Michel Cloup (duo)

Paris, Petit Bain - 16.02.2012

» Compte Rendu

le 29.02.2012 à 18:00 · par Sébastien D.

Michel Cloup nous invite au voyage, un voyage personnel, qu'il espère partager avec au moins certains d'entre nous qui sommes venus le voir au Petit Bain* ce soir-là.

Et ce voyage intime, c'est naturellement avec les titres de son album paru l'an dernier qu'il veut le commencer. Seul plusieurs fois cet après-midi restera hors-champ, peut-être encore trop personnel justement pour être joué en public.

Le cercle parfait, puis cette colère et l'enfant, soit la face A dans le désordre du LP, en guise de premières escales. L'enfant, sans doute le plus beau morceau de l'album, est ici un peu raté et c'est ce qui "chiffonnera" Michel pendant une partie du concert, et qu'il reconnaîtra plus tard. Qu'importe, les ratés font partie de la vie !

A la manière de l'album, Michel introduit les morceaux, sensible, touche juste avec peu de mots. Patrice Cartier, en fin métronome à la batterie, leur donne leur intensité, leur permet leur envolée fière et désordonnée.

Notre silence, autre grand moment de l'album, happe littéralement le public, suspendu aux samples, battements et mots. Et le trajet se clôt comme dans un film américain.

Puis c'est vers des terres inconnues que Michel Cloup nous invite à nous plonger. Un nouveau morceau d'abord, Nous vieillirons Ensemble, une très lucide déclaration d'amour à la vie en couple. Une reprise foutraque et enfiévrée ensuite de Seule la musique de Jean-Louis Costes, déjà présente sur positive karaoke with a gun-negative karaoke with a smile d'Experience, cette fois jouée avec Pascal Bouaziz (Mendelson) en parfait agitateur et trouble-fête. Ils donnent tout ce qu'ils ont. Michel s'excuse : "C'était pas facile ; on n'avait pas répété". Mais sa musique est là, éprouvée, vivante, éprouvante. Et sa relecture, seul sur scène, de De la neige en été (Diabologum, #3) devant un public abonné aux mythes en est une nouvelle preuve : risquée, voire casse-gueule, mais salutaire.

Ils n'ont plus qu'à revenir sur scène pour rejouer l'Enfant, dans l'espoir de dompter l'ordinateur et ses samples. Ici encore, c'est à l'homme de régner et Patrice Cartier de jeter ses baguettes de rage et de fatigue. Ils sont allés au bout d'eux-mêmes.

Énergie, honnêteté, fraîcheur et bricolage, parfois ! La musique se doit d'être seulement ça !

* pour les non-parisiens, cette barge flottant sur la Seine est une salle de concerts (mais pas que) ouverte l'été dernier et portée par l'association La guinguette pirate

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Photo Concert Michel Cloup (duo), Paris, Petit Bain, le 16.02.2012

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