Acid Mothers Temple

+ Om

+ Wolf Eyes

Paris, Cabaret Sauvage - 03.06.2010

» Compte Rendu

le 20.07.2010 à 06:00 · par Gaël P.

C'est par une belle et chaude soirée de fin de printemps, près du paisible Canal de l'Ourcq, au Cabaret Sauvage, qu'avait lieu l'un des concerts les plus attendus du festival Villette Sonique. La programmation annonçait trois groupes dont la notoriété n'est plus à faire : Wolf Eyes, Om et Acid Mothers Temple.

Wolf Eyes débute la soirée avec un set un peu trop court - à peine quarante minutes - pour connaître l'ampleur de ses capacités scéniques. Alternant morceaux bruitistes, chaotiques et morceaux planants, le groupe livre quand même aux spectateurs une bonne prestation. L'utilisation de flûtes toutes aussi étranges les unes que les autres - en métal, avec deux branches, ... - apporte aux effets électroniques une touche d'authenticité qui, en album, est complètement diluée dans le flot sonore. L'aspect jazzy de certaines compositions donnent une touche originale à l'ambiance apocalyptique que dégage le groupe.

On attendait la performance des deux américains de Om avec curiosité. Malheureusement suite à un problème technique - un des ampli de la basse était défectueux, le groupe enchaîne deux faux départs, s'arrête pendant dix bonnes minutes. Impatient et bouillant, le public commence à s'irriter de ce retard et on n'est vraiment pas loin de penser que le concert puisse être annulé. Après avoir changé d'ampli, le duo débute enfin son set. Le son de la basse est volumineux, prend tout l'espace tandis que le jeu de batterie d'Emil Amos est constamment changeant et nerveux. Cela rentre en contradiction avec la voix monotone et gutturale de Al Cisneros qui, par moments, laisse penser que le même morceau est repris en boucle. La lassitude est pourtant assez rapidement écartée. Au bout de quelques temps, le jeu se fait plus dur, une masse de headbangings faisant irruption dans les premiers rangs de la foule. On assiste plus au stoner lourd du début mais à une forme de métal ramassée. Loin de nous avoir entièrement conquis, alors que sur album c'était le cas, Om a néanmoins démontré de belles choses sur cette fin de set.

On trépignait d'impatience avant l'arrivée de Acid Mothers Temple sur scène. Le souvenir d'un très bon concert, il y a un an et demi à Nantes pour le festival Soy, des japonais y était pour quelque chose. Nous n'avons pas été déçus. Sur les premiers morceaux, le groupe joue avec Guy Segers à la basse, l'ex-membre de Univers Zéro remplaçant Tsuyama Atsushi. D'entrée de jeu, c'est l'envolée psychédélique, le groupe se donnant à fond et transmettant une énergie assez extraordinaire au public qui, en retour, ne rechigne pas à le lui faire savoir. La bonne humeur de ces vieux hippies fait d'autant plus bon ménage qu'elle contraste fortement avec la froideur de Om. Après avoir annoncé "a pretty song", Kawabata Makoto nous lance le Cortez The Killer du groupe, le fameux Pink Lady Lemonade tout bonnement magnifique. L'arrivée des italiens de Stearica sur scène pour accompagner les japonais redouble l'énergie déjà bien installée par les seconds. Le moment d'apothéose sera constitué par les performances des deux batteurs qu'on laissera seuls quelques minutes montrer leurs capacités respectives d'improvisation. En cours de démonstration, on s'échange les batteries, ni vu ni connu, au grand étonnement des spectateurs. Le public est désormais complètement conquis par cet original supergroupe et par la bonne humeur qu'il dégage, leur envie tout simplement de partager un bon moment en complète communion. Le final du concert se fera sur deux guitares cassées et éventrées par Makoto qu'il jettera dans le public, pour le bonheur de certains collectionneurs comme pour le malheur d'un spectateur qui, malheureusement, reçu le bout d'un des manches en plein front. Hormis cet incident, qui passera d'ailleurs totalement inaperçu du fait de l'enthousiasme engendré par la prestation, c'est bel et bien ce troisième et dernier concert qui restera dans les mémoires.

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Photo Concert Acid Mothers Temple + Om + ..., Paris, Cabaret Sauvage, le 03.06.2010

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