Refree

Musique et aquarelles.

» Interview

le 08.12.2003 à 00:00 · par Ana C.

L'écoute de tes deux travaux révèle une évolution évidente, très claire. Comment vois-tu cette évolution entre tes deux albums? Est-ce que tu pourrais faire une comparaison rapide entre les deux? D'ailleurs tu as déclaré être très fier du résultat final de Nones alors je ne sais pas s'il pourrait y avoir quelques aspects de Quitamiedos qui t'ont laissé insatisfait et si tu crois les avoir résolus avec Nones. Très longue question!

Non, non, non. Ca peut se résumer. Je crois que la plus grande différence entre les deux albums, et qui est une différence très importante, bon il y en a beaucoup, mais je crois que celle qui a le plus influencé le résultat final était la conscience que j'avais de chacun. Tandis qu'avec Quitamiedos je n'étais pas du tout conscient d'être en train de faire un album, ce qui est aussi joli, naïf, mais c'était tout simplement de la composition de chansons pour rien, pour m'amuser, par amour pour la musique, vraiment je ne pensais pas à un album, je n'avais pas pensé à faire un nouveau projet comme c'est le cas de Refree.

Par contre, dès le début avec Nones j'étais conscient que je travaillais pour un album qui allait être édité à une certaine date...et alors tu travailles d'une façon différente. Quand on travaille pour soi même on ne fait pas une chose avec un joli format ou pour que ce soit accessible.

J'aime beaucoup Quitamiedos parce que c'est un album en marge de tout, c'est complètement viscéral, presque tous les morceaux sont des premiers enregistrements et ça c'est bien , c'est une façon de travailler différente et très honnête mais c'est vrai qu'après, quand l'album est sorti à la vente il y a des choses que j'aurais changé. Ce que tu fais dans l'intimité n'est pas du tout égal à ce que tu fais pour le public, mais dans mon cas je ne changerais pas beaucoup de choses. Ce qui est vrai c'est que le dernier je l'ai beaucoup mieux soigné.

Alors tu es content du résultat final, n'est-ce pas ?

Je suis content avec les deux, honnêtement. Mais avec le dernier je suis très content, je l'aime bien.

Alors, bon, après en ce qui concerne les textes. Dans El cuarto deseo tu parles de la peur du manque d'inspiration et je voudrais savoir si tu as parfois expérimenté cette sensation d'impuissance, de manque de capacité créative ou si cela te fait peur d'arriver à ce point.

Ce qui m'étonne c'est que beaucoup de monde m'a dejà posé la même question. Et ce qui m'étonne c'est qu'on me demande ça comme si ça n'était jamais arrivé à personne d'autre. La peur de la feuille blanche, ça m'arrive à chaque fois. J'ai beaucoup de mal à commencer, je ne sais pas si ça ne t'arrive pas , ça m'arrive tout le temps. Ce qui se passe c'est que une fois qu'on est dedans la feuille...c'est qui je trouve bizarre que ça ne l'arrive pas à personne d'autre.

Non, mais au moins tu n'as pas eu une sécheresse créative, on va dire, très longue.

Non, mais il y a des jours où les choses ne sortent pas et d'autres où elles sortent, c'est pareil pour tout le monde, je crois...Il faut se creuser la tête un peu pour qu'elles sortent

En ce qui concerne les clips en voyant le videoclip de El reloj de Alexandre Casanovas il semble que le côté visuel te préoccupes vraiment. Jusqu'a quel point c'est important pour toi l'image ou cet aspect visuel pour arriver à capter dans sa totalité le message d'une chanson, ce que tu veux exprimer avec une chanson?

Ce qui m'intéresse dans tout ça n'est pas tant l'aspect visuel mais le fait que d'autres personnes dont j'aime bien le travail le fassent sur une de mes chansons. C'est à dire, je sais faire de la musique mais je ne sais pas faire de l'image. Une fois que je me fie à quelqu'un, pareil pour la pochette ou n'importe quoi, je n'interfère pas. Si j'ai choisi une personne pour faire quelque chose sur une de mes chansons c'est parce que j'ai confiance en lui et il serait absurde de m'y mettre. Ce qui vraiment m'intéresse c'est ce qu'il propose, ce qu'il comprend de ma chanson. Je n'aurais pas fait ce videoclip mais je trouve intéressant qu'il l'ait fait.

C'est important pour moi de choisir les personnes appropriées mais une fois que je l'ai fait je n'y entre plus.

