Pumice

Chansonnier bizarre

» Interview

le 24.04.2007 à 06:00 · par Benjamin A.

Stefan Neville (Pumice) est un musicien à part en Nouvelle-Zélande, son actualité est pour le moins chargée, d'autant qu'il vient d'être introduit chez Table of the Elements à seulement 32 ans. Avec une gentillesse qui a aussi construit sa réussite, il a accepté de répondre à quelques questions sur son parcours de chansonnier expérimental.

Est-ce que tu te souviens de tes premiers enregistrements, quand as-tu commencé ? Est-ce que c'était en solo ?

Je me souviens avoir enregistré des trucs avec ma soeur quand j' avais 10 ou 11 ans, on avait écrit une super chanson au sujet d'un hippy qui se faisait manger par un requin. Après cela, vers l'âge de 16 ans, j'habitais alors à Hamilton, Sugar Jon et moi avons emprunté une batterie et on a commencé à jouer ensemble, on se saoulait et on enregistrait avec des magnétophones. On était tout à fait conscient qu'on ne pouvait pas rien enregistrer sans influence, les nôtres étaient Xpressway, Flying Nun et le label Sleek Bott. Il y avait aussi un super label à Hamilton, qui s'appelait Orange Recordings, qui sortaient des trucs biens, comme Frybrain and Hand of Glory. La première cassette de Pumice, Yi-Jun, est sortie vers 92 ou 93 chez Plop Recordings qui était un label que je tenais avec des amis au début des années 90. Des gens comme CJA, Sugar Jon et Gfrenzy faisaient tous partie de ce "gang". On avait seulement des magnétophones, pas de 4 pistes. Je ne faisais rien en solo à cette période, Pumice était surtout un duo, parfois un trio et une fois on a joué à 5...

Quelles ont été tes premières influences ?

Mon père avait une super collection de disques, donc j'ai passé mon enfance à écouter Bob Dylan, Fairport Convention, The Who et il avait aussi London Calling des Clash, qui m'a vraiment coupé le souffle. Tout cela m'a mené petit à petit aux groupes de punk anglais pendant mon adolescence, qui m'ont mené à leur tour aux groupes de punk néo-zélandais, qui m'ont eux même mené à Chris Knox et à Flying Nun...Quand j'ai entendu Tall Dwarfs, la première fois à 13 ans. Je pensais qu'il n'y avait que des incarnations du diable pour faire des disques aussi bizarres, et après je me suis dit, moi aussi, je peux faire ça ! J'avais la chance d'avoir un bon groupe de copains avec lesquels j' ai commencé à faire de la musique. On ne parlait que du fait d'être saoul, hilare et catastrophique. Je me souviens précisément le jour ou les Axemen sont venus jouer à Hamilton, j'ai demandé à un ami s'il allait les voir, il a tiré la gueule et m'a dit "est ce qu'ils ne ressemblent pas à Grommet ?", Grommet étant le terrible groupe de poivrots dans lequel je jouais au même moment. J'ai pris ça comme le plus grand des compliments et je me suis dit que j'étais sur le bon chemin parce que les Axemen étaient vraiment spéciaux.

Tu fais plein de choses différentes, musique, dessin, tu diriges le label Stabbies & The Rockets... Tu peux dire quelques mots sur ces activités ?

Je produis principalement des comics et de la musique, et en ce moment davantage de musique. Je n'ai encore rien trouvé d'autre à faire, qui en vaille la peine ! Les comics sont généralement la collaboration "The City of Tales", avec Clayton Noone. On fait une super équipe. Et puis, je travaille aussi comme documentaliste en ce moment, car sinon je n'arriverais pas à gagner ma vie.

Dans une interview vidéo pour Millefeuille, Campbell Kneale (Birchville Cat Motel) nous disait que personne ne le connaissait en Nouvelle-Zélande. Est-ce que tu éprouves ce sentiment avec ta propre musique ? D'un point de vue extérieur la Nouvelle-Zélande paraît tellement active...

Campbell exagère un peu je crois. On ne passera pas à la radio ou à la télévision, ça c'est sûr, mais il y a quand même un petit public pour cette musique, les concerts de Birchville Cat Motel marchent vraiment bien. Pumice a joué dans des lieux assez réputés, et depuis assez longtemps, donc je suis un peu connu même si c'est d'un tout petit pourcentage de la population. Vous avez de la chance si vous arrivez à vendre deux cents Cds ici. Ca me va, je m'en fiche... Le passant dans la rue ne nous connait pas mais il ne nous connait pas plus qu'il ne connait le Velvet Underground !

Tu joues de la batterie dans Chris Knox & The Nothing, quelle importance a eu Chris Knox, justement, pour toi ?

