Ghosting

Ghosts in the city of roses

» Interview

le 21.11.2006 à 06:00 · par Constantin D.

Comment le groupe s’est-il formé, d’où proviennent ses différents membres ? Comment avez-vous commencé à enregistrer, l'année dernière ?

Nous avions tous déjà joué ensemble précédemment dans diverses formations, au sein de la scène de la musique improvisée à Portland.

Le groupe est né vers novembre 2005. Nous avons commencé à enregistrer à la première répétition. Nous avons enregistré de diverses façons, généralement avec un micro stéréo quelque part dans la pièce, branché soit sur un laptop soit sur un baladeur minidisc. Parfois, on tirait le son directement de nos tables de mixage sur un MD. Par deux fois, nous avons emprunté le studio d’enregistrement d’un ami. Et tout ce que nous avons fait jusqu’à présent a été réalisé en une seule prise et sans overdubs. Nous avons coupé certaines pièces pour raccourcir certains passages, mais de manière générale, tout est publié comme ça a été joué.

Beaucoup de disques de Ghosting sortent d’un seul coup, 5 LP en moins d’un an… peux-tu préciser comment ça s’est passé ?

C’est surtout venu de gens qui nous ont demandé de sortir des enregistrements sur leur label. En général je dis touours oui, ce qui m’a d’ailleurs valu de me retrouver avec une charrette de deadlines. Mais je n’ai jamais vu aucune raison de refuser la proposition de quelqu’un voulant distribuer notre musique. D’un autre côté, on est devenus de plus en plus exigeants avec ce qu’on sort sur CD, et nous avons un peu ralenti le rythme pour l’instant. On se concentre sur le CD/LP à venir sur Marriage Records.

Comment se sont passées les premières tournées ?

Le groupe a en fait été formé tout juste pour la première tournée. Janice et moi avions décidé qu’il serait plus facile de tourner avec un nom de groupe, puisque nous avions du mal à nous faire booker sous nos propres noms. Ensuite, JP nous a rejoints et il est devenu clair que ce serait impossible d’avoir des dates avec trois noms à l’affiche, dans la plupart des villes. Alors Janice et moi avons commencé à repenser au fait que ça nous avait toujours manqué de jouer dans des groupes, des groupes plus pour jouer à la maison et pas uniquement cantonnés à des dates imposantes.

Comment avez-vous trouvé votre place dans la scène de Portland et son impressionnante population de groupes et de musiciens ?

La scène ici est très accueillante. Il y a à peu près trois ou quatre bons concerts chaque semaine, et généralement avec pas mal de monde dans le public. Avec de récents groupes qui ont emménagé comme Ilyas Ahmed, Grouper, Eye Myths, Dead/White, Bonus, et puis des gens qui sont là depuis un moment : Dead/Bird, Sisprum Vish, Doug Theriault, Daniel Menche, Jackie-O, Pulse Emitter, Yellow Swans… d’excellents artistes dans toute la ville, des salles très accueillantes, ça fait une scène très solide. Il n’y a pas vraiment de place à trouver : la majorité du temps, on joue pour des amis.

Comment le groupe fonctionne-t-il live ?

On s’installe devant notre matos et on commence. On voit où ça nous amène. Rien n’est jamais composé ou discuté au préalable. On joue beaucoup, alors parfois on sent où l’un ou l’autre se dirige, mais parfois non. Souvent aussi nous avons des invités, et on essaie de multiplier les collaborations au possible.

Les disques représentent donc assez fidèlement le son Ghosting en concert.

Eh bien, vraiment, la plupart du temps tout ce qu’on a sorti était live. Parfois en public, parfois non. La quantité de montage dépend des disques. En général on n’aime pas trop passer beaucoup de temps avec le son devant l’ordinateur, alors ça se limite souvent à un fondu in ou out, à raccourcir un peu la session. Il y a quelques morceaux sans aucun edit, et parfois on supprime aussi de mauvais passages.

A quoi ressemble un set de Ghosting ?

On utilise des guitares, un banjo, une cithare, un dan bau (NB : instrument vietnamien traditionnel à une corde), du chant, de l’électronique, une batterie, des objets divers, du feedback, des percussions – en fait tout ce sur quoi on peut mettre la main.

Comment en etes-vous arrivés à faire la musique de Ghosting, quel genre de parcours avez vous ?

Ah – tous mes premiers groupes étaient des groupes de punk. Le premier que j’ai commencé, au lycée, c’était après avoir entendu Crass et quelques trucs de Washington. J’ai joué dans des groupes de punk pendant tout le lycée. Ensuite, je n’ai plus joué pendant plusieurs années, et puis je suis tombé dans le field recording, et j'ai pendant plusieurs années travaillé uniquement avec ce genre de sources, et le logiciel Max/MSP comme unique instrument. Quand j’ai commencé à jouer en public avec cette configuration, je me suis rendu compte que le laptop était un instrument trop visuel, et que je voulais quelque chose de moins présent. Un ordinateur peut seulement faire ce qu’on lui demande, et il y a toujours un petit délai entre la commande et l’exécution. Alors je suis passé presque totalement à un set-up avec instruments et pédales, et parfois des field recordings sur cassette ou bande, ou Aif. Mais ce que je faisais avec le laptop n’était pas si différent de ce que nous faisons avec Ghosting. Et pour ce qui est de nos formations musicales, il n’y en a pas d’autres que les milliers de disques que j’ai écouté et les gens avec qui j’ai partagé des sets.

Quelles sont les influences principales de Ghosting ?

Mmh, les influences, c’est vraiment de tout. Tous les membres de Ghosting écoutent énormément de choses différentes. Pauline Oliveros, Chalk/Mirror, Kosugi/Travellers, Brast Burn, Renato Renaldi, et un peu de black metal, de folk primitif, Ornette Coleman, Coltrane, Albert Ayler, Nmperign, Belong, et puis je dirais que la plus grande influence ce sont les gens avec qui nous jouons, partageons des dates, et les autres groupes en ville. J’ai l’impression que nous jouons un peu tous ensemble à Portland. On glane techniques et sons les uns des autres. C’est ce qui fait que la scène d’ici fonctionne vraiment, et ce qui en fait une sorte de folk. Comme l’improvisation est toujours totale, les influences sont certainement là, mais très diffuses.

Est-ce que tu qualifierais Ghosting de noise ?

En ce qui concerne la classification – je dirais oui, bien sûr, ça rentre dans la noise d’une certaine façon, 90% des gens pour qui on joue seraient d’accord pour dire ça, je pense. Mais quand on me demande j’ai tendance à répondre qu’il s’agit de folk. Parce que tout ce que nous faisons dans ce groupe est appris les uns des autres, ou d’autres autout de nous. Différentes techniques de jeu échangées, différents styles et approches.

Notre philosophie est siplement de faire de la musqiue et la partager. Je joue aussi souvent que je peux, je dirais que faire la musique que l’idée, pour l’instant, est que Ghosting fasse la musique qu’il a à faire. Voyager, rencontrer des gens, partager un peu de musique, écouter de la musique.

Les membres de Ghosting ont-ils d’autres projets ?

Maintenant, pour ma part je me concentre sur Ghosting comme mon projet principal. JP a un million de petits projets en cours – il joue certainement avec au moins 3 groupes par semaine d’une façon ou d’une autre – chez quelqu’un ou dans une salle en ville. Janice fait en ce moment un break, j’espère qu’elle recommencera à jouer à un moment ou un autre. D’autres personnes qui ont joué dans le groupe pour des concerts : Jesse Durost, Adam Forkner, et Asa.

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