Bon, la question a à voir avec la prochaine question que j'allais te poser : le design de la pochette de Nones est très soigné. Les illustrations correspondent-elles seulement à Françoiz, à ce que l'écoute de l'album lui a suggéré ou plutôt à un travail conjoint dans lequel tu l'as guidée aussi en lui indiquant ce que tu voulais voir refléter ?

Vraiment, le cas de Françoiz est encore plus extrême que celui d'Alex. Parce qu'Alex est une personne qui avait suivi même tout le processus créatif de l'album et l'enregistrement parce que... bon, c'est pas encore fini, mais il a fait un documentaire sur toute la création de Nones. Donc il y avait du matériel pour imaginer un video clip.

Mais quand j'ai proposé à Françoiz de faire la pochette je n'avais rien enregistré, j'avais les chansons et une maquette. Je lui ai envoyée, il y avait El reloj par exemple, et il y avait trois chansons de plus qui à la fin ne sont pas dans l'album donc elle avait très peu à partir de quoi imaginer.

Elle m'a envoyé 10 pochettes différentes, toutes très jolies, et à la fin j'ai choisi celle-ci. En fait, les pochettes ne peuvent pas être vues parce que... mais en fait toutes les illustrations de l'intérieur de la pochette

correspondent aux autres pochettes

Alors, en ce qui concerne Acuarela. Apparemment tu es à l'aise dans le label. Est-ce que tu as une liberté créative totale ou il y a certain style que l'on te conseille de suivre?

Non, non, si on me me mettait des bâtons dans les roues... Je ne m'immisce pas dans le boulot des autres, comme je te le disais avant; ni dans le clip ni rien, encore moins accepterais-je que quelqu'un d'autre s'immisce dans le mien.

Te sens-tu proche de Sr Chinarro, Migala et du reste des copains de label?

Oui, oui, c'est qu'avec la plupart d'entre eux j'ai une relation d'amitié. Je suis très ami d'Irene, d'Abel de Migala... Avec le reste, on se connaît et il est clair que je me sens à l'aise. Par ailleurs presque tous les groupes d'Acuarela me plaisent. Ils sont très proches de mes goûts musicaux. Mais, d'ailleurs, c'est clair que s'il y a une relation d'amitié on ne peut pas être objectif.

Et, est-ce que tu vous trouves similaire musicalement?

Bon, je suppose que pour une personne étrangère il doit sembler qu'on a beaucoup de points communs, mais si tu es entré dedans que tu connais un peu la musique, dans ce que nous faisons je crois qu'il y a pas mal de différences.

Tu évolues dans un univers où généralement les groupes évoluent en formation imposante et avec des orchestrations assez large. Ton projet Refree te donne une image plus solitaire, est-ce que c'est une manièere de prendre tes distances face à cette tendance ?

Non, tu sais ce qui se passe? Auparavant et actuellement aussi, je joue dans une groupe qui s'appele Hélena et c'est vrai qu'on est assez nombreux sur scène, à peu près 7 ou 8, mais, tu sais, avec Refree en live nous sommes aussi beaucoup de monde. Alors bien sûr c'est mon projet en solitaire et tout est fait chez moi ce qui est une différence très importante, mais encore le son des deux groupes ne se ressemblent pas du tout. Même s'il est vrai qu'avec Hélena on est dans une démocratie, parfois tu ne veux pas faire quelque chose, et puis il y a toujours quelqu'un qui tire plus sur le chariot, qui est l'élément moteur.

Par contre, avec Refree c'est seulement moi qui décide, je l'amène où je veux. Tu sais, si dans le prochain album j'ai envie, chose que je ne crois pas, mais si j'avais envie de ne faire que des "boleros", alors je ne ferais que des "boleros"

Quand on est dans un groupe on doit mettre tout en commun et si les autres ne veulent pas, ils ne veulent pas. Et alors, c'est ça la principale différence, pas tant être tout seul mais faire ce que je veux.Voilà la chose la plus importante.

Parfois tu as dit que Refree te permettait de toucher des aspects que tu ne pouvais pas aborder en groupe. Lesquels?

Et c'est vrai, que tu le veuilles ou non. Au fond on peut le résumer, c'est ce que je te disais, dans un groupe je ne peux pas arriver et dire "donc, maintenant je vais faire ça, je veux changer complètement cela". Le groupe c'est une addition de personnalités, même si c'est vrai que c'est moi qui fais la plupart des mélodies et tout ça, mais tous les instruments confluent pour créer les chansons et c'est très difficile de s'en sortir, parce que chacun a sa personnalité.

