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St Malo, Fort St Père - 13.08.2004

» Compte Rendu

le 02.10.2004 à 06:00 · par Eric F.

Si l'on a pu croire que la Route du Rock allait aboutir à un cul de sac, le fort St Père a finalement une nouvelle fois accueilli son flot estival de festivaliers et de groupes qui vont avec. Après une mort annoncée un peu trop tôt donc, et une dernière édition globalement décevante, cette quatorzième affiche prenait quelque peu des allures de quitte ou double. Les noms des têtes d’affiche suffisent à eux seuls à rassurer quant à la fréquentation du public (on suppose que c’est dans cette optique que le Blues Explosion s’est fait souffler le poste par Dionysos). On peut donc se laisser aller à l’optimisme. On s’installe sereinement au camping, même pas surveillé cette fois ci (de mieux en mieux !).

Le temps de planter la tente et de descendre la traditionnelle bière d’ouverture que l’on se retrouve face à Now It’s Overhead, groupe où officient un membre de Bright Eyes et les deux charmantes Azure Ray. Sauf qu’ici, il y a un peu tromperie sur la marchandise puisque les deux donzelles ne sont pas arrivées jusqu’à Saint Malo. Et voilà comment le groupe perd ainsi une grande partie de son charme et nous inflige des chansons banales, où flotte une drôle de sensation Molko dans la voix d’un chanteur qui a tendance à en faire des caisses pour pas grand chose. Ce ne sera donc pas par un set mémorable que s’ouvrira cette édition.

Deuxième sur la liste, les anglais du Beta Band, qu’on s’étonne de ne voir que si tard. Et il était temps puisqu’on assistera là à un de leurs derniers concerts, le groupe se séparant après cette tournée estivale. On se demande comment ils vont aborder cette prestation : dernier sursaut d’orgueil triomphant ou bien résignation programmée ? La réponse est en partie faussée par une sonorisation qui fût, cette année encore, extrêmement pénible sur une grande partie des concerts avec des basses trop mises en avant. Indigne d’un festival tel que la Route du Rock. Malgré ce problème, le Beta Band décoche pas mal de "gros" titres en début de set même s’il est un peu difficile de rentrer dans ce psychédélisme involontairement boursouflé. Même si le soleil fait mieux passer la pilule, notre intérêt se fait de moins en moins fort au fur et à mesure du set tant il finit par perdre tout âme, les anglais semblant très peu motivés, allant même jusqu’à l’indigence sur certains passages instrumentaux étirés. Il semble donc qu’il était temps d’arrêter... Regret ultime, on n’aura même pas droit au superbe Dry The Rain en guise de cadeau d’adieu. Bon, on pourra toujours l’apprécier dans High Fidelity…

Quant aux Kills, les voilà qui répondent présents après leur annulation de l’an dernier. Coiffée d’une belle capeline blanche, la troublante VV fait son effet dès les premières secondes pendant que son compère Hotel (peut on trouver des pseudos plus débiles ?) triture sa six cordes. Commençant par un Cat Claw comme pour se mettre le public dans sa poche, le duo ne lésine pas sur les oeillades et les poses lascives. Façon plutôt agréable de se faire présenter leur nouvel album tant The Kills dépasse sur scène sa version studio : vu le son tonitruant, on remercie le ciel qu’il n’y ait pas de bassiste sur scène ! Et tous les garçons dans la foule sentent la jalousie monter lorsque Hotel se met à caresser frénétiquement sa guitare quasi collée contre VV qui réussit à séduire de façon beaucoup moins grossière que sa consœur Karen O des Yeah Yeah Yeahs au même endroit l’an passé.

Manifestement satisfait, le festivalier se met ensuite à attendre le retour des quasi miraculé de Deus. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce repos d’un an a fait du bien à la quintette belge que l’on retrouve très motivée et visiblement heureuse d’être là, Tom Barman rappelant au public son plaisir d’avoir été présent en 1999. Procédé certes facile, mais le leader du groupe fuit la démagogie pour mettre tout son charisme au service des morceaux. Parfaitement maîtrisées, les chansons de Deus sont comme un poisson dans l’eau, même les petites nouvelles qui se font remarquablement bien à ces nouvelles conditions. C’est ainsi qu’à un nouveau titre parfaitement tendu succède un Instant Street fini en trombe dès le début de ce concert. Le reste sera d’ailleurs à cette image, alternant entre nouveautés et "hits" parfois quasiment insoutenables comme ce Fell Of The Floor Man en véritable labyrinthe, ou encore le précieux For The roses, sans oublier le tonitruant Suds And Sodas. C’est sous les vivats que le groupe quitte la scène, visiblement aussi content que la foule.

C’est pourquoi la tâche des LCD Soundsystem s’annonce quelque peu délicate. Bien plus organique que prévue, la musique des new yorkais parvient à faire bouger et se trouve loin du carnage redouté par certains, mais on ne s’attardera pas trop dessus pour cause de départ anticipé du fort. Entendu du camping donc, RJD2 vient sur scène pour passer des disques : les DJs attitrés du festival nous donneraient ils une leçon d’humilité en restant dans leur cabine ? La soirée terminée que tout le monde (ou presque) se retrouve dans les campings pour refaire les concerts, le monde, boire beaucoup de bière et parfois faire tout et n’importe quoi, avec une mention très particulière à l’inénarrable cubiman qui a marqué bien des festivaliers !

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