, Maude et Jérémy de Toboggan. Histoire de découvrir ce qui se cache dans les montagnes suisses, petit aperçu du passé, présent et futur du trio ainsi que de la jeune et pétillante scène helvétique.

Pour commencer, on va parler de votre histoire, de vos deux albums. Donc vous avez fait deux disques en l’espace de trois ans (Picket Fences en 2001 et Still Gleams on Hummocks en 2004) et il y en a un qui va sortir l’an prochain. Ça fait donc un espace de trois ans entre chaque sortie. Ce délai est dû à temps normal de composition des morceaux, ou à l’envie de bien faire vivre chaque disque, de faire des tournées pour ensuite se remettre à composer ?

Maude : J’avais lu une interview de Tom Waits, qui a aussi de très longs délais entre les disques, qui disait simplement qu’après un disque tu as besoin un peu de te recharger, de vivre des trucs. C’est quand même tellement lié à ce que tu vis, à ce que tu penses et à ce que tu ressens qu’il y a toujours une sorte de grand délai où l’on est justement assez fatigué. Après entre temps on tourne et on a tous des vies assez chargées donc c’est aussi un peu un tout mais je pense quand même qu’il y a ce phénomène de devoir se recharger émotionnellement. Je trouve que cette explication colle assez bien à notre cas.

Valérie : Ouais et puis il y a aussi le souci de ne pas à chaque fois refaire la même chose. Je pense qu’on est un groupe très critique envers lui-même, ce qui n’est pas toujours une qualité. Ça traîne peut-être un peu mais c’est aussi le moyen de se remettre en question et puis de ne pas répéter les mêmes choses à chaque fois.

Entre les deux premiers disques il y a eu un changement de batteur. Ça s’est passé comment en fait, la transition ?

Jérémy : Je vais aux toilettes. (rires)

Valérie : On jouait avec un autre Jérémy pour le premier disque, il y a eu pas mal de batteurs auparavant, et en gros on a arrêté de jouer ensemble pour diverses raisons. On connaissait déjà Jérémy depuis un moment, il avait déjà enregistré un morceau à nous bien avant le premier disque et l’on aimait bien. C’était vraiment quelqu’un avec qui on avait envie de jouer et on lui a proposé.

Et ça s’est fait rapidement après que le premier soit parti ?

Valérie : Ca s’est fait un an et demi après la sortie du premier disque. En fait on a fait une tournée, après on a arrêté de jouer avec le batteur, et presque une année après on a commencé à jouer avec Jérémy. Ça nous a pris un moment pour reformer un vrai groupe.

Le troisième disque, vous avez déjà avancé dans la composition ? Vous avez déjà une idée de ce que vous voulez, une envie ? J’en avais parlé avec Jérémy lors de votre venue au festival Millefeuille et il me disait que vous voudriez peut-être changer la manière d’aborder la voix. Peut-être la mettre plus tôt dans la composition.

Valérie : Ouais, c’est possible. Je pense qu’on va rester toujours un groupe en bonne partie instrumentale et en partie voix. Moi en tout cas je suis assez partante pour chanter plus, j’aimerais vraiment développer ça. Maintenant ça ne sera jamais des morceaux qui seront vraiment construits comme des chansons avec des voix très présentes.

Vous avez déjà commencé à travailler dessus ?

Maude : On n’a pas d’idée très précise. On ne se dit pas qu’on va un truc qui sonne comme ci ou comme ça. Par contre on sait qu’on aimerait faire un truc un peu plus rock’n roll. Mais on se rend compte qu’on n'y arrive pas tellement. Ce qu’il en sort pour l’instant c’est que c’est encore plus sombre qu’avant.

Jérémy : Dans l’évolution du truc, il y a aussi de nouveaux instruments, Maude a une nouvelle guitare baryton et ça change la sonorité. On aura aussi peut être un clavier, des choses qui vont être possibles avec ça. Et ce sont des choses qui changent aussi la manière de voir les compositions et qui peuvent apporter aussi quelque chose de différent tout en gardant aussi une identité. Mais par exemple, le baryton, ça apporte quelque chose de complètement différent.

J’ai souvent lu à votre sujet, une histoire avec John Peel et je n’ai jamais réussi à savoir ce que c’était. Vous pouvez m’expliquer ?

Jérémy : Cette histoire, c’était Gentlemen qui avait sorti un sampler de tous les groupes du label et il avait été à une foire en Allemagne, une de ces messes et John Peel était présent et il en avait profité pour lui donner ce sampler. Et John Peel l’avait écouté et avait accroché sur certains morceaux, dont celui de Toboggan et il avait passé le morceau plusieurs fois le morceau dans son émission. Donc ça c'était chouette.

