Chris Brokaw

+ This Melodramatic Sauna

Paris, Le Point Ephémère - 09.02.2006

» Compte Rendu

le 01.03.2006 à 06:00 · par Eric F.

Avant d'évoquer ce concert de Chris Brokaw, il convient de saluer la prestation de This Melodramatic Sauna, jeune formation nantaise dont un concert interminable en première partie de Jackie-O Motherfucker m'avait donné une grosse poussée d'urticaire. Difficile de croire que c'était bien le même groupe ce soir là au Point Ephémère (certes, le line-up a été modifié). Les intentions ont complètement changé de bord, finie la prétention pseudo-arty initiale, désormais This Melodramatic Sauna (Thismelo, pour les intimes) cherche à bidouiller une pop soyeuse et atmosphérique, voire presque orchestrale.

Certes, le résultat n'est pas toujours à la hauteur (quelques soli de sax parfois franchement dispensables) mais l'impression d'ensemble est plutôt agréable. Au rayon des satisfactions, on citera, entre autres, une instrumentation très diversifiée et utilisée plutôt à bon escient la plupart du temps et des velléités de débordements sonores comme les groupes de post-rock en raffolent. On sera un peu plus mesuré sur la voix de Jonathan Seilman lorsqu'il tentera sa chance en français, faisant alors penser à une sous-copie de Dominique A.

Si le concert aura peut-être duré un peu trop de temps pour ne pas s'ennuyer, le rappel spontané et original confirmera que This Melodramatic Sauna est devenu un groupe fréquentable.

Chris Brokaw, lui, cela fait déjà un sacré paquet d'années qu'on le fréquente, que ce soit avec Codeine, Come, Karate, The New Year, Evan Dando, Consonant, Pullman ou encore Steve Wynn (et vous pouvez sans doute agrandir la liste). On n'oublie rien ? Ah, juste sa carrière solo ! Car si mentionner la carte de visite du bonhomme en forme de roman fleuve semble être l'étape obligatoire de chaque chronique le concernant, il ne faut surtout pas oublier de préciser que sa carrière en solitaire vient de prendre un bien bel envol avec le récent Incredible Love.

Ca tombe bien, le guitariste nous le rappellera en jouant la quasi-totalité de l'album, plus quelques instrumentaux en provenance du très bon Red Cities, sans oublier deux titres tirés du répertoire de Come (parfaits Recidivist et Sad Eyes). Comme d'habitude, c'est assis et tambourin au pied que Chris Brokaw livrera son concert pendant près d'une heure, devant une salle qui se videra inexplicablement de son public au fur et à mesure du concert.

Le new-yorkais en profitera d'ailleurs pour raconter une savoureuse anecdote remontant à une tournée commune avec Vic Chesnutt où le georgien jouait seul tous les soirs, sa guitare reliée à trois amplis. Quand Brokaw lui demanda pourquoi, il se vit répondre "histoire de ne pas entendre tous ces connards causer pendant que je joue". On en profite donc pour lui demander où sont passés ses amplis supplémentaires, "bonne question" répond le grand roux. Qu'à cela ne tienne, les fans en ont eu pour leur argent entre My Confidante, aussi volontaire que la version groupe sortie sur l'EP du même nom, le méditatif Dresden Promenade et les distortions jouissives (et trop courtes) sur Sad Eyes et 100 Faces.

Il suffisait de voir Etienne Greib sauter de joie lorsque Brokaw accepta de livrer le remuant Move en rappel, suivi d'un On A Great Lake aussi court que haletant, pour savoir que l'on a bien eu raison de rester dans la salle (mais la question se posait-elle vraiment ?).

Après nous avoir une nouvelle fois ébloui par toute sa classe, Chris Brokaw devrait bientôt revenir par chez nous relever les compteurs, accompagné du bassiste de feu Karate et d'un batteur. On les attend avec impatience !

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Photo Concert Chris Brokaw + This Melodramatic Sauna, Paris, Le Point Ephémère, le 09.02.2006

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