Built To Spill

Paris, La maroquinerie - 30.05.2007

» Compte Rendu

le 04.06.2007 à 06:00 · par Eric F.

La date parisienne de Built To Spill à la Maroquinerie avait presque un caractère exceptionnel, puisque le groupe de Doug Martsch n'avait plus posé ses guitares chez nous depuis près de... neuf ans ! La foule, plutôt compacte, ne s'y est pas trompée et s'est massée devant la scène, impatiente d'en découdre. Et contrairement à ce qui était annoncé, Camper Van Beethoven n'accompagnait pas Built To Spill en tant que première partie. Cet honneur reviendra donc à un duo guitare-basse pas désagréable.

Comme à son habitude le groupe de Boise, Idaho, une fois arrivé sur scène, passera un temps interminable à peaufiner ses réglages, ne laissant rien au hasard. C'est donc presque sans crier gare que déboulera un Liar quasi parfait, et joué à l'identique que sur You In Reverse. La montée en régime se fera progressivement entre l'"ancien" In The Morning et l'épatant Time Trap, premier de la série des morceaux à tiroir.

Presque bizarrement, très peu de titres de You In Reverse seront joués ce soir-là, à l'inverse de la première manche de la tournée U.S. du groupe, qui n'hésitait pas non plus à se lancer dans plusieurs versions de morceaux encore inédits. Seulement voilà, Built To Spill est plus que rare en Europe, et semble donc avoir tenu à rattraper tout ce retard en visitant de fond en comble son répertoire. Il serait presque facile de regretter cette décision vu le rendu de Liar, Goin' Against Your Mind, mais surtout d'un Conventional Wisdom livré pied au plancher, remportant haut la main le titre de meilleure performance guitaristique de Doug Martsch sur tout le concert.

Malgré tout, le groupe nous aura quand même réservé une grosse surprise : Doug Martsch, dans une de ses rares prises de paroles, se déclare surpris que personne n'ait pris le soin d'indiquer que Camper Van Beethoven ne serait pas de la partie, et pour faire un peu mieux passer la pilule aux fans du groupe, entraîne ses compères sur... trois reprises de CVB, au plus grand amusement de Brett Netson, le jovial guitariste à ne pas confondre avec son voisin bassiste... Brett Nelson ! Si on s'amusera de la reprise du célèbre Take The Skinheads Bowling, on se réjouira quand même que le groupe revienne sur ses propres morceaux tant ces reprises manquaient un peu de folie, allant même parfois jusqu'à sonner comme du (très bon) Oasis.

Ca aurait quand même été dommage d'être privé de titres comme Stab ou Carry The Zero ! Alors oui, le groupe n'est pas forcément toujours en place (quelques petits ratés par-ci par-là, mais sans conséquences), et donne un peu l'impression de "cachetonner" (attitude décontractée entre les membres du groupe, mais assez froide envers le public), mais la sueur qui recouvre le visage de Doug Martsch titre après titre ne trompe pas : son groupe se sera bel et bien donné à fond, notamment sur une dernière partie de concert impressionnante, qui verra une poignante version de Car par un Doug Martsch solitaire, enchaînée à un autre "hit", Big Dipper.

Après une heure vingt de concert, le groupe quitte la scène, pour vite y revenir. Une nouvelle fois absorbés par leur réglages divers et variés, les trois guitaristes (dont la complémentarité aura été plus que remarquable tout du long, avec une mention toute particulière aux distortions parfois ahurissantes de Jim Roth) laissant un peu de suspense quant à l'identité du dernier titre. Car les fans de Built To Spill savent bien que le groupe adore "flâner" pour finir ses concerts. Malgré une requête désespérée pour un Broken Chairs, qui aurait été plus qu'adapté à ce rôle, c'est bel et bien dans Randy Described Eternity que le quintet va plonger, et ce pendant près de vingt minutes. Si la magie n'aura pas opérée tout du long (quelques hésitations assez évidentes chez Doug Martsch pendant la séance de jam), on n'en aura pas moins décollé avec le groupe, trouvant à peine la force de s'indigner lorsque le batteur Scott Plouf se mît à démonter sa batterie avant même la fin du morceau.

A l'image de ce fan américain, visiblement peu intéressé par sa voisine qui lui remuait son large décolleté sous les yeux, un mot viendra à l'esprit pour décrire ce concert : captivant. Souhaitons juste que Built To Spill revienne nous voir le plus rapidement possible.

Tracklist :

  1. Liar
  2. In The Morning
  3. Time Trap
  4. Strange
  5. Goin' Against Your Mind
  6. Good Guys And Bad Guys
  7. That Gum You Like Is Back In Style
  8. Take The Skinheads Bowling
  9. Stab
  10. Made-Up Dreams
  11. Carry The Zero
  12. Car
  13. Big Dipper
  14. Conventional Wisdom
  15. Randy Described Eternity

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Photo Concert Built to Spill, Paris, La maroquinerie, le 30.05.2007

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