J’ai vu sur votre page Myspace que votre premier ami c’est Motorpsycho

Maude : Je ne sais pas de quoi tu parles (rires…)

C’est une influence ou un groupe que vous appréciez tous les trois ?

Maude : C’est un groupe commun pour les trois. Après c’est toujours difficile de séparer les influences de ce que tu écoutes.

Jérémy : C’est un peu des héros.

Valérie : Pour moi c’est le groupe le plus sincère dans ce qu’ils font. Ils font du rock qui tache et il n’y a pas de hype. Ce ne sont pas des stars à paillette ce sont des vrais. Ils ont un potentiel attachant comme ça qui est assez fort. On les suit depuis bientôt 10 ans.

Maude : Et il y a une chanson sur notre deuxième album qui s’appelle Trondheim

Ah ok, c’est donc pas une référence à l’auteur de BD ?

Maude : Non, ça aurait pu, mais c’est une référence d’où ils viennent.

La seule ressemblance que je vois, musicalement, avec Motorpsycho, c’est dans la technique du morceau. Essentiellement sur votre deuxième disque il y a un côté simple à l’écoute mais aussi quelque chose à aller chercher, Un jeu permanent entre les trois instruments. Ce qui fait qu’il n’y a pas qu’une vitrine mais aussi quelque chose derrière.

Valérie : C’est vrai qu’on est assez pointu dans les compositions. C’est-à-dire qu’on est assez lent pour composer un morceau. On s’arrête beaucoup sur les détails. Ça donne un truc qui est finalement assez technique mais on espère toujours que ça donnera un truc plus ou moins simple à l’écoute.

Et vous jouez beaucoup sur l’improvisation ?

Valérie : Pas du tout. Absolument pas d’impro. En fait, autant Maude que moi, on ne connaît pas du tout les notes sur la guitare. On connaît en gros les cordes à vide donc on ne peut pas dire qu’on fait un jam sur un La et qu’on passe après sur un Mi mineur. On est incapable de se lancer dans un truc pendant des heures jusqu’à temps qu’il en ressorte quelque chose.

Cette approche change pas mal des groupes post rock « classiques » qui jouent beaucoup sur le coté instinctif, l’émotion au moment de la composition.

Valérie : Ouais, nous c’est vraiment pas à pas, presque note à note.

Et vous composez tous ensemble ?

Jérémy : C’est quand même vous qui amenez principalement les idées.

Valérie : En général ça vient de Maude et moi et puis après Jérémy va se rajouter une fois qu’un début est posé. On va faire la base, Maude et moi, et après c’est un travail en commun.

Maude : C’est lié au fait que, pendant des longs mois, on s’est retrouvé sans batteur et qu’on était deux. On a appris à composer à deux, ce qui est, semble-t-il, une force et une faiblesse. C’est pour ça que l’on compose très lentement aussi, parce que chacune à son mot à dire et ça prend des heures. Mais d’un autre côté ça donne tout de suite un truc très construit.

Jérémy : C’est ce qui fait l’univers musical de Toboggan. C’est votre façon qui est hyper personnelle de composer. Parfois je ne comprends pas comment elles se comprennent. D’avancer pas à pas, il y a un truc… Moi je n’ai pas l’habitude de travailler comme ça. C’est super intéressant mais pas forcément facile. Ça apporte des choses différentes, ça amène à se poser des questions et puis à ressentir les choses différemment aussi.

Et tu sens que tu as ton mot à dire là-dedans ?

Jérémy : Ouais, c’est clair. Mais moi je n’arrive pas à tout dire de suite. Il me faut un moment pour me sentir à l’aise et dire quelque chose. Et là comme ça avance pas à pas il y a toujours un équilibre fragile mais qui fait partie du truc. Quelquefois je pousse des gueulantes… (rires)

Valérie : C’est aussi une manière de composer dans laquelle il faut essayer de ne pas être trop dur avec soi-même. On y va note par note, mais au bout d’un moment il faut arriver à se dire qu’on se lance et si ça ne marche pas, tant pis.

Maude : On n’a jamais le truc global, du genre une vague idée du morceau. Mais du moment qu’on a fait une partie, elle est finie. Et quand on arrive à la fin, c’est posé, on revient rarement dessus.