Par contre, quand tu es tout seul si tu veux changer, tu changes, tu n'as besoin de demander à personne. De cette façon, ce que Refree fait c'est de décrire mes moments, chaque moment actuel. Pas seulement du point de vue des paroles, parce que parfois je ne parle pas de moi même, mais aussi dans le ton ou dans la musique. Si je suis en train de traverser un moment x alors je crois que ça se reflète dans la chanson.

Parfois tu as parlé de la musique de Mingus qui fait souvent des oeuvres qui semblent être très orchestrées et qui en fait arrivent à remplir l'espace avec très peu d'instruments et de musiciens.

Mingus était un surdoué pour la musique. Alors sa façon de concevoir les chansons m'intéresse beaucoup, mais je me trouve très loin, c'est à dire, je me trouve très loin... Pas seulement dans le sens stylistique. Il m'intéresse beaucoup : comment il travaille avec les instruments à vent et même, il y a certains albums avec des cordes... sa façon d'écrire la musique m'intéresse beaucoup et je crois qu'il y a quelques points communs, seulement de ce point de vue. J'ai appris de lui, pas de doute.

Bon, nous trouvons aussi que parfois il y a un côté "saudade" qui fait penser au "fado" portugais. Est-ce que tu trouves dans ce style musical un peu de ce que tu veux transmettre ou exprimer?

Non, tu sais ce qu'il se passe? Tu prends pour influence tout ce qui t'es arrivé lors de ta vie et même si c'est vrai que j'ai écouté des "fados", pas trop, et aussi de la "bossanova". Mais je crois que, au fond, ce que je fais c'est toujours de la musique pop.

Même si parfois elle peut être influencée par le jazz. Et alors, dans ce champ, parfois sans en être conscient, j'ai tendance à m'en aller vers des terrains plus méditerranéens. Quand une personne étrangère à un style essaie de le faire et réussit à le faire avec du charme, je crois que le mélange, le produit est intéressant parce qu'il ne sort pas de la même façon qu'avec une personne qui l'a toujours fait, c'est intéressant.

Ca fait déjà pas mal de temps que tu collabores avec des artistes de la scène indépendante française comme Françoiz Breut avec laquelle tu as une une relation d'amitié. Qu'est ce qui t'attire spécialement dans cette scène? Qu'est ce que chacune de tes collaborations t'a apporté?

Je ne sais pas si c'est le fait d'habiter à Barcelone, mais je m'en sens très proche.

Quand j'ai écouté pour la première fois - mis a part Jacques Brel qu'on jouait souvent chez mes parents - quand j'ai commencé à m'intéresser à la scène française indépendante, quand j'ai commencé à écouter Françoiz ou Dominique, ou même Yann Tiersen ou Married Monk qui me plaisent beaucoup, ce que j'ai très vite remarqué c'était que je me sentais très proche de cette musique, même si je ne la comprenais pas parce que je ne suis pas français et je crois que ça c'est grâce à la ville où j'ai toujours habité. Je ne sais pas... c'est la chose qui a le plus éveillé mon attention : comment pouvais je me sentir si proche d'une musique à laquelle je n'arrivais pas à comprendre grand chose.

D'abord ça, et après il se passe que la scène française, comme elle ne se passe qu'en France, parce que si tu chantes en espagnol, tu sais qu'il y a beaucoup de pays où on parle l'espagnol et il y a beaucoup de pays anglophones, mais la France c'est la France... l'assurance avec laquelle les gens font les choses ici m'impressionne beaucoup , je ne sais pas, c'est le fait qu'ils n'ont jamais peur, qu'ils ne se sentent jamais seuls et qu'au contraire ils se réaffirment constamment. C'est une musique très personnelle et ça m'intéresse beaucoup.

En ce qui concerne les apports de Françoiz je crois que c'est évident et avec Olivier, aussi, il a joué quelques guitares dans l'album.

Et après avoir joué avec Neil Halsthead (Mojave 3) ... quelle relation est-ce qu'il y a eu?

Bon, ce concert là était un concert bizarre parce que je n'avais pas encore sorti Quitamiedos et les organisateurs du concert m'ont appelé, la salle Razzmatazz, parce qu'ils savaient que l'album était sur le point de sortir et ils m'ont dit "écoute, veux-tu jouer avec Neil Halsthead?" et j'ai pensé que c'était bien comme rôdage et en plus Neil Halsthead me plaît.

Et aussi Mojave 3 ?

Mojave 3 surtout, plus que Neil Halsthead.

Pour moi aussi, plus que ses projets solos.

