Baleapop et Jeanne Boulart

Jeanne Boulart nous parle du festival Baleapop, dont la deuxième édition, très excitante à tout point de vue, se tiendra au mois d'août !

» Interview

le 29.07.2011 à 00:00 · par Mathias K.

Bonjour Jeanne, peux-tu nous dire quelques mots sur la genèse de Baleapop ?

Avant même de se lancer dans la grande aventure du collectif Moï Moï, notre souhait était dès le départ de créer un évènement dans notre région natale. Il y avait déjà des structures et évènements très intéressants, mais il nous semblait qu'il manquait un festival indé, pointu mais accessible, destiné à tous, qui parlait d'art contemporain et de musiques actuelles, car ce sont les deux médias artistiques que nous défendons à travers Moï Moï. Pour cela, il fallait prendre des forces et un peu d'expériences ! Nous avons donc créé notre asso il y a 6 ans, organisé des concerts, des expositions, des soirées... Et puis il y a deux ans on s'est lancé ! Nous avons rencontré la même année, une association de Sare (village du Pays Basque) qui eux aussi préparaient un festival, avec les mêmes ambitions et désirs que nous. Cela nous a donc paru évident de créer deux projets qui se répondent : Baleapop, pour le versant mer (balea veut dire baleine en basque), et Usopop, pour le versant montagne (uso veut dire la palombe)... C'est comme ça qu'est né BALEAPOP.

Pourquoi regrouper ainsi musique et art contemporain ?

Comme je le disais précédemment, Moï Moï est un collectif d'artistes regroupant plasticiens et musiciens. Au sein du collectif, ces deux médias se répondent et se complétent. C'était donc une obligation de mettre en avant ces deux disciplines. Pour nous, l'une ne va pas sans l'autre, et l'idée d'amener un public de musique face à de l'art et vice versa, était un réel défis et une envie.

Y avait-il des critères particuliers concernant les artistes exposés et/ou les musiciens ? Qu'est-ce qui a guidé les choix des organisateurs ?

D'un point vu général, nous souhaitons mettre en avant la jeunesse, la spontanéité, nos coups de cœurs, des artistes dans lesquels nous croyons, et à qui nous avons envie d'offrir une scène pour se faire connaitre chez nous. Nous avons envie de les partager ! Autant au travers de la musique que des arts plastiques et multimédia, nous avons souhaité établir une programmation riche et éclectique, résolument actuelle. Mais bien évidemment, il était nécessaire de distinguer ces deux grands axes : des programmateurs musique d'un côté, une curatrice d'expo de l'autre.

L’aspect art contemporain de l’édition 2 du festival Baleapop nous est offert par sept artistes ou collectifs et autant de médias. Emmy Martens, Lady My, Alicia Vaisse, Basile Buisson, Florent D'heilly, Shobo Shobo et Wonderwilde vont investir le parc du musée de Guéthary du 11 au 14 aout 2011 Nous leur avons donné carte blanche, leur seule « obligation » était de résonner avec le parc. Il est devenu notre élément moteur, notre pont entre les œuvres. Il s’agit alors d’imaginer le lieu comme un jardin à l'italienne avec ses surprises et enchantements. Au travers de l’installation, de la peinture, de la photographie, de la sculpture ou encore de la vidéo, ces artistes se sont appropriés le parc, ont dialogué avec lui. Ils ont peu en commun, seule la provocation heureuse de leur jeunesse se fait ressentir dans l’exposition qu’ils nous offrent.

Pour la partie musique, nous avons programmé avant tout des choses qui nous parlent, qui nous plaisent au sein du collectif, et de faire venir des artistes peu présents au Pays basque. Nous gardons un attachement prononcé pour notre spécialité : la musique électronique (tous les musiciens de Moï Moï sont des artistes électros !), mais illustré par plusieurs de ses facettes.

BALEAPOP 2011 fait souffler un vent tropical (PETIT FANTÔME, NARWHAL), bruits du soleil (FEU MACHIN, ODEI), musique électronique & bleeps (LUKE ABBOTT, MAGIC PANDA, WAGNER, ELORN, LLOBA, GROJ, EVA PEEL), pop-nippone (KUMI SOLO upgradé dʼun live vidéo de SHOBOSHOBO), synth-pop (WOLFPACK BEARTRACK), violoncelliste ovni (MAINTANE SEBASTIAN), et djsets soniques (SPT, LʼŒIL DE LʼAIGLE, PAWN HEARTS).

Vous prenez le parti d'un festival adéquat à une époque d'accélération, où toutes les formes circulent très vite, et en même temps la programmation est très cohérente : il y a comme un air de famille entre ces artistes. Vous n'étiez pas tentés par plus d'hétérogénéité ?

L'air de famille s'est un peu fait malgré nous ! Ce constat est réellement apparu une fois la prog bouclée. C'est grâce à nos rencontres, nos réseaux, que la prog s'est aussi constituée. Nous aurions adoré pousser la rencontre entre styles de musiques différents, mais cela se fera petit à petit, car c'est moins évident au départ. Nous étions bien évidemment tenté par plus d'hétérogénéité mais au bout du compte c'est important aussi de se placer dans un courant et de l'explorer au maximum.

D'où vient votre choix de lieux excentriques et de situations particulières pour faire se produire les artistes ? Qu'est-ce qui a guide votre réflexion sur les cadres des concerts, des expositions et des événements du festival en général ?

Notre région est, sans avoir la grosse tête, une des plus belles ! Elle regorge de lieux inattendus dans lesquels nous avons grandit. Et donc au final, ils nous sont très familiaux et sécurisants. C'est super d'avoir réussit à les investir aujourd'hui en créant un projet artistique qui nous est cher, et de les faire redécouvrir sous un nouvel angle, à notre public. Si c'était pour s'enfermer dans une grande salle de spectacle, pourquoi faire ça au Pays basque ? Même si le climat est un danger, le jeu en vaut la chandelle.

Peux-tu nous dire un mot sur l'identité de Nabie Production et celle du collectif Moï Moï ? Je suppose que le festival reflète vos identités respectives ? Quel est l'apport respectifs dans l'élaboration du festival ?

Nabie production est une petite agence d'évènementiel gérée par Pierre Lafitte (le président de l'asso) et moi même, spécialisée dans la réalisation de petits & moyens concepts culturels et créatifs. Moï Moï, c'est des amis qui souhaitent construire des choses ensemble, montrer leur vision de la fête et la partager ! Nabie est un peu l'école, quand Moï Moï est la récrée ! Et il y a forcément des liens étroits entre ces deux structures, et les même envies... Au niveau de l'apport, Nabie apporte surtout des savoirs-faires : un programmateur et une chef de projet, Moï Moï, un supplément d'âme et une équipe !

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