Jérémy : C’est incroyable à quel point tu peux trouver ça super fastidieux quand tu composes un morceau, quand tu le joues note après note. Mais après quand le disque est sorti et que tu le joues sur scène, tu te l’es approprié complètement différemment. C’est assez fou. Il y des trucs, tu t’imagines que tu ne t’en sortiras jamais et pourtant à la fin le morceau tourne. Tu es à l’aise et tu ne te poses plus la question. Et des fois tu te demandes par quel chemin tu es passé. Il y a des morceaux, on a mis des mois à les finir et maintenant ils sont presque évidents.

Valérie : ça comporte le risque de se perdre un peu. Après, il faut quand même réussir à poser le truc, essayer de l’enregistrer…

Vous vous enregistrez souvent en répétition ?

Maude : On a une mémoire de poissons rouges donc on s’enregistre pour se souvenir de ce qu’on a fait le jour d’avant.

Valérie : Pour le prochain album on va essayer de finir les morceaux, les poser, les enregistrer et quand même avoir une deuxième écoute avant de le finaliser.

C’est assez difficile de trouver vos disques en France. Est ce qu’il y a un problème avec la distribution ?

Jérémy : Il me semble qu’il y a eu une histoire de distribution qui a changé. Maintenant c’est Acropole qui distribue mais un temps il y a eu un problème.

Parce que Gentlemen ne passe pas par le même distributeur pour tous les groupes en France ? Parce qu’Honey for Petzi, on les trouve plus facilement.

Valérie : Mais eux, ils ont beaucoup de contacts là-bas. Ils sont aussi sur un label français en parallèle. Ils se sont donc assez rapidement placés sur la France.

Jérémy : Ils ont eu un contact très fort avec Chevreuil, ce qui leur a ouvert pas mal de portes, dont celle de Ruminance.

Et vous, jamais de contact avec la scène française ?

Valérie : Non, jamais. Nos premiers contacts avec la scène française ça a été avec Chevreuil, pendant deux dates ce printemps en Suisse.

Donc pas facile de trouver des dates sans contact. Comment ça s’est passé pour cette tournée ?

Valérie : En gros c’est l’Inca à Bordeaux qui nous avait demandé de jouer au printemps déjà. Tout de suite après c’est Millefeuille qui nous a contacté. Ce sont vraiment ça nos premiers contacts. À travers notre label on est plutôt directement lié à l’Allemagne. On a eu de la chance de tourner avec un groupe américain, Unwed Sailor, qui nous a fait jouer en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne… Après on a refait une tournée avec le groupe lausannois Favez en Allemagne et en Autriche, mais avec la France on n’a jamais rien eu.

Maude : Et puis il y a un gars qui s’occupe de nous en Allemagne. Il contacte les magazines, les radios et on n’a pas ça avec la France.

Valérie : On se réjouissait vraiment de jouer en France. Comme premiers contacts, c’était juste exceptionnel.

Donc cette tournée c’était plus une opportunité ? Ce n’était pas un truc programmé histoire de se dire « on tourne la page du deuxième album » ?

Valérie : Non, c’était vraiment une chance. C’est tombé à un moment auquel on ne s’attendait pas vraiment, vu qu’on est sur la fin de vie de ce deuxième disque. On pensait re-attaquer là-dessus au moment de la sortie du troisième disque.

Au concert au festival Millefeuille, tu n’as pas chanté pas sur la fin de We didn’t dive. C’est un choix, une difficulté technique ou une timidité par rapport à ta voix ?

Valérie : Le choix de la voix sur le disque s’imposait parce qu’on a fait un duo avec le chanteur de Parazit, qui est un groupe lausannois. Il a apporté l’idée de chanter à la fin, mais quand on la rejoue maintenant, pour moi en live ce serait une fin presque trop héroïque. C’est une manière de casser un peu ça, de rendre la chose moins lyrique.

Toboggan fait partie des premières sorties du label Gentlemen avec Honey for Petzi. Vu de France, vous êtes les deux groupes les plus en vue. Comment vous situez vous par rapport au reste de la scène suisse ? Avez-vous l’impression d’avoir un rôle de parrain de tous les groupes qui sortent actuellement ?

Maude : Au contraire, il y a eu des groupes bien avant nous qu’on appelle un peu nos grands frères. Des groupes comme Chewy ou Favez qui étaient là avant nous. Après, par rapport au label, effectivement Gentlemen a commencé avec Slope, Honey for Petzi et Toboggan, mais je ne pense pas qu’on ait un rôle de modèle.

Valérie : Peut être, on ne sait pas. Nous, a priori, on s’est toujours vu comme les petits frères et les petites sœurs…

Maude : …ceux qui viennent après.

