Giant Sand

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St Malo, Route du Rock - 18.02.2006

» Compte Rendu

le 25.02.2006 à 12:00 · par Eric F.

Première surprise de la soirée : contrairement à la veille au palais du Grand Large, l'Omnibus est fort bien garni au moment où nous arrivons. Pile poil pour assister au set de Baxter Dury, d'ailleurs. La salle est agréable, le son n'est pas rebutant. Mais le concert marquera finalement peu les esprits. Peut-être parce qu'il n'aura duré qu'une grosse demi-heure ? Toujours est-il que le fils de Ian Dury n'aura pas vraiment convaincu malgré une pop finalement assez proche scéniquement de Coldplay (mais peut être est-ce là que le bât blesse). Son "tube", Oscar Brown, pillé au Sweet Nuthin' du Velvet Underground, aura pourtant reçu une belle ovation. Un peu juste...

Quant aux new-yorkais de Battles, ils tombent à coup sûr dans la catégorie du "on aime ou on déteste". Inutile de préciser dans quelle catégorie nous rangerons ce groupe d'anciens Don Caballero tant leur prestation fut comparable au fiasco Black Dice de la Route du Rock 2004. Ici aussi, la musique se fait abstraite, truffée de bruitages bizarres et de "rythmiques" casse-gueule. Alors oui, Battles est un groupe assez carré et puissant (merci la batterie qui surnage) mais Battles est également un groupe qui délivre assez peu de choses émotionnellement parlant. Le rappel sera d'ailleurs la consécration de ce vide musical : après une intro chiantissime de cinq minutes, on se dit que le dernier morceau va enfin pouvoir décoller. Eh bien, non, puisqu'il vient de se terminer, ah ? On ne s'en plaindra pas vraiment, heureux que ce tintamarre cauchemardesque ait enfin pris fin. Le public aura pourtant réservé un chaleureux accueil au groupe. Tant mieux pour eux, après tout.

Il était alors temps de changer d'ambiance et Giant Sand s'y est employé à merveille. Accompagné de ses fidèles danois, mais pas de Joey Burns ni de John Convertino (pourtant à Paris deux jours avant), Howe Gelb est venu nous rappeler à quel point il est comme un poisson dans l'eau sur scène, toujours prêt à essayer quelques "coups". Vêtu d'une chemise digne de Bob Dylan et d'un chapeau qui remonte à la prohibition, le barbu nous aura tenu en haleine pendant plus d'une heure entre ses rocks débridés et son piano bar amusant. Une nouvelle fois, Howe Gelb rendra hommage à son ami disparu Rainer Ptacek en s'arrêtant de jouer pour diffuser un extrait live du maître du dobro. Ce qui sera peu du goût de l'assistance qui se mettra à siffler copieusement. Très classe. Ceci dit, on sait que la Route du Rock draine souvent un public de soiffards souvent irrespectueux (qui bien qu'en large minorité réussissent souvent à horripiler à peu près tout le monde), la preuve avec ce groupe de déchets aux démonstrations affectueuses qui tournaient autant au ridicule qu'à l'insupportable, bientôt remplacés par la 4ème C du collège de St Malo (ah, les premières bières bues avec les potes...). Passons sur ces regrettables imbéciles qui ne réussirent même pas à tout gâcher. Passant sans prévenir du piano à la guitare, Howe Gelb aura autant ému que fait rire (sa relecture de Frère Jacques au piano), allant même jusqu'à faire les deux au même moment comme sur son incroyable version de Hey Jude en plein milieu d'un de ses titres, poussant même jusqu'au célèbre coda final. Le set aura d'ailleurs été très mélangé niveau setlist, mais on retiendra surtout un Shiver accéléré et musclé, un Classico qui porte fort bien son nom et surtout un Wayfaring Stranger parfait en guise de rappel. A l'image de ses tours de passe-passe avec son galurin, le géant de Tucson aura encore une fois prouvé qu'il en a sous le chapeau.

Une dont on pourrait déclarer la même chose, c'est bien la chanteuse de Vive La Fête, mais pas pour les même raisons... Ceci dit, le public prendra le nom du groupe au mot, nos amis de la 4ème C ayant dû s'en donner à coeur joie, d'ailleurs. Notez bien qu'il est beaucoup plus amusant de beugler "A Poooooooil" à Els Pynoo(p) qu'à Howe Gelb... Habillée presque sobrement (un joli tutu tout de même), la chanteuse se serait donc consacrée à son organe ? Difficile à dire tant le set parut aussi creux qu'à la Route du Rock de cet été. Précisons toutefois que nous ne serons pas restés jusqu'à une hypothétique version de Bananasplit... Le groupe aura néanmoins réussi sa mission de faire danser la foule...

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Howe Gelb (Giant Sand)

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