Et surtout le premier album de Mojave 3

Et bon, on a joué et je crois que ça lui a plu et j'ai aussi aimé ce qu'il a fait. Mais rien d'autre ne s'est passé.Ces choses ne sont jamais aussi intenses qu'elles pourraient sembler. Tu sais, le fait de jouer avec quelqu'un dans un concert. Parfois il y a une très bonne relation mais la plupart du temps c'est bien et c'est tout.

Oui c'est clair, ce n'est pas non plus comme tourner ensemble.

Voila, c'est ça. Tourner, ça se remarque...

Bon , je continue. Celle-ci c'est à titre personnel: à quoi était due la "fugace" existence de Sitcom (un ancien groupe de Refree) ?

En vérité c'est on a fait beaucoup de bruit autour de Sitcom mais au fond ça n'était que la rencontre de trois amis : Javi de Manta Ray et Abel et moi qui jouions aussi à ce moment là dans CornFlakes et nous avions envie de jouer ensemble. Nous nous sommes rencontrés et nous avons fait un album en deux semaines, mais presque de zéro, nous n'avions presque rien, c'était comme un amusement... et après l'album est sorti, puis nous avons commencé à jouer dans plusieurs festivals (même si nous n'en avions pas forcément envie). Au fond c'est que nous n'avions jamais donné beaucoup d'importance à ce projet, c'était de l'extérieur qu'on lui a accordé le plus d'importance, c'était très bien mais il y avait aussi un handicap géographique. Même si nous sommes des super-copains avec Javi ou Nacho Vegas, être amis c'est possible à distance, tandis que jouer ensemble c'est très difficile, s'ils viennent à Barcelona ils logent chez moi et si je vais à Gijon je vais chez eux.

Tu as joué dans CornFlakes, un des groupes clef du "boom" de la musique indépendante espagnole du début des années quatre-vingt-dix. Comment vois-tu l'évolution de la scène indépendante espagnole? Crois-tu qu'on peut parler d'une scène nationale avec une identité propre (de la même façon qu'il est possible de le faire pour la musique essentiellement française ou anglo-saxonne)?

Vraiment, je ne peux pas trop parler de la scène française parce que je crois que les gens qui habitent ici...

De l'extérieur tout se voit beaucoup mieux. Pourtant parfois je parle avec des musiciens d'ici et ils me disent qu'elle n'est pas aussi bonne qu'elle pourrait sembler de l'extérieur, donc je préfère ne pas parler parce qu'il me semble que la scène française est très puissante.

Ce qui s'est passé en Espagne c'est qu'au début du mouvement "indie" c'était très bien, le fait de donner un nom à cette scène et de regrouper sous le label "indie" beaucoup de groupes ça te permettait d'avoir plus de public. C'était comme s'il y avait beaucoup de monde qui était venu te voir seulement parce que tu faisais partie de ce bloc indépendant. Ce qui finalement s'est passé c'est qu' la fin il y avait plus de monde intéressé par le port du "t-shirt" que par la musique en elle-même.

J'ai vécu un peu cette époque et je suis tout à fait d'accord avec toi.

Et alors, j'ai l'impression de que maintenant il n'y a plus un bloc, on ne parle pas autant de la scène indépendante mais je crois qu'il y a des groupes plus intéressants et surtout plus profesionnels. Un des problèmes du "indie" c'était que pour les groupes tout était "n'importe quoi", nous nous foutions de tout. Nous ne nous occupions pas d'avoir un bon son, c'était comme si...

Et maintenant je crois que les gens qui restent de tout cela, comme Manta Ray, comme Nacho Vegas, comme même Migala...

Je ne sais pas.. Qui est-ce qu'il reste de plus? Los planetas, je ne sais pas, il en reste plusieurs...

En fait, par exemple, dans les listes de la RocKDeLux, un magazine très bien (magazine musical, le plus reputé d'Espagne dans le milieu indépendant), Refree a été choisi meilleur album de l'année.

Je n'ai pas acheté le dernier numero, je n'ai pas pu voir.

Alors je regardais les premières positions dans ce classement et au fond, il n'y avais que des groupes des années passées pas de personne nouvelle. Seulement des gens qui sont issus de cette scène et qui ont fini par faire d'autres choses.

Et ça ne te semble pas inquiétant, le fait qu'il n'y ait pas de nouvelle tête ?

Mais non, parce que je crois que c'est bien, des gens qui ont de l'expérience, putain, j'avais 17 ans quand toute l'histoire de l'indie s'est passé, je n'en prenais pas non plus trop conscience, tout était très drôle mais...

Tout le monde a besoin de temps pour mûrir. De nos jours tout va très vite. Pourtant un musicien de jazz n'atteint pas sa plénitude avant la quarantaine.

