David Grubbs

+ David Grubbs

Juillet 2011. David Grubbs nous parle de sa tournée française. A distance et par écrit, presque à l'ancienne, le temps de poser calmement des mots intelligents sur sa vie de musicien.

» Interview

le 07.07.2011 à 00:00 · par Mathias K.

Bonjour David, peux-tu nous dire comment se déroule ta tournée ?

Ah –, merveilleusement bien ! Elle est composée pour moitié de concerts solo, et pour l'autre moitié de concerts avec Andrea Belfi et Stefano Pilia. J'ai joué dans un événement à Dunkerque, organisé par le collectif d'artistes Fructose (fructosefructose.fr). Il y avait une conférence donnée sur un bateau, au sujet de la psychanalyse urbaine, un strip-tease par un gorille, une projection de Duel de Spielberg à bord d'un bus qui roulait très lentement sur la grève... et moi ! C'était formidable. Et la veille, nous avons donné un show très rock'n'roll et transpirant à Nantes. Ce matin je me suis levé tôt et j'ai exploré le Jardin des Plantes de Nantes et j'y ai découvert une section dédiée aux plantes du Kentucky (virginia creeper, sasafras, etc.), le tout avec des cardinales chamarrées en aquarelles et des écureuils.

Tu joues à travers toute l'Europe ou seulement en France ?

La plupart des concerts ont lieu en France.

Les lieux dans lesquels tu joues ont tous une forte personnalité, parfois même une longue histoire. Je pense particulièrement aux Voûtes. C'est un aspect des concerts auquel tu es attentif ?

Le plus souvent, j'arrive sur un lieu de concert sans savoir quel genre d'expérience cela donnera, mais je préfère toujours les lieux les plus chargés d'histoire ou les plus excentriques. Je vais tâcher de me renseigner sur les Voûtes.

Quel est ton line-up sur cette tournée ?

Andrea joue de la batterie et utilise des machines, Stefano joue de la guitare électrique.

Plus le temps passe, plus ta musique est minimaliste. Sur Onrushing Cloud, tout s'approche d'une sorte d'essence de la musique : je dirais presque de silence. Quelques notes parcimonieuses jouées de manière minimaliste, et en même temps très intenses, belles, puissantes.

Ca me semble une description fort juste. Je ne m'ennuie jamais ni ne me fatigue du silence entre les sons, et parfois, j'en viens même à les préférer aux notes elles-mêmes.

Comment as-tu rencontré Andrea et Stefano et quel est leur background ?

Nous avons tous les trois enregistré des disques pour le label Häpna, un label suédois. Leur approche m'a vraiment plus. L'album solo d'Andrea, Between Neck and Stomach, est une vraie merveille, une révélation. Je recherche toujours des percussionnistes dont l'approche est singulière et j'ai appris par hasard qu'ils seraient à New York pour une résidence. Il me semblait évident que nous devions nous rencontrer et jouer ensemble. Ca a été une collaboration vraiment indolore.

Onrushing Cloud est un disque assez court, et cependant il demande beaucoup d'attention de la part de l'auditeur. Tu cherches une sorte de déflation dans ta musique.

C'est une jolie question. Trente minutes, c'est un peu une durée idéale pour moi. Depuis mon premier album solo jusqu'à celui-ci. Cette durée me permet, en tant qu'auditeur, de maintenir ma concentration en une seule écoute, de A à Z. Trente minutes, selon moi, c'est une durée très confortable pour expulser le monde de sa propre bulle auditive ou pour entrer dans un monde complètement autre.

A bientôt à Paris,

D.

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Photo Interview David Grubbs, David Grubbs et sa tournée française de ujuillet 2011

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