R.E.M.

Prague (cz), Stadion Slavia - 17.08.2008

» Compte Rendu

le 23.08.2008 à 06:00 · par Eric F.

Habituellement le théâtre des exploits du Slavia Prague (que notre surexcité chauffeur de taxi n'appréciait visiblement pas beaucoup), le Slavia Stadion n'était peut être pas le meilleur endroit pour des retrouvailles avec R.E.M. (comme vous pouvez vous en douter le rock de stade et nous...). Après avoir loupé sans grands regrets la première partie de The Duke Spirit nous débarquons dans la fosse et remarquons avec amusement que les traditionnels bancs de touche ont été remplacés par des bars ! Le stade est loin d'être plein ce qui a au moins l'avantage de nous offrir une vision meilleure que prévue.

La nuit n'est pas encore tombée que l'écran géant s'anime, et R.E.M. entre en scène. Sans un mot, le groupe se lance dans un These Days rageur qui ouvre idéalement les hostilités. Michael Stipe semble bien en forme, même si on lui pardonnera difficilement certaines "envolées" vocales irritantes par la suite. A l'inverse, les autres membres du groupe jouent le plus simple possible, à l'image de l'amusant refus de Peter Buck de nous en mettre plein les yeux sur le "solo" de What's The Frequency, Kenneth ?. Comme promis, le groupe d'Athens piochera dans la plupart de ses albums et nous offrira même quelques surprises comme Animal, Bad Day ou encore un Little America parfaitement exécuté. On s'amusera de constater que le "Jefferson I think we're lost" du refrain original aura été remplacé par un "Man, I think we're lost" depuis que Jefferson Holt, le manager du groupe a été mis à la porte. Les morceaux d'Accelerate, le petit nouveau, auront également été convaincants à l'image de Living Well Is The Best Revenge et Man-Sized Wreath, littéralement catapultés. En évitant des titres comme Houston ou Until The Day Is The Done, le quatuor expose clairement sa volonté de se lâcher en faisant du rock, à des années lumières des pâteux Reveal et Around The Sun. Après avoir enchainé deux titres de Monster (What's The Frequency, Kenneth? et Circus Envy) R.E.M. calme le jeu avec un Drive présenté dans une version plus proche de la version studio que d'habitude. Dommage.

Si cette déception n'est que relative, le concert semble un peu s'enliser même si le choix des titres suivants ne semble pas devoir être mis en cause. Peut-être est-ce du au son, où la basse et la batterie prennent la part du lion ? L'acoustique n'est pas si mauvaise pour un stade cependant. Peut être faut il alors trouver l'origine du malaise dans un certain relâchement de la part du groupe. Tenter Ignoreland était une idée courageuse (on peut douter que le morceau ait été joué sur scène avant cette tournée) mais le rendu souffre incontestablement d'un manque d'automatismes. On se demande alors si R.E.M. est toujours à sa place, vingt cinq ans après ses débuts à une époque où un spectateur sur cinq concerts allait parler du groupe dans un fanzine alors que désormais, les téléphones portables pullulent face à la scène. Qu'on se demande si R.E.M. ne serait pas devenu un dinosaure un peu ridicule et la réponse nous est apportée par Michael Stipe lui-même. Constatant comme nous l'effarant nombre de portables dégainés dans la foule, le chanteur invitera son auditoire à s'en saisir sur le break d'Electrolite (formidable version électrique) afin de recréer l'ambiance de Mulholland Drive à Los Angeles. Un point pour eux.

L'enchainement Little America - The One I Love finira de lever nos craintes et nous replongera illico dans le concert. Concert qui enchaine sur la partie "unplugged". Et là, rebelotte, tout part en vrille. On se demande encore ce qui a pu les pousser à jouer un I've Been High encore plus poussif que sur Reveal. Et que dire de ce Let Me In, joué sans électricité en formation Gypsy Kings (Mike Mills, Scott McCaughey et Bill Rifflin aux guitares acoustiques à ving centimètres les uns des autres) qui a du bien se faire retourner Kurt Cobain dans sa tombe ? Le retour à la case électricité laissera également sceptique avec un Horse To Water peu convaincant, mais heureusement enchainé sans temps morts avec un I'm Gonna DJ incisif. Un excellent Orange Crush (ah, les harmoniques de la Rickenbaker de Peter Buck accompagnant le mégaphone de Michael Stipe !) et le tubesque Imitation Of Life clôturent fort dignement la première partie du concert.

Comme souvent avec R.E.M. les prolongations dépassent le simple cadre des arrêts de jeu. Entre l'efficace Supernatural Superserious et l'inévitable Losing My Religion, le public en aura eu pour son argent. Tant pis si le groupe remplacera Cuyahoga et Welcome To The Occupation de la setlist par un (Don't Go Back To) Rockville où Mike Mills prendra la place de leader de Michael Stipe en se permettant une petit pique ("Don't go back to Praha"). It's The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine), qui permettra à Michael Stipe de prendre un bon bain de foule, aurait fait une conclusion idéale, mais c'est une nouvelle fois à Man On The Moon que reviendra cet honneur. C'est alors qu'on réalisera que même en ayant entendu certains titres des milliers de fois (chez soi, à la radio, au supermarché...), même dans un stade, même sans être forcément convaincant tout du long, R.E.M. est toujours un groupe bien vivant qui arrive encore à nous parler. Après plus de quatre vingt dix minutes, le groupe aura signé une courte mais incontestable victoire à l'extérieur.

Setlist

  1. These Days
  2. Living Well Is The Best Revenge
  3. What's The Frequency, Kenneth?
  4. Circus Envy
  5. Drive
  6. Man-Sized Wreath
  7. Walk Unafraid
  8. Hollow Man
  9. Bad Day
  10. Ignoreland
  11. Animal
  12. Driver 8
  13. Electrolite
  14. The Great Beyond
  15. Little America
  16. The One I Love
  17. I've Been High
  18. Let Me In
  19. Horse To Water
  20. I'm Gonna DJ
  21. Orange Crush
  22. Imitation Of Life
  23. Supernatural Superserious
  24. Losing My Religion
  25. (Don't Go Back To) Rockville
  26. It's The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine)
  27. Man On The Moon

Retour haut de page

Photo Concert R.E.M., Prague (cz), Stadion Slavia, le 17.08.2008

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.