Par contre, dans la pop, quand tu fais un album, après le second les gens croient que tout est déjà passé et je crois que c'est important de laisser les gens mûrir. Je crois qu'on a laissé mûrir Nacho Vegas, qu'on m'a laissé mûrir, qu'on à laissé Migala mûrir... Et cela c'est très important.

Crois-tu que le fait d'avoir relégué l'anglais comme langue-parce qu'au début de l'indie tout le monde chantait en anglais- en faveur du catalan, du gallego ou de l'espagnol, aide à atteindre cette identité propre? Et dans ton cas, par exemple, tu chantes en catalan et en espagnol. Quand tu chantes en catalan, est-ce que ça te permet d'exprimer des situations que peut-être tu sens plus proches. Je ne sais pas... si parce que tu le parles chez toi, il y a vraiment une chanson qui pourrait avoit besoin d'être chantée en catalan, tu vois ce que je veux dire?

Oui, oui, je vois ce que tu veux dire.

D'abord je réponds que maintenant je chante en espagnol et catalan parce que je crois que c'était nécessaire. Parce que je crois que si tu as quelque chose à dire il faut que tu le dises dans la langue que tu maîtrises, et que les gens te comprennent. Tu dois établir une communication entre le public et toi-même. Et je crois qu'en anglais, au moins pour moi, c'était impossible, pourtant je respecte beaucoup les gens qui le font.

Migala le fait très bien.

Bien sûr et d'autres encore. Mais pour moi, la façon dont je vivais les chansons quand je les chantais en anglais et la façon dont je les vis maintenant sont tout à fait différentes.

En ce qui concerne le catalan et l'espagnol, je les parle chez moi, le catalan avec ma mère et l'espagnol avec mon père, donc j'ai parlé toute ma vie les deux langues et en fait, je voulais refléter dans l'album cette réalité personnelle, pas une réalité catalane mais ma réalité. J'ai parlé les deux langues toute ma vie tout le temps, en déjeunant, en dînant..avec mes parents, je parle dans un bilinguisme total.

C'est vrai que j'avais peur de chanter en catalan à cause d'une série de politiques de la Generalitat (gouvernement autonome de Catalogne) qui a créé une série de groupes qui chantaient en catalan et qui étaient vraiment nuls..

Au fond c'était des préjugés... A la fin j'ai fini par laisser à chaque morceaux le choix de sa langue.

Quand j'ai une chanson finie (parfois je commence par les paroles), dès que j'ai la musique je commence à chanter dessus et si les mots sortent en catalan... tu sais, même si après les paroles ne marchent pas je commence déjà à l'écrire en catalan.

Alors, c'est la chanson elle-même qui te le demande?

Oui, oui, il faut que tu écoutes les chansons.

Pour le public français néophyte sur le sujet de la scène espagnole qui veut s'initier ou connaître un petit peu les groupes nationaux. Quels sont les cinq albums que tu recommanderais; vite, mis à part tes amis, les gens de cette scène que tu connais bien... bon j'ai mis cinq comme j'aurais pu mettre un autre chiffre, pour ne pas mettre trois -car c'est trop peu- et pour ne pas dire dix -car c'est trop-, alors...cinq albums ?

En oubliant les amis...

Tu vas mettre de côté pas mal de monde, parce que c'est très peu, mais cinq que tu recommanderais à quelqu'un qui arrive et te dit "j'ai de l'argent pour acheter cinq albums" !

Pff, comme c'est compliqué (rire) ... C'est impossible de ne pas tomber sur des amis parce que j'aime bien ce qu'ils font.

Mais, c'est sûr que j'achèterais, laisse-moi voir... Je ne sais pas, n'importe lequel des deux albums de Nacho Vegas, ils me semblent forts. J'acheterais Restos de un incendio de Migala, que j'aime bien. J'acheterais, mais il n'est pas encore sorti, le nouveau album de Irene de Aroah qui est très bien, il sort en Février mais j'ai eu l'opportunité de l' écouter l'autre jour et je l'aime beaucoup, voilà... j'en profite pour lui faire un peu de promo...

Le deuxième album de Astrud, qui s'appelle... Gran Fuerza, qui est vraiment chouette aussi.

Et j'acheterais Una semana en el motor de un autobus de Los Planetas.

Quelle est ton opinion?

J'aurais forcément mis El porque de mis peinados de Sr. Chinarro, si j'oublie celui-là c'est la catastrophe.

Sr. Chinarro! c'est très difficile!... et Manta Ray, son premier album est très bon aussi !

C'est fini!

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