Dionysos

+ Blonde Redhead

+ Blues Explosion

+ Girls in Hawaii

+ Mojave 3

+ Troublemakers

St Malo, Fort St Père - 15.08.2004

» Compte Rendu

le 02.10.2004 à 06:00 · par Eric F.

Après deux jours de concerts et autant de nuits peu sérieuses, c’est avec une certaine dose de fatigue dans les chaussettes que l’on se prépare à affronter ce dimanche plutôt prometteur. On se pose nonchalamment devant les Mojave 3 qui nous font la mauvaise surprise de se présenter sans leur bassiste, la ravissante Rachel Gosswell, remplacée par un personnage touffu à l’air fort sympathique au demeurant. Bien calé dans son créneau country, le groupe relit paisiblement ses titres, la plupart du magnifique Spoon And Rafter. Entre une voix délicate, quelques envolées de guitare et une pedal steel qui s’impose en douce, on recharge sereinement les batteries.

Le public semble d’ailleurs en grande forme pour recevoir les belges de Girls In Hawaii qui arrivent sur un terrain conquis d’avance. La pop efficace du quintet remporte un gros succès bien que le chanteur ait tendance à en faire un peu trop. Pas de grosse prise de risque pendant ce concert, c’est un peu facile par moments, mais ça fonctionne bien dans l’ensemble.

C’est à peu près à ce moment qu’une invitée surprise fait son apparition : la pluie. Jusque là très clémente, la météo semble s’acharner sur le Fort St Père dont l’intérieur se transforme bien vite en une flaque de boue gigantesque. L’expression "pleuvoir des cordes" prend alors tout son sens et les techniciens reculent les retours pour le concert de Blonde Redhead. Ce temps breton nous prive des tenues affriolantes de Kazu qui opte judicieusement pour un jean et un sweat shirt sensé la tenir au chaud. Les festivaliers eux se voient imposer un concours général et improvisé de t-shirt mouillé. Une fois le trio lancé, on essaie d’oublier le déluge pour se concentrer sur le set, plutôt poussif au départ mais qui prend bien vite une excellente vitesse de croisière avec notamment une relecture étonnante de Futurism Vs Passeism. On pouvait craindre que le côté "sage" de Misery Is A Butterfly ne vienne ramolir cette prestation mais il n’en sera rien. Par contre, la pluie mettra malheureusement fin prématurément à ce concert, le trio quittant la scène après quarante petites minutes. C’est en voyant des roadies armés de raclettes essorer les trombes d’eau sur la scène que l’on comprend l’étendue des dégats.

Tout le monde (ou presque) a beau scander le nom de Dionysos, on se demande quand même si le concert de Blonde Redhead ne vient pas de cloturer prématurément le festival. Une annonce peu rassurante est faite et puis… plus rien ! On songe à rentrer quand les lumières de la scène et l’écran géant s’éteignent, mais la patience s’avère payante puisqu’on annonce enfin la suite, avec un retard de près d’une heure. Pas de chance, il va falloir après la pluie s’apprêter à subir la tempête Dionysos. Y a-t-il encore un fan de rock en France à ne pas les avoir vu sur scène ? Il semblerait que les dromois en doutent et s’appliquent à délivrer un set identique à tous les autres qu’il a pu donner depuis le carton de Western Sous La Neige. Oui, on sait que Babeth est encore plus belle en Babouchka et je ne sais quelles autres pitreries. On peut bien sûr s’amuser follement sur des titres comme Don Diego 2000 ou Coccinelle (vu que la pluie a repris, il faut bien passer le temps). L’inévitable Song for Jedi fait un malheur, même si l'on regrette presque la version de la balance entendue de la tente et sous le soleil. Insupportable sur la fin en massacrant ladite Coccinelle (la pauvre !), Dionysos débarrasse enfin la scène.

C’est avec une énorme dose de soulagement que l’on voit Judah Bauer apporter sa Telecaster sur scène. A quelques semaines d’un Damage alléchant, le Blues Explosion vient nous en donner un aperçu. Mené par un Jon Spencer plus charismatique que jamais, ce Help This Blues nickel en guise d’intro ("Good evening ladies & gentlemen and welcome to the party !") nous lance sur de bons rails. Et on comprend alors pourquoi le trio s’est passé de balance tant il semble rodé et ne fait qu’un. Les enchaînements sont archi-rapides (Sweat ne dure même pas une minute !). Préférant s’occuper des petits nouveaux plus que des anciens, le Blues Explosion convainc quand même, bien que ce concert ne nous apprendra rien sur le sort qu’a réservé DJ Shadow à Damage. Entrecoupant les nouveautés par quelques "plasticfangeries" (dont un Point Of View toujours aussi surexcitant) le Blues Explosion réussit à faire oublier les vêtements détrempés qui nous collent à la peau. C’est sur cette bien belle conclusion et en zappant Troublemakers, que l’on quittera le Fort St Père et cette soirée finalement encore plus rock and roll que prévue pour affronter le parking, transformé en véritable épreuve du Paris – Dakar.

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