Ghinzu

+ Gomm

Nantes, L'Olympic - 07.04.2005

» Compte Rendu

le 09.04.2005 à 06:00 · par Eric F.

Une fois couché après cette soirée rock à l'Olympic et le silence total dans la chambre, voilà que mes oreilles se font remarquer. Comme pour s'auto-soulager, voilà qu'on dirait que l'océan siège dans ma tête. Le moins que l'on puisse dire est que ce reposant fond sonore fait du bien après un tel concert !

Gonflés à bloc, les quatre lillois de Gomm ne font, comme on dit, aucun prisonnier sur scène. Sûrement boostés par un accueil nantais rarement aussi enthousiaste pour une première partie, le quatuor, qui utilise tout l'espace de la scène à merveille, nous plonge dans un bruit radical tout en restant raffiné. Portés par un batteur-chanteur au micro qui le ferait presque sonner comme Thurston Moore, les morceaux de Gomm prennent bien soin de s'étirer, de se faire désirer pour mieux nous convaincre. L'imposant guitariste à la dégaine d'homme des cavernes endimanché n'y est pas pour rien non plus. La voix féminine se fait elle un parfait contrepoint à celle de son homologue masculin. Si le show emballe tout le monde, certaines réactions dans le public sont assez étranges : "C'est autre chose que Mendelson hein ?" Parce que l'on aurait pas le droit d'aimer les deux peut-être ? Ceci dit, il est évident que la bande de Pascal Bouaziz n'a rien à voir avec cet univers là... Autre bizarrerie, que la presse définisse ce groupe comme electro-rock, pourquoi ? Parce qu'il y a un clavier ? Il faudrait m'expliquer d'où vient ce qualificatif saugrenu, surtout que lorsque Gomm est au meilleur de sa forme, on peut même aller jusqu'à penser à des bons moments de Sonic Youth. Si certains morceaux se démarquent moins bien, le groupe est à créditer d'une excellente prestation, et obtient même un rappel où il nous propose "Une reprise à la Gomm" du Call Me de Blondie qu'on jurerait livrée par le Trail Of Dead (celui des bons jours).

Fin du premier acte donc. L'entracte, lui, se fait beaucoup plus long que juste laisser le temps d'aller boire une bière. Et vas-y que ça s'affaire sur scène à brancher, débrancher, tester tous azimut... et que les jeunes filles en fleur (et peu vêtues, voir par la suite) trépignent d'impatience. La présence d'un taux anormalement élevé de "groupies" s'expliquerait elle par la "lemouvisation" de Ghinzu ? C'est fort probable vu comment les tubes sont repris en coeur, mais à l'arrivée des belges sur scène, un autre élément de réponse saute aux yeux : un groupe de rock trop bien sapé comme Ghinzu ne peut que plaire aux filles. Et son chanteur mélange physique de Buck 65 et vocal de Tom Barman se pose là en aimant à nanas. A tel point que son magnétisme finira même par attirer un élément de lingerie féminine jusqu'à lui (slip ? string ? soutien gorge ? gaine ?) Toujours est-il que la nature de ce sous-vêtement non identifié ne pourra être vérifié que par un téméraire qui lui fera les poches de sa veste (hou ! le vilain fétichiste !). Une idée qui serait sans doute dangereuse, vu qu'il ne faut surtout "pas toucher aux bières sur le clavier" qu'un fan enhardi s'amuse à chiper. Pas bégueules, les Ghinzu font quand même tourner la Kro. Ce qui tourne moins, ce sont les joints: voilà que le farfelu guitariste blond demande "Où sont les joints ?", aucune réponse à cette demande un peu trop djeunz' pour mériter une réponse (on n'assiste pas à un concert de Sinclair ou de Jamiroquai non plus !). Ledit guitariste doit d'ailleurs avoir un problème avec les sus-mentionnés succès de son pote chanteur, vu qu'il reste planté sur scène après chaque départ du groupe pour essayer de se taper un peu de quart d'heure de gloire. Comme pour se consoler, voilà qu'il fume à peu près autant de cigarettes qu'il y a de morceaux sur la setlist...

Nous pourrons arrêter ici la section Gala de cette chronique pour enfin parler musique (on est là pour ça après tout) : les Ghinzu sont de sacrés musiciens extatiques sur une scène (ce que leur passage aux Transmusicales 2000 laissait déjà présager) et diablement bien rodés: plus d'une fois la foule se fait avoir en anticipant trop tôt une montée de décibels. Et vas-y que je te change d'instruments sans problèmes ! Dur de faire ressortir un morceau plus qu'un autre, même si c'est évidemment Do You Read Me qui remporte le plus gros succès à l'applaudimètre (quand on parle de lemouvisation...). Après un set aussi court qu'intense, Ghinzu revient pour un premier rappel, porteur d'une drôle de surprise: le groupe se lance dans le Purple Rain de Prince ! A peine le temps pour les "jeunes et jolies" filles de toper le briquet du voisin que le groupe a enchaîné sa folle reprise par un barouf assez étourdissant mais néanmoins plaisant à suivre de visu. Le second rappel sera plus académique et mettra un terme à ce concert finalement assez court (à peine une heure dix) d'un groupe peut-être fatigué mais qui n'a pourtant pas hésité à tout donner !

(Et pour finir, une fois n'est pas coutume, un petit message personnel : je recommande vivement à la rousse qui fut ma voisine d'attacher ses cheveux en concert, surtout quand elle bouge partout, sinon bonjour l'indigestion de crinière...).

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Photo Concert Ghinzu + Gomm, Nantes, L'Olympic, le 07.04.2005

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