On doit tous beaucoup à Chris je pense. C'est un homme bon, il a été très bon à mon égard. Jouer avec lui est simple et vraiment un plaisir. On vient juste d'enregistrer un nouvel album ces derniers jours.

Est-ce que tu pourrais parler un peu de tes diverses formations et des différences entre Pumice et les rencontres avec Antony Milton, Campbell Kneale ou Clayton Noone ? Quelle place as-tu dans ces formations ?

Les collaborations sont le plus souvent des jams. On garde le meilleur et on l'édite. C'est assez social mais c'est important, je joue tellement souvent seul. Je travaille sur un album avec Pat Kraus en ce moment, On s'appelle Olympus. Je suis très enthousiasmé par cela (vous pouvez écouter le travail solo de Pat, c'est lui le meilleur!). On travaille en s'envoyant des choses par la poste et en rejouant par dessus. L'autre chose que je fais beaucoup c'est jouer de la batterie dans des groupes de rock. En ce moment, je joue avec The Coolies et je joue aussi dans les Smithereens. Avec Pumice, je peux simplement faire ce que je veux comme je le veux.

Où préfères-tu jouer ? Est-ce que tes concerts préférés sont chez toi à la maison, ou est-ce que tu apprécies tout autant la scène ?

Je pourrais jouer n'importe où, je crois, quelques-uns de mes concerts préférés se sont passés dans des endroits singuliers comme dans une sorte de bunker en Californie ou dans les cabines d'essayage d'un magasin de vêtement, ou dans une serre... On ne sait jamais jusqu' à ce qu'on y joue...

Tu expérimentes le plus souvent avec des formats chansons et ta voix a toujours une place importante. Est-ce que tu pourrais te considérer comme un songwriter ?

Oui... Il y toujours quelque chose de l'ordre de la chanson dans ce que je fais, même quand j'improvise j' aime toujours trouver un air, ou une chanson quelque part.

Quand on écoute les disques de Pumice, on a l'impression que tu es assez isolé quand tu enregistres, est-ce que c'est vrai ?

Oui, si j'ai de la chance... C'est bien de se sentir écouter par personne, tu peux alors essayer des choses sans trop avoir honte. Mais je vis toujours avec d'autres gens, il y a toujours des gens autour de moi.

Tu es une sorte d'homme orchestre, est-ce que tu pourrais parler un peu de tes divers instruments ?

Ca change tout le temps, en fait, mais le set standard c'est une batterie, dont je joue avec mes pieds, une petite silver guitar et quelques machines/lecteurs de cassette pour ajouter des couches supplémentaires. Quelquefois je joue de l'orgue à la place de la guitare, parfois du ukulélé. Plus tardivement, j'ai essayé l'accordéon aussi, mais c'est dur...

Tu es assez célèbre maintenant... Est-ce que tu aurais imaginé il y a 10 ans, avoir deux chansons sur la compilation A New New Zealand Comp du renommé label Table of the Elements, avec la musique que tu jouais ?

Non ! Je suis surpris. C'est une super compilation, je me sens nerveux d'apparaitre comme le nouveau de la Nouvelle-Zélande, j'ai 32 ans et je suis certainement la personne la plus jeune dessus ! J'espère qu'il y a de jeunes recrues qui vont vite me passer devant ! Quand j'ai eu l'album entre les mains ça m'a coupé le souffle, parce que Captain Beefhart, John Fahey et Richard Youngs sont quand même sur ce label ! Je dois vraiment remercier Regina Greene pour avoir rendu cela possible. Elle dirige Frontporch Productions et organise les tournées de nombreux artistes de chez Table of the Elements. Je me suis retrouvé saoul avec elle à New York, et elle m'a dit qu'elle voulait s'occuper des concerts de Pumice ! J'étais stupéfait.

Quels sont tes prochains projets, quelques-uns avec Soft Abuse, il me semble ? Des concerts prévus en Europe pour la sortie du dernier Sunken ?

Il y a un nouvel album de Pumice , Pebbles, sur Soft Abuse très bientôt ! Je suis assez fier de ce disque, il est plutôt "tonic". Il y a l'album avec Olympus, on est encore en train de travailler dessus. Il y a aussi cet autre album avec Matthew De Genarro qui doit juste être éditer pour sa sortie. L'album de Sunken devait sortir chez Soft Abuse mais il y a eu des problèmes, donc on ne sait pas trop ce qui va se passer, il faudrait peut-être qu'on trouve quelqu'un pour le sortir plus tôt. Ouah, je suis bien occupé ! Peut-être qu'il y a d'autres choses que j' oublie ...

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Photo Interview Pumice, Chansonnier expérimental

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