C’est vrai que Favez, en France ils ne sont pas tellement connus.

Valérie : Eux, c’est vrai qu’ils sont plus tournés vers l’Allemagne et en France c’est vraiment Honey for Petzi qui ont ouvert les portes.

Maude : Ou dans un autre registre Houston Swing Engine. Il y a plus une scène française pour ce genre de musique.

Pour en revenir à l’image de parrain, Valérie tu as chanté récemment sur quelques disques de nouveaux groupes, comme Beautiful Leopard, Ventura mais aussi Honey for Petzi. Tu vois ça comme une sorte de reconnaissance ou simplement parce que tu es la seule fille dans le coin à chanter ?

Valérie : Ouais, je pense que c’est un peu ça en fait (rires). Il y a très peu de groupes dans ce style où il y a des filles qui chantent et ce sont tous des groupes avec qui on a un très bon contact. J’ai plutôt l’impression que c’est moi qui aie été parrainée. Je vois plus ça comme une sorte de chance pour moi de jouer sur Angel’s Camp (de Honey for Petzi, ndlr) par exemple. Après c’est surtout parce qu’on a un bon contact avec les autres groupes qu’on fait des choses ensemble. Je ne pense pas qu’on soit des parrains ou marraines. On est peut-être les représentants de ce genre de musique avec Honey for Petzi à Lausanne. Et étant donné que la scène lausannoise est presque la plus connue de Suisse dans le rock un peu indé, c’est possible qu’on ait un rôle, mais pas de là à avoir une renommée allant jusqu’à être des parrains. Le style de musique que l’on fait n’est quand même pas très répandu en Suisse.

Jérémy, tu joues aussi avec Rosquo...

Jérémy : Oui, c’est aussi un groupe assez jeune, on a sorti un disque. Le deuxième est en préparation. On va essayer de ne pas enregistrer en même temps.

Comment vous expliquez que cette scène suisse a du mal à s’exporter en France ? Si on prend l’exemple de l’Islande, qui est un pays de taille comparable à la Suisse romande, il y a une différence énorme de renommée.

Maude : On parle souvent du complexe suisse qui est justement de ne pas oser parler de soi, oser s’exporter, sortir un peu de chez lui. Il y a peu être plus d’envie de ça en Islande vu l’isolement. Et puis ils ont eu des parrainages assez célèbres aussi. En Suisse ce complexe est un peu en train de passer.

Finalement cette scène suisse est assez jeune…

Valérie : C’est quand même une scène qui est née d’un club, la Dolce Vita, qui a existé jusqu’en 99. Des groupes comme Chewy, Favez, nous ont montré qu’il était possible de faire un groupe et de monter sur une scène. Tout d’un coup c’est quelque chose qui est rentré dans notre champ des possibilités et c’est ça qui donne envie de faire ça. C’est donc une scène jeune qui doit faire encore quelques disques avant de vraiment d’être vraiment confirmés et s’exporter. Avant il y avait des groupes mais c’était très marginal.

Jérémy : Ceux qui ont réussi avant on ne savait pas qu’ils étaient suisses. Maintenant je pense que c’est en train de changer, on voit de plus en plus de groupes s’exporter. Et puis le marché suisse il est tellement petit, donc si on veut aller plus loin il faut…

Justement, vous ressentez ce besoin d’aller voir ailleurs ?

Tous ensemble: Ouais.

Jérémy : La Suisse en entier c’est vraiment minuscule. Et même si c’est hyper plaisant de jouer en Suisse parce que les conditions sont bonnes, on a envie aussi d’aller voir ailleurs. Mais c’est pas hyper facile, ça prend du temps.

Valérie : Favez qui tourne pas mal maintenant, ça fait quinze ans qu’ils sont là et ils ont fait quelques disques avant de pouvoir bien bouger.

Maude : En même temps il y a des groupes anglais qui jouent depuis six mois et qui font des grosses tournées, donc je ne suis pas sûr que ce soit juste un manque de confirmation. Toboggan ou même Honey for Petzi, ça fait quand même dix ans qu’on joue. Je ne pense pas que ce ne soit lié qu’à l’âge. Il n’y a pas les structures suffisantes, on n'a pas comme en France le statut d’intermittent du spectacle qui nous aiderait à passer plus de temps à jouer, à tourner… Il y a le côté un peu frileux suisse de dire que tant qu’on n’a pas plus de dates on ne lâche pas notre boulot. Et tant qu’on ne lâche pas notre boulot on n'a pas plus de dates.

