Geneva

Clermont Ferrand, AToutAzard - 11.10.2008

» Compte Rendu

le 13.10.2008 à 00:00 · par Eric F.

Si le hiatus prolongé des Dont Look Back aura permis à H-Burns de se faire un nom avec son projet solo, espérons que les trois Geneva parviennent à suivre le même chemin. Le trio, qui existait déjà du temps du groupe post-rock drômois, peut désormais profiter à plein temps du guitariste Charles. Autant H-Burns revitalise le folk, autant Geneva aime faire du bruit, à mi-chemin entre leurs idoles métal et les figures de proue des années 90 (Sebadoh, Dinosaur Jr, tous les groupes de bruit "intelligents"...). Un seul EP à se mettre sous les dents en quatre années d'existence, c'est forcément trop peu. Mais heureusement, les choses bougent du côté du groupe avec l'enregistrement d'un premier "vrai" disque dans quelques jours et deux dates, à Lyon et Clermont-Ferrand, pour se mettre en jambe. Histoire de vérifier les choses par nous-mêmes, nous aurons donc suivi le groupe pour le concert à Clermont-Ferrand. Rendez-vous pris en début d'après-midi pour trois heures de route. Le groupe est d'excellente humeur, grâce à un concert plutôt satisfaisant la veille. Une excellente humeur qui se traduira par un trajet égayé par de nombreux éclats de rire et de blagues plus ou moins grasses. Fidèle à la promesse que « tout ce qui se passe dans le camion reste dans le camion », vous n'en saurez pas plus.

Après une arrivée sur Clermont un peu plus tardive que prévue, direction le AtoutAZart, un squat associatif. Retrouvailles avec les bordelais d'Appollonia à l'entrée. Les deux groupes s'apprécient et l'ordre de passage se décide sans heurts. Balancées avec autant de rapidité que d'efficacité, les balances se révèlent être une simple formalité. Si l'accueil est à la hauteur, on s'inquiète tout de même un peu du fait que les voisins de la salle, le régiment d'infanterie local, ait pris la fâcheuse habitude de tirer au plomb sur l'enceinte. Heureusement pour tout le monde, pas d'incident à déplorer pendant la soirée.

Le copieux repas avalé, Geneva monte sur scène sur les coups de 22 heures... devant un public de cinq personnes. Pas du genre à se laisser démonter, les trois drômois démarrent les hostilités par une belle intro bruitiste qui lance le concert sur les chapeaux de roue. Si l'on décèlera un large clin d'œil au Schizophrenia de Sonic Youth sur le premier titre (clin d'œil totalement revendiqué), Geneva s'est construit son propre univers entre rock, noise et métal. Incroyablement en place, le groupe s'appuie sur une section rythmique costaude et resserrée, Rémi martelant ses fûts avec une précision clinique tandis qu'Alex en impose avec sa quatre cordes, digne des plus grandes heures de Lou Barlow chez Dinosaur Jr. La guitare de Charles évite d'ailleurs les trips héroïques et l'ensemble prend alors des allures de magma sonore massif et presque enjôleur malgré l'averse de décibels ! Qualité musicale ou pas (on vous rassure, elle y était), on ne peut que s'incliner devant un groupe qui joue comme sa vie en dépendait face à un public dont le nombre dépasse à grand peine celui des musiciens sur scène. Il suffira pour s'en convaincre de voir Charles maltraiter le matériel sur scène, comme emporté par ses riffs, tour à tour bruitistes et affutés. Pas beaucoup de temps morts entre les morceaux, dont la longueur ne pose aucun problème (un vieux réflexe de l'épopée post-rock de Dont Look Back, peut-être ?). Pas de temps morts, donc, et à l'heure ou se terminera le concert, le public pourra presque se sentir aussi exténué que le groupe, mais aussi ravi par ce concert livré sans concessions et avec un brio indéniable. Il faut dire que Hope livré en conclusion aura fait son effet, avec boucle de guitares et e-bow, histoire d'en rajouter encore un peu plus niveau puissance sonore.

Mis en jambe par cette prestation réussie, le groupe assistera en connaisseur au set d'Appollonia, un peu plus en nuance et tout aussi agréable, avant de profiter des joies de la vie nocturne clermontoise. Voilà donc une nouvelle occasion de dire que les absents avaient une nouvelle fois tort. Tant que des groupes comme Geneva avaleront les kilomètres pour le simple plaisir de jouer (et bien), on pourra encore se dire que le rock est bien loin d'être mort.

Retour haut de page

Photo Concert Geneva, Clermont Ferrand, AToutAzard, le 11.10.2008

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.