Valérie : Il y a un moment donné où il faut réussir à décrocher mais tu décroches assez tard de ton boulot.

Maude : surtout quand tu vends 500 ou 1000 disques tu te demandes si ça vaut la peine. On ne peut pas en vivre du tout.

Jérémy : Du coup t’es vraiment obligé de bosser à côté et c’est pas facile de s’organiser pour prendre le temps de jouer. Même Favez continuent de bosser.

C’est vrai que le rock instrumental ne déplace pas les foules…

Jérémy : Tout à fait. Mais au-delà de ça, il n’y en a pas beaucoup en Suisse qui vivent de leur musique. C’est trop petit.

Valérie : On n’est peut-être pas prêt non plus à se précariser, comme dans d’autres pays, à faire un petit job qui ne nous plait pas.

L’image que j’ai de cette scène suisse, qui est peut-être fausse ou biaisée, c’est celle d’une certaine facilité à faire des concerts, à acheter du matériel. Donc à la base des conditions assez favorables à faire de la musique.

Jérémy : C’est vrai qu’il y a un pouvoir d’achat important. On a tous commencé sur des instruments pourris et l’envie d’aller plus loin nous a aussi poussé à investir dans du bon matériel.

Valérie : Ca ne veut pas dire que tu ne t'endettes pas. Moi ,pour ma guitare, je me suis quand même endettée. C’est une bonne guitare, mais j’ai quand même passé un an dans le rouge.

Vous avez participé à la compilation Rouge-Gorge*. Comment vous vivez l’engagement politique au niveau du groupe ?

Jérémy : Dans le cadre de la compilation c’était plus un sujet qui nous touchait vraiment. Ensuite, dans notre musique, on n’a pas envie de faire passer de message politique. Je pense que tu peux t’engager de manière personnelle, mais après on n’a pas envie de mettre le groupe en faveur de ça.

Maude : C’est ce qui nous a retenu au début, que ce soit affilié à un parti. C’était le bémol du truc. Nous c’était vraiment la cause qui nous a poussée à le faire. On ne peut pas prétendre être un groupe politiquement engagé.

Valérie : On sépare bien la musique de la politique. Personnellement on est assez, engagé au niveau associatif. Avec Toboggan, on s’est déjà engagé pour d’autres thèmes. On a participé à un concert gratuit pour l’égalité homme-femme à Luzerne. C’est vraiment du ponctuel. Si on peut ramener quelques personnes sur une cause qui nous tient à cœur, on le fera, mais pas très régulièrement.

Et la reprise de Sonic Youth, c’était pour le message ou plus pour le groupe ?

Jérémy : On aime bien tous Sonic Youth et puis ce morceau en particulier. Après il y avait le message dans le morceau qui collait bien.

Valérie : En même temps je ne suis pas sûre que le morceau soit vraiment du premier degré. Parce qu’il dit quand même « it’s a song I hate ». C’est possible qu’on ait pris le morceau au premier degré et donc c’est marrant aussi comme ça. Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment un morceau antifasciste. Je vois mal Sonic Youth faire un morceau antifasciste.

Jérémy : C’est sûrement plus fin que Rage Against the Machine, fuck the system.

Maude : Quitte à reprendre un morceau engagé, autant que ce soit un truc qui nous fasse plaisir de passer quelques heures dessus.

Ok, on arrive à la fin. Vous avez quelque chose à rajouter?

Valérie : Je crois que Jérémy avait quelque chose à dire.

Jérémy : Ha moi je n’ai pas à me plaindre, je suis si bien entouré (rires). Je suis avec deux filles qui cumulent toutes les casquettes, elles sont jolies, bourrées de talent.

Héhé, tu tiens à ta place maintenant !

Jérémy : C’est sûr, je vois les choses différemment maintenant. (rires).

* La compilation Rouge-Gorge est une compilation regroupant 13 artistes suisses. Toboggan y a participé en reprenant Youth Against Fascism de Sonic Youth. Une bien chouette version au demeurant. La compilation a été financée par la section vaudoise du parti socialiste en prenant position contre les lois sur l’asile et sur les étrangers. Ces deux lois, très restrictives, ont malheureusement été adoptées à une très grande majorité le 24 septembre 2006. Pour en savoir plus sur cette compilation, vous pouvez vous reporter sur les deux articles de Christophe Schenk. http://musique.typepad.com/musique/2006/08/rocknpol.html et http://musique.typepad.com/musique/2006/09/le_rougegorge_s.html

Merci à Eric et Christophe pour leur aide

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